Cinq CHSLD privés resteront «sous surveillance», dit Legault

La ministre des Aînés, Marguerite Blais, et le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre des Aînés, Marguerite Blais, et le premier ministre François Legault

Les faits saillants du jour

  • 711 nouvelles personnes déclarées positives, pour un total de 13 557 cas confirmés;
  • 879 personnes hospitalisées (+ 55), dont 226 aux soins intensifs (+9);
  • 32 nouveaux décès, pour un total de 360;
  • François Legault déclare que «la grande préoccupation» de Québec est la situation dans les résidences pour aînés et les CHSLD.

Cinq CHSLD privés « sous surveillance »

Le premier ministre François Legault a annoncé lundi avoir placé cinq des 40 CHSLD privés non conventionnés du Québec « sous surveillance ». Après la publication d’un article du Montreal Gazette faisant état de cas de négligence et de décès multiples au CHSLD privé Herron de Dorval, le gouvernement a dépêché au cours de la fin de semaine des inspecteurs sur le terrain.

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« La grande majorité » des CHSLD privés « sont très bien gérés », a assuré le premier ministre. Mais cinq d’entre eux — qu’il n’a pas voulu nommer — ne « sont pas en contrôle à 100 % » de la situation, a-t-il ajouté. À certains endroits, les zones « chaudes » et « froides » sont mal délimitées ; dans d’autres, les contacts avec les familles ne sont pas établis.

En tout, 296 des 2600 ressources d’hébergement du Québec ont déclaré un cas ou plus d’infection à la COVID-19. Il y a aussi 30 milieux de vie, sur les 2600, où plus de 15 % des résidents sont affectés par le coronavirus.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, n’a pas voulu fournir le nombre de CHSLD où les zones d’infection à la COVID-19 sont mal séparées, notamment avec l’aide d’un rideau, comme au CHSLD Ste-Dorothée.

« Il y a plusieurs CHSLD qui sont vétustes au Québec depuis 25 ans », a-t-elle commencé. « Et ce n’est pas parce que c’est séparé par un rideau qu’il n’y a pas de contagion », a-t-elle reconnu. Des CHSLD où les patients positifs sont séparés des autres par un simple rideau, il y en a « quelques-uns », a-t-elle poursuivi, sans s’avancer sur un chiffre.

Un « problème » avec les dirigeants d’Herron

François Legault n’a pas hésité à condamner les agissements de la direction du CHSLD Herron, où des résidents ont été abandonnés à leur sort dans des conditions de négligence. « Moi, ce qu’on me rapporte, c’est que le problème venait vraiment de la direction du CHSLD », a-t-il déclaré. « Mais on va faire la lumière sur toute cette affaire », a-t-il ajouté.

Trois enquêtes sont en cours, de la part de la santé publique, du Service de police de la Ville de Montréal et du Bureau du coroner.

Des employés de la résidence située à Dorval auraient quitté l’établissement vu l’état critique de la situation et le manque d’efficience des mesures qui y ont été prises.

« Au CHSLD Herron, les loyers variaient de 3000 à 10 000 $ par mois, alors il me semble que le CHSLD aurait dû être capable de payer de bons salaires pour garder son monde », a pesté François Legault. « Il n’y a pas de raison », a-t-il laissé tomber dans une réponse en anglais.

Au cours des derniers jours, les propriétaires du CHSLD Herron et du CIUSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal se sont tour à tour montrés du doigt pour justifier la situation dans ces ressources, où 31 des 150 résidents sont morts depuis le 13 mars.

Les syndicats montrés du doigt

Le premier ministre a lancé une pointe aux syndicats dans l’exposé qu’il a fait au début de son point de presse quotidien. Il a insisté sur la « surcharge de travail » qui accable les préposés aux bénéficiaires et souligné que le « problème le plus important, c’est un problème de salaire ».

Il a rappelé la volonté du gouvernement d’augmenter les salaires des préposés aux bénéficiaires, mais rappelé que « les grands syndicats demandent la même augmentation salariale, en pourcentage, pour tous les employés ». « Donc c’est pas simple, cette situation-là », a-t-il lancé.

François Legault a aussi insisté sur le fait que la pénurie de préposés aux bénéficiaires constituait un problème bien avant le début de la crise dans laquelle le nouveau coronavirus a plongé le Québec. En février, la ministre de la Santé Danielle McCann a d’ailleurs déposé le plan d’action pour contrer la pénurie de main-d’œuvre en santé qu’elle avait promis trois mois plus tôt. Ce plan ne contenait cependant pas de nouvelles solutions.

À la lumière des événements récents, il y a un défi d’attirer des jeunes, mais aussi des « moins jeunes », a convenu le premier ministre. Il a dit souhaiter améliorer les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires afin que des travailleurs de la restauration ou du tourisme puissent s’y réorienter.

D’autres détails suivront.