Des Innus et des Atikamekws réclament des «milliards» au gouvernement québécois

Les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci accusent le gouvernement d'avoir bâti des barrages, des réservoirs et des lignes de transport sur leurs territoires de manière illicite. Sur la photo, le barrage Daniel-Johnson
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci accusent le gouvernement d'avoir bâti des barrages, des réservoirs et des lignes de transport sur leurs territoires de manière illicite. Sur la photo, le barrage Daniel-Johnson

Les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci réclament des « milliards » au gouvernement du Québec, qui bâti des barrages, des réservoirs et des lignes de transport sur leurs territoires de manière illicite, selon eux.

En conférence de presse à Québec mercredi, le chef René Simon, de Pessamit, a exhorté le gouvernement et Hydro-Québec à reconnaître les « injustices et les préjudices causés en territoire innu ».

Il a rappelé que le Québec comptait toujours « deux classes d’Autochtones ». En 2002, Québec avait conclu un accord historique avec les Cris qui était assorti d’une enveloppe de 4,5 milliards de dollars sur 50 ans.

Déplorant le manque d’écoute du premier ministre François Legault, les Innus et Atikamekws ont menacé, mercredi, de bloquer la construction d’une ligne de transport d’électricité vers le Massachusetts.

Le chef Simon a affirmé qu’il était prêt à poursuivre ses activités de lobbyisme contre cet important projet.

« On va faire une campagne publicitaire contre Hydro-Québec, contre le gouvernement du Québec […] et on va poursuivre la démarche aux États-Unis », a-t-il menacé.

Il n’a pas exclu non plus des blocus ferroviaires, comme ceux qui ont paralysé le pays l’hiver dernier.

« Si, en cours de route, on s’aperçoit que ce que le gouvernement du Québec amène à la table, ce n’est pas assez pour nous, je pense qu’on va être obligé d’agir autrement », a-t-il déclaré.

Les Premières Nations disent ne plus vouloir vivre dans la pauvreté. Le chef Simon réclame de généreuses « compensations financières » et refuse de s’engouffrer dans une négociation « territoriale ».

« On ne veut pas négocier un traité, a-t-il affirmé. On veut juste des compensations monétaires pour tous les développements qu’il y a eu en territoire innu sans le consentement des Innus. »

La ministre D'Amours réagit

Au bureau de la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D'Amours, on assure que le gouvernement est « résolument déterminé à en arriver à une véritable réconciliation avec les Premières Nations et les Inuits ».

« Nous prenons acte aujourd'hui des demandes faites par les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci », a déclaré l'attachée de presse de la ministre, Lauréanne Fontaine, dans un courriel. « Nous invitons ces communautés à revenir à la table de négociation, afin que l'on puisse, ensemble, établir des partenariats bénéfiques et en arriver à des solutions communes », a-t-elle ajouté.