QS demande aux autres élus de l’Assemblée nationale de manifester pour le climat

Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, demande aux autres partis de suspendre les travaux le 27 septembre pour que l’ensemble des élus puisse participer à la manifestation pour le climat.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, demande aux autres partis de suspendre les travaux le 27 septembre pour que l’ensemble des élus puisse participer à la manifestation pour le climat.

Québec solidaire (QS) promet un automne vert pour la reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale mardi. Sa co-porte-parole, Manon Massé, demande aux autres partis de suspendre les travaux le 27 septembre pour que l’ensemble des élus puisse participer à la manifestation pour le climat et ainsi envoyer « un message très fort ».

Mme Massé entend également entamer des discussions avec l’Assemblée nationale pour permettre à tous ses employés de manifester « sans craindre de mesures disciplinaires ».

« C’est une façon de dire à nos jeunes : on vous entend, on est présents et on veut répondre “présents” à votre demande », a-t-elle déclaré dimanche à l’issue de la première journée de réunion des députés solidaires à Québec en prévision de cette reprise des travaux mardi.

Six jeunes militants écologistes, âgés de 14 à 20 ans, ont été invités à s’adresser aux députés du parti. « On est ici pour vous dire à quel point on est inquiets, à quel point on a besoin de façon viscérale d’une loi claire pour le climat qui nous indique que le Québec va faire tout de qui est en son possible avec toutes ses ressources, qu’elles soient humaines, économiques, sociales, pour contrer les effets et les causes des changements climatiques », a affirmé Célestine Udhe. Elle a suggéré de réduire le suremballage, d’interdire le plastique à usage unique et l’obsolescence programmée et de faire du reboisement « de masse ».

La manifestation du 27 septembre s’inscrit dans un mouvement international de grève pour le climat. La jeune militante suédoise Greta Thunberg, devenue la figure de proue de la lutte contre les changements climatiques, sera à Montréal. Elle a été invitée à prononcer un discours dans l’agora de l’Assemblée nationale à Québec ce jour-là, mais elle ne pourra toutefois pas s’adresser aux députés au Salon bleu. QS avait demandé à ce que l’adolescente puisse s’adresser à tous les parlementaires.

« Si Greta était un businessman de 60 ans, M. Legault l’aurait invitée il y a longtemps, a insisté le co-porte-parole solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Mais on verra s’il va venir lorsqu’elle prendra la parole dans l’agora et on souhaite qu’il soit là. Ce serait une démonstration qu’il prend au sérieux l’urgence climatique. » Le premier ministre François Legault s’est dit disposé à rencontrer la jeune militante lors de son passage à Montréal.

Les solidaires veulent talonner le gouvernement caquiste sur la lutte contre les changements climatiques en soulevant la question toutes les semaines. « Le climat va être notre priorité tant que François Legault n’en fera pas sa priorité », a indiqué M. Nadeau-Dubois.

Un manque de courage ?

Gabriel Nadeau-Dubois a aussi mis le premier ministre François Legault au défi de respecter son engagement sur la réforme du mode de scrutin.

« Si la CAQ brise sa promesse, elle va devenir exactement le genre de parti qu’elle a passé des années à critiquer dans l’opposition, c’est-à-dire un parti qui dit une chose pour se faire élire, mais qui fait autre chose pour rester au pouvoir », a-t-il remarqué en marge du caucus des solidaires dimanche.

Contrairement à la ministre Sonia LeBel, le premier ministre Legault n’a pas voulu s’avancer vendredi sur le mode de scrutin qui serait utilisé lors des prochaines élections québécoises, en 2022. Il n’écarte pas l’idée de tenir un référendum pour savoir si les Québécois préféreraient le mode de scrutin actuel — uninominal majoritaire à un tour — ou un système proportionnel mixte qui comprend des députés de circonscription et des députés de liste. Les électeurs pourraient ainsi à la fois choisir un député local et voter pour un parti différent sur la scène régionale.

Mme LeBel doit déposer un projet de loi avant le 1er octobre en vue d’accomplir cette réforme. Celle-ci avait toutefois affirmé jeudi que les Québécois continueraient d’utiliser le système actuel pour l’élection générale de 2022, citant les délais de 30 ou de 42 mois évoqués par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour se préparer à un nouveau mode de scrutin.

« Si la CAQ veut briser sa promesse, qu’elle le fasse, et qu’elle l’assume comme l’a fait Justin Trudeau au lieu de se cacher derrière le DGEQ, parce que le DGEQ l’a dit et l’a répété, c’est possible de le faire à l’intérieur de 30 mois », a rappelé M. Nadeau-Dubois.