Les volontaires déjà en CHSLD pénalisés?

<p>Québec «invite» les aides de soins qui sont déjà dans le réseau de la santé à «demeurer en fonction pendant la période estivale et à faire une demande d’admission à la formation qui débutera à l’automne».</p>
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir

Québec «invite» les aides de soins qui sont déjà dans le réseau de la santé à «demeurer en fonction pendant la période estivale et à faire une demande d’admission à la formation qui débutera à l’automne».

Les volontaires qui œuvrent dans le réseau de la santé depuis le début de la pandémie de COVID-19 devront se contenter d’un salaire de 21,28 $ l’heure, puisque Québec n’entend pas leur permettre de suivre la nouvelle formation accélérée de préposé en CHSLD.

Québec « invite » actuellement les aides de soins qui sont déjà dans le réseau de la santé à « demeurer en fonction pendant la période estivale et à faire une demande d’admission à la formation qui débutera à l’automne ».

Or le gouvernement Legault n’entend pas pour l’instant lancer une seconde cohorte d’étudiants à la formation accélérée à l’automne, a affirmé mercredi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Les étudiants du programme d’été obtiendront une bourse d’études de 760 $ par semaine pendant leur formation, puis un salaire et des primes équivalant à 26 $ l’heure. Leurs pairs, qui sont déjà sur le terrain, touchent plutôt une rémunération atteignant 21,28 $ l’heure.

« Pour l’instant, ce qui est prévu, c’est une cohorte. Éventuellement, il est possible qu’il en ait d’autres, mais je vous dirais qu’en ce moment, c’est une cohorte de 10 000, c’est maintenant », a déclaré le ministre Roberge en mêlée de presse.

Il n’a pas voulu dire si les volontaires déjà au travail en CHSLD s’en trouveraient pénalisés. Le ministre a aussi minimisé les craintes d’un exode des milieux de soins.

« Je sais que certains craignent qu’on vide nos lieux de soins [au profit des bancs d’école], mais ce n’est pas le cas, parce qu’au départ, il y a un trois semaines de cours intensifs, mais ensuite il y a facilement un trois jours semaine de travail en centre [de soins] », a-t-il assuré. « Donc, moi, je pense qu’on est très bien capables d’accueillir des gens qui n’ont aucune expérience dans les soins de santé, qui sont vraiment intéressés », a-t-il ajouté.

Le ministre Roberge a une fois de plus confirmé que Québec ne demanderait aucune garantie aux étudiants afin de s’assurer qu’ils iront réellement travailler dans le milieu de la santé une fois leur formation terminée. Il a cependant laissé entendre que la volonté des étudiants pourrait être évaluée en entrevue.

« C’est certain que c’est un critère de sélection pour l’entrevue. Est-ce qu’il pourrait y avoir même un engagement plus formel ? Ce n’est pas exclu, je peux dire, à ce moment-ci, ce n’est pas exclu », a-t-il déclaré.

Malgré les ratés de la plateforme JeContribue, malgré la possibilité qu’il y ait des doublons dans la banque de candidatures mise en place par Québec, le ministre s’est dit persuadé que d’ici deux semaines, 10 000 candidats auront été évalués en entrevue, pour finalement se retrouver sur les bancs d’école.

« Je suis convaincu qu’on aura, le 15 juin, 10 000 élèves dans nos centres, 10 000 élèves qui sont motivés et qui satisferont aux critères de base », a-t-il attesté.

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