La police ne s’invitera pas dans les maisons

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, jure ne pas étudier actuellement la possibilité de permettre aux policiers de pénétrer, sans mandat, à l’intérieur des propriétés privées dans lesquels ils soupçonnent des rassemblements illégaux.

« En aucun cas, nous n’envisageons en ce moment de permettre aux policiers d’entrer dans les maisons privées des gens, à moins d’avoir le consentement du propriétaire ou du locataire de l’endroit ou d’avoir un mandat en bonne et due forme délivré, donc, par les instances judiciaires », a-t-elle déclaré dans une mêlée de presse mercredi avant-midi.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, avait annoncé mardi que les policiers pourraient « imminemment » pénétrer, sans mandat, à l’intérieur d’un domicile. « Dans un contexte d’urgence sanitaire où on parle de vie et mort pour certains, et que c’est associé à des comportements, et qu’on dit aux gens : “Respectez certains comportements”, je pense qu’il faut se donner les moyens de sévir », avait-il affirmé avant de se rétracter.

La vice-première ministre s’est dite incapable mercredi d’exclure totalement l’adoption d’un décret, d’un règlement ou d’une loi, autorisant les forces de l’ordre à entrer dans une maison ou un logement sans mandat. « Personne n’a de boule de cristal. Il ne faut jamais dire jamais, comme on dit. Ça fait que, si un jour on devait s’exposer à des circonstances tellement dramatiques qu’on devait peut-être envisager de le faire… Mais, on n’est pas là, pas là, pas là, pas du tout là. Et ce que je vous dis, c’est qu’on n’a absolument pas l’intention d’en venir là non plus », a-t-elle répété.

Chose certaine, le gouvernement québécois n’a pas, à ce jour, fait la démonstration de la nécessité de permettre aux policiers de pénétrer dans une résidence afin d’appliquer l’interdiction de rassemblement de plus de six personnes provenant de plus de deux ménages, a fait valoir la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. « C’est une solution d’absolument dernier recours. Je pense qu’il n’y a personne qui veut se rendre là », a-t-elle affirmé.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a rappelé que « l’inviolabilité du domicile privé, c’est un principe fondamental de l’État de droit ». « Avant de brimer ce principe-là, là, il faut d’excellentissimes raisons de le faire », a-t-il soutenu en point de presse. « Et on ne peut pas prendre ça à la légère, et on ne peut pas laisser planer des doutes sur des questions aussi fondamentales que celle-là », a-t-il ajouté moins de 24 heures après la sortie médiatique du Dr Arruda.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, s’est aussi dit « opposé à un règlement, une législation ou une quelconque autorisation qui permettrait de faire des coups de force dans les résidences des Québécois et des Québécoises » qu’il décrit comme « le dernier havre de la vie privée ».

Le bilan du jour

Québec a rapporté mercredi 471 nouveaux cas de COVID-19, de même que quatre nouveaux décès. Le nombre total de personnes infectées depuis le début de la pandémie est maintenant de 69 088 et le nombre de décès est de 5809. Le nombre d’hospitalisations continue d’augmenter, avec un bond de 10 comparativement à la veille, pour un total de 178, dont 30 se trouvent aux soins intensifs.

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