La course à la direction du PLQ d’abord, le débat d’idées ensuite

Pour le moment, Dominique Anglade et Alexandre Cusson briguent seuls la chefferie du parti.
Photo: Jacques Nadeau / Valérian Mazataud Le Devoir Pour le moment, Dominique Anglade et Alexandre Cusson briguent seuls la chefferie du parti.

La course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) a été officiellement lancée au cours de la fin de semaine. Mais le débat d’idées devra attendre.

Même le chef intérimaire, Pierre Arcand, a dû reconnaître dimanche qu’il en savait bien peu sur le candidat Alexandre Cusson, qui se mesurera à l’ex-ministre de l’Économie Dominique Anglade.

« Laissez-lui le temps d’arriver », a-t-il suggéré. « Donnez une chance, quand même. »

En guise de « moteur de son engagement », le maire de Drummondville a cité le désir d’avoir « une société plus juste, plus équitable, une société qui répond aux besoins de tout le monde ».

Pas question, cependant, de critiquer les mesures d’austérité de l’ex-premier ministre Philippe Couillard, dont le gouvernement a fait certains choix « au détriment [des plus vulnérables] », selon la protectrice du citoyen.

« Moi, je n’étais pas autour de la table quand les décisions ont été prises. Je ne vais pas jouer au gérant d’estrade, je regarde en avant », a déclaré Alexandre Cusson. Derrière lui se tenait la députée Marwah Rizqy, qui a proposé en janvier dernier que le PLQ s’excuse auprès des Québécois pour la rigueur budgétaire.

Le candidat de 51 ans, qui s’est dit « fédéraliste en étant nationaliste », a fourni peu de détails sur ses positions politiques.

L’État devrait-il intervenir dans l’économie ? « Il faut être extrêmement prudent de ce côté-là, il faut intervenir où on fait la différence. […] Pour moi, des interventions à tout moment, à tout venant, pour à peu près n’importe quoi, ce n’est pas ce que je favorise », a-t-il affirmé.

Le Québec devrait-il signer la Constitution ? Là n’est pas la priorité des Québécois, a-t-il répondu. « On va entendre [les Québécois]. S’ils nous disent que c’est leur priorité, on regardera », a-t-il ajouté.

Et l’avenir de la Loi sur la laïcité ? « C’est une position qu’on va élaborer au cours des prochains mois », a déclaré Alexandre Cusson.

Aux journalistes « impatients » de connaître ses positions, il a dit souhaiter « rassembler en écoutant, pas en imposant » des idées.

« Bébelles » et environnement

Sa rivale, Dominique Anglade, a relevé le manque de préparation de son adversaire. « J’attends ses idées en tout cas, parce que, si on veut faire un débat d’idées, encore faut-il qu’il y en ait à débattre », a-t-elle lancé.

Les onze députés qui soutiennent leur collègue de Saint-Henri–Sainte-Anne affichaient leurs couleurs avec des t-shirts et des macarons « Bâtir demain », qu’ils distribuaient dans un kiosque de l’hôtel de Sherbrooke où étaient réunis les militants du PLQ.

« Vous remarquerez qu’on n’avait pas beaucoup de bébelles après nous ce week-end, c’est une façon pour nous de limiter notre consommation », a lancé Alexandre Cusson, en référence au matériel promotionnel de son adversaire. Il tentait d’illustrer les préoccupations environnementales de son équipe, peu après que l’équipe Anglade eut confirmé se déplacer en véhicule hybride et opérer à partir d’un bureau carboneutre.

L’aspirante-cheffe a aussi proposé la création d’un institut du climat, qui aurait pour mission d’évaluer de manière indépendante la performance du gouvernement en matière environnementale.

Élire une femme noire

Dominique Anglade a par ailleurs répondu aux rumeurs voulant que certains membres du parti — non identifiés — craignent qu’une Montréalaise issue des communautés culturelles ne réussisse pas à fédérer le vote de militants en région. « Moi, personnellement, quand je vais sur le terrain, je pense que les Québécois sont prêts, absolument, à ça [voter pour une femme noire] », a-t-elle attesté. « C’est un peu la nature de la bête, que les gens aient peut-être certaines réticences, mais je crois pertinemment que les Québécois sont ailleurs. »

Samedi, son adversaire Alexandre Cusson s’est empêtré dans la définition de l’expression « Québécois de souche », après avoir dit qu’il souhaitait que ceux-ci, comme « nos minorités », se reconnaissent dans la plateforme du PLQ. Ces « Québécois de souche » sont « des gens de partout dans le monde » ; des gens « arrivés il y a des dizaines et des dizaines d’années » ; des gens « qui sont arrivés au cours des dernières années » ; « tout le monde, au fond… », a-t-il tenté.

Les aspirants à la direction du PLQ ont jusqu’au 6 mars pour se porter candidats. Le successeur de Philippe Couillard sera choisi les 30 et 31 mai, à Québec. En vertu du nouveau mode de scrutin du PLQ, les jeunes détiendront le tiers des voix.

Pas de discussions sur le mode de scrutin

Les militants du PLQ n’ont pas pu se prononcer, dimanche, sur la position que devrait adopter leur parti dans le débat sur la réforme du mode de scrutin. À la suggestion de la députée Hélène David, le débat a été reporté à une date indéterminée. La décision va se prendre au caucus, et non avec les militants, s’est désolé le libéral de longue date Ronald Poupart, qui espère néanmoins que le parti consultera ses militants autrement que dans un congrès. Les débats entourant l’instauration d’un mode de scrutin préférentiel, comme le proposaient des militants, ont aussi été reportés.