La SAQ ne s’occupera pas de la consigne, promet le ministre

Où donc seraient récupérées les bouteilles? Le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, n’a pas voulu le dire, mais promet des réponses avec la sortie de la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Où donc seraient récupérées les bouteilles? Le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, n’a pas voulu le dire, mais promet des réponses avec la sortie de la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles.

La consigne ne passera pas par les succursales de la Société des alcools (SAQ), a indiqué mercredi le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Les consommateurs devront rapporter leurs bouteilles de vin vides ailleurs.

« On ne veut pas forcer le commerçant, la succursale de la SAQ ou le dépanneur du coin à récupérer toutes les matières qu’ils mettent sur le marché. Parce que physiquement, ils n’ont pas les locaux, l’espace pour le faire. […] Ce n’est pas de la mauvaise volonté de leur part », a déclaré M. Charette à la sortie du Conseil des ministres.

Lundi, la SAQ s’était dite ouverte à la consigne des bouteilles de vin, mais avait indiqué qu’il n’était pas question qu’elle se charge de récupérer les bouteilles. Or, plusieurs experts et groupes environnementaux estiment que ce serait la meilleure façon d’éviter notamment que les consommateurs fassent des déplacements indus pour faire consigner leurs bouteilles vides, ce qui ferait augmenter les gaz à effet de serre.

Où donc seraient récupérées les bouteilles ? Le ministre de l’Environnement n’a pas voulu le dire, mais promet des réponses d’ici « quelques semaines » avec la sortie de la nouvelle Politique québécoise de gestion des matières résiduelles.

« Ça va toucher le verre, ça va toucher le plastique, les différents produits à recycler », a-t-il dit en mentionnant aussi les déchets de construction et le recyclage en provenance des industries, commerces et institutions (ICI), dont la sous-performance en matière de recyclage est notoire.

Une commission inutile ?

Curieusement, l’élaboration de cette politique par M. Charette se fait au même moment que les travaux de la commission parlementaire sur le recyclage, à laquelle le ministre ne participe justement pas.

L’exercice serait-il inutile ? Non, dit-il. « Je regarde tous les jours le résumé de ces travaux-là. Il y a de très, très belles idées qui sont soumises. On discute encore (de notre politique). On l’a fait au Conseil des ministres. »

M. Charette indique toutefois que « la plupart des intervenants » qui participent à la consultation ont déjà « été rencontrés » par son équipe « au cours des dernières semaines ».

À l’heure actuelle, plus de la moitié du verre que les Québécois mettent à la boîte de recyclage aboutit dans les centres d’enfouissement, une « situation qui ne peut plus durer », avance le ministre, qui en a profité pour écorcher les gouvernements précédents.

Selon lui, la crise actuelle n’incombe pas seulement à la fermeture des marchés asiatiques, qui achetaient autrefois nos produits recyclés.

Elle découlerait aussi de la décision du gouvernement libéral « en 2013 de permettre de nouveau l’enfouissement du verre ».

« Mes prédécesseurs ont manqué de leadership sur ce plan-là », a-t-il affirmé. Il reproche en outre aux libéraux de ne pas avoir créé des incitatifs financiers pour encourager les municipalités à cesser d’enfouir les matières organiques avant 2020.