Les festivals veulent demeurer ouverts au cannabis

Cet été, les promoteurs de quelques grands festivals montréalais ont permis la consommation de cannabis selon les limites fixées par la loi provinciale et le règlement de la Ville de Montréal.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Cet été, les promoteurs de quelques grands festivals montréalais ont permis la consommation de cannabis selon les limites fixées par la loi provinciale et le règlement de la Ville de Montréal.

Près d’un an après la légalisation du cannabis au pays, les organisateurs des grands festivals du Québec critiquent à nouveau le projet de loi élaboré par le gouvernement de François Legault visant à en resserrer la consommation. À quelques jours de la reprise des débats en commission parlementaire, ils arguent que la nouvelle loi sera difficile à faire respecter dans leurs événements et qu’elle va à l’encontre de la tolérance grandissante des Québécois pour la substance.

« On demande une approche plus pragmatique. On pense que ce qui est proposé actuellement avec le projet de loi no 2 n’est pas applicable. On voit mal comment il permettrait d’arriver à l’objectif souhaité, c’est-à-dire de réellement resserrer l’usage du cannabis », fait valoir Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI).

Après avoir envisagé un bannissement tous azimuts dans l’espace public, Québec a amendé son projet de loi en mai dernier afin de permettre aux municipalités d’autoriser la consommation de cannabis dans les parcs. Le gouvernement stipulait toutefois que ces permissions devaient être suspendues lors de la tenue d’événements publics comme des compétitions sportives ou des festivals.

Modifications souhaitées

Le REMI demande deux modifications au projet de loi : donner la possibilité aux municipalités d’autoriser la consommation de cannabis dans certains festivals (notamment ceux dont le public est essentiellement adulte) et permettre la création de zones fumeurs.

Cet été, les promoteurs de quelques grands festivals montréalais, comme les Francos, le Festival de Jazz, Osheaga, Heavy Montréal et ÎleSoniq, ont permis la consommation de cannabis selon les limites fixées par la loi provinciale et le règlement de la Ville de Montréal.

M. Roy indique que les membres du REMI n’ont signalé aucun incident particulier lié au cannabis, ni aucune plainte de festivaliers indisposés.

Et même à Québec, où la réglementation municipale interdit la consommation de cannabis dans tous les espaces publics, l’herbe a aussi été fumée, selon lui. « Le Festival d’été de Québec s’est déroulé dans ce cadre réglementaire, et il y a eu malgré cela des effluves de cannabis. Cela vient démontrer que la loi proposée serait soit pas appliquée, ou pas applicable », expose M. Roy.

Réagissant aux demandes du REMI, le gouvernement a indiqué qu’il ne rouvrirait pas les articles concernés, déjà adoptés avant la pause estivale. Il est question « d’envoyer le message » que la consommation du cannabis n’est pas souhaitable en tout lieu et en tout temps, statue le cabinet de Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable du projet de loi.

« On ne pense pas qu’on arrive avec quelque chose d’inapplicable. Les festivals sont habitués à gérer la consommation de toutes sortes de substances, comme l’alcool ou le tabac », dit Jonathan Valois, le directeur de cabinet de M. Carmant. Il n’y a aucune raison pour que le cannabis bénéficie d’un traitement spécial, explique-t-il.