70 militaires et 900 membres de la Croix-Rouge aideront les CHSLD cet été

L’armée canadienne ne pliera pas complètement bagage dans deux semaines, puisque dix équipes de sept personnes resteront disponibles pour prêter main-forte en cas d’urgence.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’armée canadienne ne pliera pas complètement bagage dans deux semaines, puisque dix équipes de sept personnes resteront disponibles pour prêter main-forte en cas d’urgence.

Malgré le départ de l’armée canadienne dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), François Legault pourra néanmoins compter sur l’aide des 1000 « paires de bras » réclamées. L’armée canadienne ne pliera pas complètement bagage dans deux semaines, puisque dix équipes de sept personnes resteront disponibles pour prêter main-forte en cas d’urgence. Et la Croix-Rouge compensera pour les soldats manquants, selon ce qu’a appris Le Devoir, en offrant 900 travailleurs et bénévoles pour prendre le relais dans les centres pour personnes âgées.

Le colonel Tim Arsenault, qui dirige la mission de l’armée canadienne à Montréal depuis la fin avril, a fait valoir au Devoir que ses troupes quitteront les CHSLD le 26 juin, car la situation s’y est « beaucoup améliorée ». Mais les militaires canadiens ne quitteront pas tous le Québec pour autant, a-t-il révélé. « Après le 26 juin, l’intention sera de maintenir dix équipes militaires de formation médicale, qui seraient une force de réaction rapide disposée à réagir en cas d’urgence dans un CHSLD. »

Chaque équipe comptera une infirmière et six techniciens médicaux. La Défense nationale a ainsi parlé d’une force « plus modeste et soutenable à long terme ». Le colonel Arsenault n’a cependant pas été en mesure de préciser jusqu’à quelle date ces équipes d’urgence seront sur appel au Québec, parlant simplement d’un « soutien dans le moyen terme ».

La Croix-Rouge répond à l’appel

Le gouvernement québécois réclamait depuis plusieurs semaines que l’armée poursuive sa mission dans la province jusqu’à la mi-septembre. Justin Trudeau a toutefois tranché, vendredi dernier, que les militaires ne resteraient que jusqu’à la fin juin. Le premier ministre fédéral a en revanche annoncé que la Croix-Rouge offrirait son aide à son tour, « avec des gens payés, bien formés et qui seront aussi efficaces que les membres des Forces armées ».

Les négociations entre Québec et Ottawa sur cette prochaine étape se poursuivaient toujours mardi après-midi, selon nos sources dans les deux capitales.

La Croix-Rouge a néanmoins déjà entamé une campagne de recrutement sur son site Web qui semble répondre directement aux demandes du Québec d’obtenir 1000 personnes en renfort, a constaté Le Devoir.

L’organisme y annonce être à la recherche de 900 personnes pour constituer 30 équipes de 30 personnes, qui pourront être déployées dans des CHSLD de diverses régions du Québec « au cours des 3 à 6 prochains mois ». Les volontaires devront être disposés à travailler au moins quatre semaines dans un seul centre. La Croix-Rouge explique vouloir recruter des bénévoles de même que des employés pour occuper des postes de préposés à l’administration, préposés aux bénéficiaires, coordonnateurs de site, aides de service ou conseillers en santé et sécurité. L’organisme doit dévoiler son plan officiellement mercredi.

On ignore toutefois qui financera la formation de ces nouvelles recrues et leur salaire, une fois embauchées. Ottawa a offert 100 millions de dollars à la Croix-Rouge mi-mai pour aider l’organisme à répondre à la pandémie. L’argent devait notamment servir à « recruter et former des bénévoles et des employés ». La Croix-Rouge n’a pas été en mesure d’indiquer mardi si elle aurait besoin de nouveaux fonds pour remplir ce nouveau mandat.

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