Le coronavirus fait des ravages dans les résidences pour aînés et les CHSLD

Le directeur de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé Danielle McCann
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le directeur de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé Danielle McCann

Le coronavirus fait des ravages dans les résidences pour aînés et les CHSLD : Québec a annoncé mercredi que 519 de ces ressources avaient déclaré des cas d’infection à la COVID-19 en leurs murs.

« Ma grande inquiétude actuellement concerne les résidences de personnes âgées. Sur à peu près 2200 résidences, on en a 519 où on a au moins un cas », s’est désolé le premier ministre François Legault lors de son point de presse quotidien.

Le bilan des cas confirmés de COVID-19 est passé à 4611. Au total, 307 personnes sont hospitalisées et 82 d’entre elles se trouvent aux soins intensifs. Le nouveau coronavirus a fait 33 morts au Québec.

Dans l’espoir de réduire les cas d’infection dans les résidences pour aînés et les CHSLD, Québec a annoncé qu’il offre « au personnel qui est capable de le faire d’aller habiter à l’hôtel, payé par le gouvernement ».

Pas question toutefois de modifier une directive de la santé publique qui permet de lever les mesures d’isolement pour des travailleurs asymptomatiques après sept jours seulement, a déclaré la ministre de la Santé, Danielle McCann. « On a un contexte où on a besoin vraiment d’avoir notre personnel sur place. Sinon, dans certaines circonstances qu’on appelle des secteurs critiques, on pourrait avoir des bris de services », a-t-elle déclaré.

La ministre s’est par ailleurs engagée à « réorganiser le travail » pour minimiser les déplacements de personnel d’un établissement à l’autre.

Une semaine avant la rupture de stock

François Legault a aussi annoncé que Québec avait reçu mardi « quelques commandes » de matériel médical. « Si on regarde les différents équipements de protection individuelle, on en a actuellement pour une semaine », s’est-il réjoui. La veille, il disait anticiper une rupture de stock d’ici « trois à sept jours ». Tant les masques N95 que les masques de procédures, les blouses et les gants pourraient manquer dans une semaine, a-t-il précisé.

Le premier ministre a par ailleurs admis qu’il ignore à quel moment le Québec connaîtra le sommet de l’épidémie, et donc, vraisemblablement, la fin de celle-ci. « Ce qu’on essaie tous d’avoir comme réponse, c’est : quand va arriver le fameux sommet — le fameux pic — est-ce qu’il va arriver dans deux semaines, dans un mois ? Honnêtement, là, c’est difficile de répondre à cette question-là », a-t-il déclaré.

Puisqu’il est difficile de prévoir l’arrivée du sommet, il est tout aussi ardu de savoir « quand la courbe va se rapprocher de zéro », a-t-il dit. « Oui, on a des scénarios qui vont jusqu’au mois de juillet pour ce qui est de la fin de courbe. »

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est engagé à dévoiler le scénario le « plus probable » au cours des prochains jours. « Mais ça reste des probabilités, là. Je pense qu’il n’y a pas personne dans le monde qui est capable de dire avec précision quand va arriver ce sommet », a-t-il déclaré.