Québec aidera les chômeurs de la pandémie à se recycler

Environ 107 000 emplois ont été perdus au Québec entre octobre 2019 et octobre 2020, notamment dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Environ 107 000 emplois ont été perdus au Québec entre octobre 2019 et octobre 2020, notamment dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme.

Québec investit près de 115 millions de dollars pour aider 20 000 chômeurs de la pandémie à se requalifier. Une allocation de 500 $ par semaine leur sera versée pour toute la durée de leur formation. C’est ce qu’a annoncé jeudi le ministre du Travail, Jean Boulet, en lançant le Programme d’aide à la relance par l’augmentation de la formation (PARAF).

« On donne une opportunité à toutes les personnes qui le veulent de se réorienter, et ça c’est magnifique », a-t-il déclaré en point de presse à l’Assemblée nationale. « C’est, selon moi, magique, pour la personne qui est affectée par la pandémie, de savoir qu’elle a cette opportunité-là de se réorienter, et on va l’accompagner main dans la main dans sa transition. »

Pour être admissibles, les participants devront avoir rencontré un agent d’aide à l’emploi pour établir un parcours individualisé d’ici le 31 mars 2021. Ils auront droit à 500 $ par semaine dès qu’ils ne toucheront plus l’assurance-emploi ou la prestation canadienne d’urgence, et à condition de commencer leur formation au plus tard le 25 septembre 2021. Le ministère du Travail s’engage également à assumerles droits de scolarité et, le cas échéant,les frais de garde et les frais de déplacement.

Environ 107 000 emplois ont été perdus au Québec entre octobre 2019 et octobre 2020, a expliqué M. Boulet, notamment dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et du tourisme. Le ministre veut inciter le plus grand nombre possible de travailleurs à se recycler dans des secteurs qui ont besoin de main-d’œuvre. Son annonce découle du forum sur la requalification de la main-d’œuvre, tenu le 16 octobre dernier.

« L’aide-cuisinière […] pourrait suivre une attestation d’études collégiales […] et travailler […] dans le secteur de la transformation alimentaire, où il y a une pénurie de main-d’œuvre », a avancé M. Boulet. « Un ancien préposé à l’entretien d’un hôtel pourrait suivre un DEP en entretien général d’immeuble et s’occuper de l’entretien ménager dans un hôpital », a-t-il ajouté. « Il pourrait également suivre une AEC en retraitement de dispositifs médicaux et devenir technicien à la stérilisation. Donc, il y a autant de possibilités que d’individus et de parcours. »

Québec estime à 20 000 le nombre de Québécois susceptibles de s’inscrire au PARAF, « en tenant compte des besoins que nous avons évalués avec les partenaires ». Pour les autres, les programmes traditionnels d’emploi du gouvernement continuent de s’appliquer en parallèle, souligne le ministre Boulet. Les prestataires d’aide sociale peuvent, par exemple, toujours adhérer à Objectif emploi pour développer des compétences de base, a-t-il affirmé.

Les formations qui sont proposées dans le cadre du PARAF sont de courte durée : attestations d’études professionnelles de 300 à 400 heures, attestations d’études collégiales de 600 à 800 heures et « microprogrammes » universitaires. Les personnes intéressées peuvent contacter le bureau de Services Québec le plus près de chez elles, soit par une demande en ligne ou par voie téléphonique, a indiqué M. Boulet.

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