Les Autochtones sceptiques vis-à-vis de la consultation de Legault sur le racisme

«Le Nunavik est prêt pour que le Corps de police régional Kativik soit dirigé par une personne inuite civile. Le Nunavik a besoin de services de protection de la jeunesse qui reflètent les valeurs, la culture et la langue des Inuits et d’un système de justice qui est établi au Nord et permet aux Inuits d’exercer pleinement leurs droits», plaide Charlie Watt, le président de la Société Makivik.
Photo: Catherine Hours Agence France-Presse «Le Nunavik est prêt pour que le Corps de police régional Kativik soit dirigé par une personne inuite civile. Le Nunavik a besoin de services de protection de la jeunesse qui reflètent les valeurs, la culture et la langue des Inuits et d’un système de justice qui est établi au Nord et permet aux Inuits d’exercer pleinement leurs droits», plaide Charlie Watt, le président de la Société Makivik.

La Société Makivik estime que le groupe d’action contre le racisme mis sur pied par le premier ministre François Legault est « boiteux », parce qu’aucun représentant des communautés inuites ne s’y retrouve. La Société, représentante légale des Inuits du Québec, entend néanmoins « suivre attentivement » le groupe d’action mis en place par Québec.

« Nous voulons travailler avec vous pour aller au cœur des problèmes des services policiers et du système de la justice au Nunavik », a fait savoir le président de la Société, Charlie Watt, dans un communiqué de presse publié mercredi.

Le document qu’il a transmis aux médias contient une liste d’actions que la Société Makivik demande à Québec de poser. Elle réclame notamment une réforme du « système de justice et des services policiers au Nunavik, [qui sont] une catastrophe à retardement des temps modernes ».

« Des manifestations ont lieu aux quatre coins du monde pour dénoncer le racisme systémique au sein des systèmes de justice, racisme qui sévit encore et toujours au Nunavik et que je trouve écœurant », écrit Charlie Watt.

Il énumère les enquêtes et rapports qui ont fait état, au fil des ans, des lacunes du système de justice et des services policiers au Nunavik, entre autres. « Les services de la protection de la jeunesse ont été mis en place pour protéger les enfants inuits, mais, au lieu de cela, ils détruisent des familles et violent les droits des enfants et des parents. Le gouvernement du Québec s’est contenté de croiser les bras et de laisser faire », déplore-t-il.

« Le Nunavik est prêt pour que le CPRK [Corps de police régional Kativik] soit dirigé pas une personne inuite civile. Le Nunavik a besoin de services de protection de la jeunesse qui reflètent les valeurs, la culture et la langue des Inuits et d’un système de justice qui est établi au Nord et permet aux Inuits d’exercer pleinement leurs droits », plaide-t-il.

En parallèle, plus tôt cette semaine, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a qualifié de « superflue » la consultation sur le racisme lancée par François Legault.

« L’APNQL suggère plutôt au premier ministre Legault de proposer rapidement aux Premières Nations les mesures concrètes qu’il entend prendre en réponse à la Commission vérité et réconciliation, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et la Commission Viens », a écrit le chef Ghislain Picard.

« Une fois que le gouvernement Legault aura finalement fait ses devoirs, l’APNQL sera prête à s’asseoir avec ses émissaires et à examiner quelles mesures concrètes pourraient être prises rapidement pour contrer l’inacceptable fléau qu’est la discrimination systémique envers les Premières Nations », a-t-il ajouté.

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