Legault crée un groupe d’action contre le racisme

Il n’y a pas de racisme systémique au Québec, a réaffirmé lundi François Legault. Mais il y a tout de même assez de manifestations de racisme pour que le premier ministre annonce la mise sur pied d’un « groupe d’action contre le racisme », qui devra livrer une série de recommandations à l’automne.

« Je veux qu’on travaille ensemble autour de deux consensus, a soutenu M. Legault lundi en point de presse à Montréal. Un, la majorité des Québécois ne sont pas racistes — donc on ne fera pas le procès des Québécois. Deux, il y a du racisme au Québec, et on ne doit plus le tolérer. »

Les ministres Nadine Girault (Relations internationales) et Lionel Carmant (délégué à la Santé et aux Services sociaux) présideront ce groupe de travail. Les deux ont des racines haïtiennes.

Sylvie D’Amours, responsable des Affaires autochtones, sera aussi de ce comité, de même que quatre députés caquistes — dont les anciens policiers Ian Lafrenière et Denis Lamothe. M. Legault a fait valoir que l’expérience de ce dernier comme policier en milieu autochtone sera précieuse.

Interrogé sur l’absence de membres des partis d’opposition, alors qu’il affirme qu’« on doit travailler ensemble » pour cet enjeu, le premier ministre a indiqué qu’ils « vont être appelés à faire des propositions ». Mais il voulait une structure souple permettant « d’arriver avec des recommandations avant l’automne ».

Je veux qu’on travaille autour de deux consensus. Un, la majorité des Québécois ne sont pas racistes — donc on ne fera pas le procès des Québécois. Deux, il y a du racisme au Québec, et on ne doit plus le tolérer.

« On veut un groupe d’action qui agisse rapidement, a-t-il dit. […] Un moment donné, on doit agir. Si on avait parlé d’une commission transpartisane, on en aurait eu pour six mois à un an avant de passer à l’action. »

Le groupe devra « élaborer une série d’actions efficaces pour lutter contre le racisme », et recenser les secteurs « nécessitant prioritairement des mesures en ce sens ». François Legault a évoqué la sécurité publique, mais a ajouté que « le problème est beaucoup plus large que ça : la justice, le milieu scolaire, le logement, l’emploi… ».

L’addition de tout cela ne révèle-t-elle pas un problème systémique, comme le reconnaissent le premier ministre Trudeau et la mairesse Plante ? Non, maintient M. Legault. Il estime qu’il y a « plusieurs définitions du mot systémique » et qu’il ne faut pas se « diviser autour d’un mot ».

 

Quoi qu’il en soit, Lionel Carmant a dit souhaiter travailler sur la problématique du profilage racial, alors que M. Legault a mis l’accent sur le besoin de trouver des solutions pour combattre des « taux de chômage qui n’ont pas de bon sens chez les minorités visibles, dans le privé ou le public ».

Le Parti libéral du Québec, dont la cheffe Dominique Anglade juge qu’il y a du racisme systémique au Québec, a bien accueilli la création du groupe d’action. « Nous espérons qu’à la lumière du travail qui sera effectué dans les prochaines semaines, de réelles solutions seront trouvées et qu’on pourra démontrer une réelle volonté de changer les choses. »

Le Parti québécois a souligné « que le Québec se met en marche dans la bonne direction » et a rappelé que « l’enjeu de ce comité dépasse largement les joutes partisanes ».

Mais si Québec solidaire estime qu’il s’agit d’un « premier pas », la formation « déplore l’absence de consultations publiques, la mise à l’écart des oppositions et le refus de reconnaître le racisme systémique, trois obstacles qui vont freiner les résultats souhaités par le premier ministre », a fait valoir la cheffe parlementaire, Manon Massé.

 

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