Québec investit 70 millions dans les services de francisation des immigrants

«La langue française est un facteur essentiel pour une intégration réussie sur le marché du travail, ainsi que dans la société», a indiqué le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «La langue française est un facteur essentiel pour une intégration réussie sur le marché du travail, ainsi que dans la société», a indiqué le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette.

Québec hausse l’allocation accordée aux immigrants en francisation à temps plein pour la faire passer de 141 $ à 185 $ par semaine et élargit l’accès aux cours de français aux immigrants arrivés au Québec depuis plus de cinq ans.

L’ensemble des mesures annoncées vendredi par le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, pour favoriser l’accès à la francisation représente des investissements supplémentaires de 70,3 millions de dollars, ce qui porte à 170 millions le budget pour ce service.

Des modifications touchent aussi les travailleurs temporaires qui suivent des cours de francisation à temps partiel. Ceux-ci pourront désormais toucher une allocation de 15 $ par jour. De plus, les allocations de frais de garde pour cette clientèle passeront de 7 $ à 9 $ par jour par enfant.

Avec ces mesures, Québec croit que le service pourra bénéficier à 4500 personnes supplémentaires annuellement, ce qui permettra la francisation de quelque 17 500 personnes par année.

C’est très positif. Ce sont des revendications que le milieu communautaire avait depuis longtemps.

 

« La langue française est un facteur essentiel pour une intégration réussie sur le marché du travail ainsi que dans la société, a indiqué le ministre Jolin-Barrette. Nous nous devons de mettre en place les meilleures conditions possible afin de favoriser la francisation des personnes immigrantes. »

L’embauche de 80 professeurs supplémentaires sera nécessaire.

Rapport accablant

Le dossier de la francisation avait été sévèrement critiqué par la vérificatrice générale en 2017.

Guylaine Leclerc avait révélé que seulement une minorité des immigrants ne maîtrisant pas le français suivaient des cours. Ainsi, des 14 955 immigrants admis au Québec en 2013 qui ne parlaient pas le français, seulement 28 % avaient suivi des cours de français offerts par le ministère au cours des deux années suivant leur arrivée. Le taux d’abandon était aussi important.

« C’est très positif. Ce sont des revendications que le milieu communautaire avait depuis longtemps », a indiqué René Fréchette, directeur général de l’Accueil liaison pour arrivants (ALPA), basé dans l’est de Montréal et qui dessert une clientèle inscrite en francisation à temps partiel.

Auparavant, ces immigrants ne recevaient pas de soutien financier. Ils auront désormais droit à une allocation quotidienne de 15 $. « On avait des taux d’abandon très élevés. Là, c’est pour eux un incitatif, non seulement à s’engager dans le processus, mais aussi à le poursuivre », estime M. Fréchette.

Il se réjouit aussi que la limite de cinq ans soit levée : « Cette règle de cinq ans était problématique parce qu’elle s’appliquait pratiquement à tous les programmes de subvention avec lesquels on est financés. »

Pablo Altamirano, directeur de l’Alliance pour l’accueil et l’intégration des immigrants (ALAC), convient que l’allocation de 15 $ par jour aux immigrants en francisation à temps partiel ne représente pas une allocation de subsistance. « Mais ça va permettre aux gens de se déplacer. Pour un couple qui vient d’arriver au pays, deux cartes de métro coûtent assez cher. »

« C’est un pas dans la bonne direction. On est très mal à l’aise quand on doit refuser quelqu’un qui, pour des raisons de statut, ne peut pas se franciser. Ces gens-là vont directement aux cours d’anglais pour ne pas gaspiller leur temps », fait remarquer M. Altamirano.

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