Le front commun syndical FIQ-APTS ne tient plus

La FIQ et l’APTS sont les seuls grands syndicats à avoir constitué un front commun sur les salaires dans le cadre de la présente négociation.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La FIQ et l’APTS sont les seuls grands syndicats à avoir constitué un front commun sur les salaires dans le cadre de la présente négociation.

Dans le but d’obtenir de meilleurs gains salariaux, la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a rompu son front commun avec l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dans le cadre des négociations avec le gouvernement.

Les deux centrales qui représentent respectivement 75 000 et 60 000 travailleuses (des femmes en grande majorité) négocient désormais chacune de leur côté, a appris Le Devoir.

Contrairement à la FIQ qui a conclu une entente sectorielle avec l’État, l’APTS n’a pas encore d’accord sûr avec le Conseil du trésor sur les conditions de travail. Or il appert que la FIQ — qui représente principalement des infirmières — a décidé de ne pas l’attendre pour franchir l’étape suivante en lançant seule les pourparlers sur les salaires.

« Nos stratégies de négociations sont différentes, mais nous demeurons des alliés », a expliqué à ce sujet le porte-parole de l’APTS, Maxime Clément. « On continue à collaborer pour la mobilisation. »

« La stratégie de négociation a été revue de part et d’autre pour tenir compte de l’état d’avancement des travaux et des priorités établies en faveur des matières sectorielles, pour l’APTS, et intersectorielles, pour la FIQ », a indiqué pour sa part la FIQ par courriel.

La FIQ et l’APTS sont les seuls grands syndicats à avoir constitué un front commun sur les salaires dans le cadre de la présente négociation. Avant la pandémie, ils avaient réclamé une hausse conjointe de 22 % sur trois ans, offre révisée à la baisse à 12,4 % l’été dernier.

Dans le passé, les grands syndicats faisaient, le plus souvent, front commun dans le cadre des négociations, une stratégie mise en échec notamment par la volonté du gouvernement caquiste de consentir des hausses de salaire plus élevées pour certains groupes d’employés comme les infirmières, les préposés aux bénéficiaires et les enseignants.

C’est d’ailleurs ce qui semble avoir motivé la FIQ à faire cavalier seul, le gouvernement s’étant montré ouvert à consentir des hausses plus importantes aux infirmières dans l’espoir de contrer le manque de professionnelles en soins dans le réseau.

Rémunération des psychologues

Du côté de l’APTS, la rémunération des psychologues — également en pénurie — est aussi au cœur de la négociation. Or, les changements qui se dessinent semblent pour l’instant assez modestes.

L’APTS a demandé que leur rémunération grimpe d’un échelon et qu’une nouvelle prime soit considérée dans le calcul de la retraite. La cause n’est pas entendue, mais au Conseil du trésor, on confirme que cela fait l’objet de discussions.

Quoi qu’il en soit, même dans l’éventualité d’un gain sur ce plan, cela ne réduirait pas beaucoup l’écart avec les revenus des psychologues du secteur public et ceux du privé.

Selon nos informations, le gouvernement souhaite, de son côté, prolonger la semaine de travail des psychologues et d’autres professionnels au-delà de 35 heures, demande qui se heurte à une certaine résistance.

Mais dans l’ensemble, malgré les grèves lancées cette semaine, les négociations progressent bien de l’avis du cabinet de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. « Aux tables, ça se parle, ça négocie. Ça avance », fait valoir son attaché de presse Florent Tanlet. « On a confiance que les quelques ententes qui restent à boucler se règlent rapidement. »

 

À voir en vidéo

L’état des négociations

Centrales qui ont conclu
des ententes sectorielles sur les
relations de travail :Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Centrale des syndicats du Québec (CSQ) (en partie), Fédération interprofessionnelle de la Santé (FIQ).

 

Centrales qui ont conclu une
entente globale sur les salaires : FTQ, FAE, Syndicat du gouvernement du Québec (SPGQ).

 

Centrales qui n’ont signé aucune entente : Centrale des syndicats nationaux (CSN), APTS, Syndicat de la fonction publique (SFPQ).