Le PQ a perdu la moitié de ses membres en quatre ans

Chaque personne habilitée à voter devra indiquer ses trois premiers choix par les quatre candidats en lice: le député Sylvain Gaudreault, l’historien Frédéric Bastien, l’humoriste Guy Nantel et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon.
Photo: Parti québécois Chaque personne habilitée à voter devra indiquer ses trois premiers choix par les quatre candidats en lice: le député Sylvain Gaudreault, l’historien Frédéric Bastien, l’humoriste Guy Nantel et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon.

Le Parti québécois (PQ) a perdu plus de la moitié de ses membres en quatre ans, révèlent des données divulguées mercredi par le président du parti. Celles-ci mettent également en lumière que seulement 1200 «sympathisants» se sont manifestés pour voter pour le prochain chef.

Un total de 35 800 personnes (34 600 membres et exactement 1196 sympathisants) pourront exercer leur droit de vote entre le 5 et le 9 octobre, a indiqué sur les réseaux sociaux Dieudonné Ella Oyono.

Pour contextualiser, il faut remonter à la course remportée par Jean-François Lisée en octobre 2016: à l’époque, le parti comptait quelque 73 000 membres. Quelques mois plus tard, un rapport préparé par Paul St-Pierre Plamondon à la demande de M. Lisée comptabilisait 89 000 membres.

Si l’on prend ce chiffre en référence, on note que 60% des péquistes ont quitté le bateau de l’adhésion. Même avec la référence de la dernière course, ce sont 52 % des membres qui sont partis depuis 2016.

Selon le Parti québécois, l’actuelle course au leadership a permis de recruter 3800 nouveaux membres, en plus des quelque 1200 sympathisants. C’est là l’apport en sang neuf que la campagne aura permis d’injecter. Il faut dire que le contexte sanitaire extraordinaire a fortement entravé les activités de la course.

Tout considéré, le parti calcule avoir près de 43 000 membres, ce qui en fait selon M. Ella Oyono «la formation politique avec le plus de membres au Québec». Pour arriver à ce chiffre, on inclut un groupe de 7000 personnes qui n’iront pas droit de vote la semaine prochaine — parce que leur carte de membre était échue au 18 septembre —, mais qui demeurent comptabilisées dans le grand tout pendant une année.

Phénomène large

L’effritement de l’adhésion à un parti politique est un phénomène qui excède largement le PQ, et qui se mesure un peu partout en Occident. En 2014, le Parti libéral du Québec comptait par exemple près de 52 000 membres. Ils étaient 37 000 deux ans plus tard (et alors que Philippe Couillard était premier ministre), et on en comptabilisait un peu plus de 20 000 au début de l’année.

C’est notamment pour palier à cette désaffection que le PQ avait choisi d’ouvrir la course 2020 à des sympathisants qui, moyennant une contribution de 5 $, auront droit de vote comme les membres en règle. Le Parti libéral du Canada avait adopté une formule semblable en 2013, lors de l’élection de Justin Trudeau.

Les statuts du Parti québécois définissent les sympathisants comme des «citoyens qui partagent les objectifs fondamentaux» de la formation, sans y militer activement.

Mercredi, le parti n’a pas donné de détails sur la composition générationnelle de ses membres. Le rapport de M. St-Pierre Plamondon notait qu’au début 2017, plus des deux tiers des membres du PQ avaient plus de 55 ans. Les 16-40 ans représentants 14 % des adhérents.

Le scrutin préférentiel pour élire le prochain chef se déroulera toute la semaine prochaine, en ligne ou par téléphone. Chaque personne habilitée à voter devra indiquer ses trois premiers choix par les quatre candidats en lice: le député Sylvain Gaudreault, l’humoriste Guy Nantel, l’historien Frédéric Bastien et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon.

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