Accord entre Québec et les Cris sur le développement du Nord

Le grand chef Abel Bosum et le premier ministre François Legault ont scellé la «Grande alliance», lundi, à Québec.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le grand chef Abel Bosum et le premier ministre François Legault ont scellé la «Grande alliance», lundi, à Québec.

Inspirés par la Paix des braves, le premier ministre François Legault et le grand chef Abel Bosum ont signé lundi la « Grande alliance » sous le regard attentif d’une douzaine de ministres et de chefs.

Le « protocole d’entente » prévoit notamment le prolongement du réseau ferroviaire au nord de Matagami, la construction d’un port en eau profonde à Whapmagoostui, l’électrification de projets industriels, la formation d’une main-d’oeuvre locale ainsi que l’identification de nouvelles aires protégées dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James.

Le programme d’infrastructures de 4,7 milliards de dollars sur 30 ans « faciliter[a] le transport des personnes et des biens et augmenter[a] la valeur des ressources naturelles en diminuant leur coût de transport », affirment M. Legault et M. Bosum.

Le grand chef du Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee), Abel Bosum, a expliqué que le « grand programme d’infrastructures » dévoilé traduit la « vision [du gouvernement de la nation crie, dont il est le président] de ce que devrait être le développement économique durable dans Eeyou Istchee et le Nord du Québec ».

« Il y a une raison importante pour laquelle aujourd’hui est une journée spéciale : c’est parce que nous, les chefs et les leaders de la nation crie d’Eeyou Istchee, choisissons d’être ici. Nous sommes ici aujourd’hui pas pour faire de sacrifice ni de reddition », a-t-il souligné, 18 ans après la conclusion de l’Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec, surnommée la « Paix des braves », entre le premier ministre Bernard Landry et le grand chef Ted Moses.

« Le droit et la capacité d’un peuple à choisir est un droit humain fondamental que nous avons malheureusement tendance à tenir pour acquis, ou nous ne nous réveillons pour le défendre que lorsque des bulldozers et des barricades nous divisent déjà », a ajouté M. Bosum, faisant allusion aux blocus ferroviaires érigés par des Autochtones opposés à un projet de gazoduc en Colombie-Britannique.

« C’est un partenariat gagnant-gagnant qui va permettre aux deux nations ― la nation crie, la nation québécoise ― de se développer, de s’épanouir. C’est aussi un plan qui est équilibré entre l’économie et l’environnement », a fait valoir M. Legault.

Le Nord québécois recèle des métaux stratégiques, comme le lithium, qui est nécessaire à la fabrication de batteries rechargeables et de téléphones cellulaires, entre autres choses. La région pourrait s’imposer comme « une alternative à la Chine » dont les fabricants de batteries ou autres produits technologiques sont « très dépendants actuellement », a fait valoir le premier ministre.

M. Legault a dit souhaiter que le « beau modèle » de la « Grande alliance » puisse « servir à d’autres communautés autochtones » au Québec.

M. Bosum a mentionné lundi ne pas avoir été déçu par l’homme d’affaires qui se cache derrière le chef du gouvernement. « Je savais que vous n’étiez pas un politicien typique. Vous étiez un leader qui voulait clairement faire des choses, faire de vrais changements et forger de nouvelles routes et de nouveaux partenariats », a-t-il dit à M. Legault.