Le prolongement de la route 138 sur la Côte-Nord à l’étude

Les élus et les chefs innus de la Côte-Nord avaient multiplié les pressions au cours des derniers mois.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les élus et les chefs innus de la Côte-Nord avaient multiplié les pressions au cours des derniers mois.

Le prolongement de la route 138 jusqu’au Labrador fait son entrée au Plan québécois des infrastructures (PQI) dans le budget. Réclamé depuis des années par la Côte-Nord, ce projet coûterait au minimum 200 millions.

Ces derniers mois, les élus nord-côtiers et les chefs innus ont multiplié les cris du coeur dans ce dossier, se présentant souvent comme les grands oubliés du territoire québécois.

Pour l’instant, la route s’arrête à Kegaska, à quelques dizaines de kilomètres de Natashquan. Au-delà de ces villages, les populations restent coupées du monde, ne pouvant se déplacer que via la route blanche des motoneiges ou par les airs lorsque la météo le permet.

Or, le nouveau PQI met à l’étude l’ajout de deux tronçons qui permettraient de prolonger la route jusqu’à Blanc-Sablon et à la frontière du Labrador, soit l’équivalent de 400 kilomètres. Les deux tronçons relient La Romaine et Tête-à-la-Baleine, ainsi que La Tabatière et Vieux-Fort.

Étant donné que ces projets ne sont qu’à l’étape de l’étude, leurs coûts ne sont pas chiffrés dans le PQI, mais on estime déjà qu’ils coûteront chacun plus de 100 millions.

On ignore toutefois, à cette étape-ci, quel est l’échéancier de ces travaux. Le plan dans lequel ils figurent s’échelonne jusqu’à 2030 et est sujet à modification chaque année.

Ils viennent s’ajouter aux travaux déjà en cours entre Kegaska et La Romaine (50 millions), et entre La Tabatière et Tête-à-la-Baleine (50 millions).

Quant au projet de pont entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac, qui fait couler beaucoup d’encre dans la région, il est, lui aussi, toujours « à l’étude » au PQI.

 

Aide aux régions teintée de vert

Les régions dans leur ensemble récoltent dans ce budget des fonds additionnels de 124,1  millions cette année. En tourisme, des fonds sont réservés à la SEPAQ pour améliorer l’accès aux parcs nationaux, restaurer des sentiers et rénover des chalets.

On sait en outre que 30 millions sur six ans seront consacrés au développement de « projets touristiques durables » et pour soutenir l’adaptation des entreprises touristiques aux changements climatiques.

S’ajoute une aide de 13,3 millions pour les PME en démarrage issues des incubateurs et les services de développement économique offerts par les MRC.

À nouveau, ici, l’aide économique est teintée de vert : 5 millions de plus par année serviront à soutenir des communautés éloignées à passer du chauffage au mazout à des sources d’énergies moins polluantes. Une aide de 12,5 millions vise à encourager les municipalités à exploiter les gaz issus de leurs sites d’enfouissement.

En transport, les lobbys municipaux ont obtenu en partie l’argent qu’ils réclamaient pour la voirie locale (30 millions), et le gouvernement commence à investir dans un plan pour « profiter des avantages du Saint-Laurent » (16 millions). Cet argent servira à rénover les infrastructures portuaires et à favoriser les navettes fluviales et le recours au transport des ressources naturelles par l’eau (cabotage) plutôt que par les routes afin de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.