Québec solidaire lance sa tournée en vue de son plan de relance

Les deux co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les deux co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois

Au lendemain de son conseil national, Québec solidaire (QS) a annoncé dimanche son intention d’aller à la rencontre des travailleurs sur le terrain afin d’élaborer un plan de relance de l’économie québécoise.

Le parti estime que le gouvernement de François Legault est déconnecté de la population et lui reproche d’avoir abandonné au front des travailleurs essentiels en pleine pandémie. Le plan de relance gouvernemental a été préparé « derrière des portes closes » sans tenir compte de la réalité du terrain et des moins nantis, juge le parti.

« Si l’on en croit les premières mesures de relance économique annoncées par le gouvernement dans lesdernières semaines, on a raison de craindre que la relance caquiste soit elle aussi complètement déconnectée », a expliqué le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois, en évoquant l’aide accordée par le gouvernement à Birks et aux actionnaires du Cirque du Soleil ainsi que l’intérêt manifesté à l’égard d’Amazon.

Dans le cadre de leur tournée, les solidaires entendent rencontrer dans leur milieu les travailleurs, dont les préposés aux bénéficiaires, les enseignants et les infirmières.

L’autre co-porte-parole solidaire, Manon Massé, s’attend à entendre parler des conditions de travail dans le secteur public, des inégalités et de la hausse du salaire minimum. « Les personnes réellement essentielles, c’est notre voisin qui a risqué chaque jour sa vie comme livreur à 13 $ de l’heure, le commis d’épicerie qui s’est assuré de pouvoir nous alimenter et la préposée aux bénéficiaires qui gagne au moins dix fois moins que les médecins, a-t-elle dit. On sait comment le secteur public est un secteur fondamental pour soutenir le filet social. Le secteur public a mangé la claque dans les trente dernières années. Les budgets d’austérité successifs ont fait en sorte qu’on est arrivés dans cette pandémie-là en manque de personnel. »

Changement de stratégie

La veille, Québec solidaire tenait un conseil national virtuel au cours duquel les quelque 200 délégués réunis ont accepté d’abandonner la campagne « Ultimatum 2020 ». Celle-ci visait à exiger du gouvernement un plan d’action crédible de lutte contre les changements climatiques. En raison de la pandémie, les délégués ont plutôt demandé aux dirigeants du parti l’élaboration d’un plan pour une relance « juste et verte » afin de faire face à la crise.

Les délégués ont accepté d’orienter le message du parti autour des trois priorités proposées : la défense des services publics, la transition écologique et la lutte contre les inégalités. Ils ont toutefois demandé à leurs élus de mobiliser la population autour de mesures concrètes qui pourraient être immédiatement réalisées par le gouvernement du Québec et d’accorder une place équivalente aux enjeux des régions rurales et à ceux des grands centres urbains.

Le premier jalon de cette nouvelle action politique sera le dépôt d’un projet de loi mardi, lors de la rentrée parlementaire, pour instaurer Pharma-Québec, une nouvelle société d’État dont le mandat serait d’assurer l’autosuffisance médicale du Québec. « S’il fallait prendre un seul exemple d’un projet solidaire de longue date dont la pandémie a démontré l’absolue nécessité, c’est bien celui-là », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, samedi, rappelant qu’il s’agissait d’une des promesses de QS lors de la dernière campagne électorale, en 2018.

Et même s’il a mis de côté son « Ultimatum 2020 », QS compte continuer à inciter le gouvernement à adopter des politiques pour lutter contre les changements climatiques.

Critiques

Se voulant rassembleurs, les élus du parti ont cependant dû faire face aux critiques de militants lors du conseil national. Plusieurs ont reproché aux députés solidaires d’avoir manqué de fermeté à l’endroit du gouvernement pendant la pandémie. « Occasions ratées », « visibilité nulle », « absence des députés sur le terrain » : les accusations ont fusé aux micros.

Tant Manon Massé que GabrielNadeau-Dubois ont tenté de calmer le jeu en rappelant que les députés avaient défendu toutes sortes de causes, au parlement, mais aussi dans leurs circonscriptions. La pandémie a toutefois rendu le travail difficile en raison de l’attention médiatique qui était accordée aux mesures du gouvernement Legault pour y faire face.

Avec Mylène Crête

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1 commentaire
  • Sylvain Fortin - Abonné 14 septembre 2020 21 h 54

    Le projet d'indépendance politique du Québec n'est pas mentionné ?