QS demande à la CAQ d’agir contre les reprises de logements abusives

Dans la dernière année, la Ville de Montréal a décidé de limiter les locations à court terme comme celles proposées sur le site Airbnb.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Dans la dernière année, la Ville de Montréal a décidé de limiter les locations à court terme comme celles proposées sur le site Airbnb.

Québec solidaire (QS) demande au gouvernement Legault de décréter un moratoire sur les reprises de logements pour motif d’agrandissement, de subdivision ou de changement d’affectation partout où le taux d’inoccupation se situe en dessous de 3 %.

C’est ce qu’ont indiqué les députés Ruba Ghazal (Mercier) et Andrés Fontecilla (Laurier-Dorion) lors d’une conférence de presse dimanche sur le Plateau Mont-Royal.

Selon QS, les « rénovictions » menacent de mettre un nombre record de gens à la rue en pleine crise du logement dans plusieurs quartiers à Montréal.

« On reçoit des cas de citoyens qui se font chasser de leur appartement, les propriétaires utilisent des prétextes de rénovations, ils utilisent la loi à mauvais escient et leur objectif est seulement de doubler ou de tripler le loyer. Ça prend un moratoire pour arrêter la situation, car c’est urgent » a indiqué la députée Ruba Ghazal, qui estime que le prix du loyer pour un 4 et demi peut parfois dépasser 2500 $ par mois dans les quartiers du centre de la métropole.

Selon la députée, l’année 2019 s’annonce déjà comme « l’année de tous les records ».

Depuis avril 2019, le comité logement du Plateau-Mont-Royal a reçu 154 demandes en lien avec cette problématique, soit trois fois plus qu’à la même période en 2017.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) soutient également avoir constaté une augmentation du nombre de reprise de logements pour de prétendues rénovations importantes.

Francine, une dame de 67 ans qui était présente à la conférence de presse, dit avoir accepté l’indemnisation offerte par son propriétaire après que celui-ci l’a harcelée pendant plusieurs mois pour qu’elle quitte son logement.

« Les nouveaux propriétaires sont juste là pour les riches; ils mettent tellement de pression sur les locataires pour rénover les logements qu’ils réussissent à nous faire partir. »

La dame, qui ne souhaite pas que son nom de famille soit publié, craint de ne pas pouvoir trouver de loyer abordable.

« J’ai passé toute ma vie sur le Plateau; à mon âge, je n’ai pas le courage de me battre. Le Plateau, c’est ma sécurité, je vais prier pour trouver un logement abordable avant le 1er juillet. »

Dans la dernière année, la Ville a décidé de limiter les locations à court terme comme celles proposées sur le site Airbnb. Elle a aussi mis en place un plan de rénovation des immeubles vieillissants et a promis la création de 12 000 logements sociaux et abordables d’ici 2021.

Mais selon le député solidaire Andrés Fontecilla, la construction de nouveaux logements sociaux tarde.

« Il y a des retards en raison du manque de financement malgré la bonne volonté de la Ville. La CAQ a mis un peu d’argent dans les logements sociaux, mais c’est loin d’être suffisant ».

En plus du moratoire sur les reprises de logements dans les endroits où le taux d’inoccupation est bas, Québec solidaire demande à la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, de créer un comité d’urgence interministériel pour aider les locataires déjà victimes d’une « rénoviction » à se trouver un toit et aussi de modifier le Code civil pour protéger les locataires d’une expulsion abusive.

Les nouveaux propriétaires sont juste là pour les riches; ils mettent tellement de pression sur les locataires pour rénover les logements qu’ils réussissent à nous faire partir