L’alarme avait été sonnée il y a longtemps dans les CHSLD, déplore la Protectrice du citoyen

Dans un nouveau rapport marqué par l’impatience, la Protectrice du citoyen se désole qu’on n’ait pas davantage écouté ses recommandations passées sur les centres d’hébergement pour aînés.

« L’alarme avait été donnée à de nombreuses reprises », constate Marie Rinfret dans son rapport annuel. « Malheureusement, les solutions à apporter pour fournir aux aînés un milieu de vie et de soins sécuritaire humain et répondant à leurs besoins avaient été reportées. »

Le rapport porte sur la période se terminant au 31 mars 2020 et ne documente pas la crise de la COVID-19, lesquels feront l’objet d’une enquête autonome.

Il démontre toutefois qu’avant la crise, de nombreux problèmes déjà documentés perduraient dans le réseau.

L’alarme avait été donnée à de nombreuses reprises. Malheureusement, les solutions à apporter [...] avaient été reportés.

 

Dans les mois précédant la COVID-19, la Protectrice avait encore reçu des plaintes et des signalements sur le manque de préposés aux bénéficiaires en milieu d’hébergement, les lacunes dans les soins d’hygiènes et d’alimentation. Certaines dénonçaient le « manque d’humanité » du réseau public. « Il faut convenir à un certain moment que tout a été dit, que tout est connu, que tout est en place pour passer à l’action. Maintenant », écrit-elle.

Invité à réagir, le ministre de la Santé, Christian Dubé a dit que ce laxisme incombait aussi « aux gouvernements précédents ». « On ne peut pas tout corriger ça à l’intérieur de quelques mois », a-t-il dit.

De nombreux problèmes documentés, mais jamais corrigés

Par ailleurs, l’impatience de Marie Rinfret concerne aussi des déficiences déjà documentées en immigration, en éducation et dans le réseau correctionnel, notamment.

Le ministère de l’Immigration n’a pas corrigé, par exemple, le système de traitement des demandes de parrainage de réfugiés, ce qui a donné lieu à l’automne 2019 à la « cohue et [au] chaos annoncés », déplore-t-elle. La Protectrice du citoyen a aussi constaté que « dans plusieurs cas », des dossiers de candidats à l’immigration avaient été rejetés parce que le ministère avait « perdu » les documents transmis par ces candidats.

À la protection de la jeunesse, elle rapporte que les intervenants qui agissent auprès des jeunes « manquent souvent de formation, de soutien et de supervision », faute de personnel en nombre suffisant.

À la justice, la Protectrice du citoyen constate que la notion de « victime d’acte criminel » n’a toujours pas été clarifiée. « Dans l’intervalle, la Direction générale de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (DGIVAC) maintient une interprétation restrictive qui prive des personnes d’une aide à laquelle elles devraient avoir droit ».

En milieu scolaire, l’organisme constate que des enfants avec des besoins particuliers perdent l’accès à des services clé lorsqu’ils entrent à l’école (en déficience du langage, par exemple).

Mme Rinfret s’attarde également aux ratés persistants du Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF). Son rapport relate le cas d’une personne qui a finalement eu un médecin après avoir attendu plus de quatre ans sur la liste. Or peu de temps après, le médecin a quitté le privé, faisant retomber cette personne au bas de la liste d’attente.

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