Jacques Chagnon se défend d’allégations d’inconduite sexuelle

L'ancien président de l’Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L'ancien président de l’Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon

L’ancienne présidente du Parlement wallon Emily Hoyos dit avoir « tourné la page » de l'« incident » à caractère sexuel qui a assombri, selon ses dires, sa mission parlementaire à l’Assemblée nationale du Québec au printemps 2011.

L’ex-élue écologiste a raconté à la journaliste belge Johanne Montay que le président de l’Assemblée nationale du Québec, Jacques Chagnon, a porté sa main sur ses fesses et ses cuisses en marge d’une activité du comité mixte Assemblée nationale/ Parlement wallon en mai 2011. « Au moment où on fait la photo officielle, le président me met la main au cul. […] Je ne dis rien, c’est la photo. Qu’est-ce que tu veux faire ? » a-t-elle relaté. M. Chagnon réfute ces allégations.

Mme Hoyos a été victime d’une « agression sexuelle » et de harcèlement par une « sommité », soit « rien moins que le président du Parlement québécois de l’époque », pouvait-on lire sur le site de la RTBF mardi.

Contactée par Le Devoir, Mme Hoyos confirme les faits rapportés par la RTBF, mais refuse d’employer à son tour les mots « agression sexuelle », « agresseur », « harceler » pour les décrire. « J’ai effectivement relaté l’incident dont [il est] question. [Mme Montay] en fait aujourd’hui écho dans un article publié sur le site de RTBF, dont elle assume la responsabilité de l’analyse et des propos utilisés pour qualifier les faits », souligne l’ex-députée wallonne dans un échange de courriels. « Comme je lui avais expliqué à l’époque, j’ai depuis tourné la page. Vous comprendrez que, pour cette raison, je ne souhaite pas faire d’autres commentaires », a-t-elle ajouté.

Se disant outré, l’ancien élu québécois Jacques Chagnon nie catégoriquement les allégations formulées à son endroit. « Ne prenez pas ma parole si vous voulez : il y a 12 témoins que vous pouvez contacter », a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « Si j’avais commencé à jouer avec le popotin de Madame, je peux vous dire que je me serais fait dévisser la tête… et avec raison d’ailleurs ! » ajoute-t-il tout en pointant la photo officielle de l’événement, toujours accessible sur le site Web de l’Assemblée nationale.

M. Chagnon demande à la RTBF de retirer l’article dans lequel il est durement écorché sans avoir préalablement eu l’occasion de présenter sa version des faits.

Il était fier d’avoir survécu à plus de 30 années de politique tout en préservant la « réputation d’avoir toujours été un gentleman ». Depuis la parution de l’article « Sexisme en politique belge : les travers des travées parlementaires », les gens ont un « doute » sur son intégrité, constate-t-il à regret. « Je ne serais jamais, jamais capable de leur enlever ce doute-là. »