Gaétan Barrette tâte le terrain en vue d'une candidature à la direction du PLQ

L’ex-ministre de la Santé et député libéral Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’ex-ministre de la Santé et député libéral Gaétan Barrette

Gaétan Barrette sollicite ce week-end les appuis de militants libéraux en vue d’une éventuelle candidature à la direction du Parti libéral du Québec. Pierre Moreau répète qu’il ne briguera pas la chefferie.

« Tous les défis m’intéressent. […] Peut-être qu’on va frapper à ma porte et qu’elle va s’entrouvrir », a-t-il déclaré à son entrée dans le Centrexpo Cogeco Drummondville samedi matin. Des centaines de militants du PLQ y sont rassemblés en conseil général ce week-end. Ils y apprendront les règles de la course à la chefferie. « Quand on fait une course à la chefferie, c’est pour gagner la course. Ce n’est pas simplement pour participer au débat », a ajouté M. Barrette.

L’ex-ministre de la Santé a reconnu ne pas avoir senti jusqu’à maintenant « un appui populaire, ni même dans le parti tel que ça valait la peine » qu’il se lance dans la course. « Actuellement, je ne me considère pas dans une position où j’aurais une chance raisonnable de gagner, mais peut-être qu’à la fin du congrès, ce sera différent », a-t-il affirmé dans une mêlée de presse.

M. Barrette milite en faveur d’un virage nationaliste au PLQ. Contrairement à Philippe Couillard, les ex-premiers ministres libéraux Jean Lesage et Robert Bourassa avaient adopté une « attitude très nationaliste » tout en étant des « leaders canadiens dans le développement hydroélectrique, dans le nationalisme culturel, économique… et autonomiste », a-t-il mentionné. « Ce nationalisme-là, vous ne l’avez pas senti dans le dernier mandat », a-t-il regretté.

Pierre Moreau restera pour sa part sur la ligne de touche. « Je ne suis pas dans la course et je ne serai pas dans la course. Je suis passé à autre chose », a déclaré l’ex-député de Châteauguay à la presse. Il s’est montré « serein » samedi.

Il compte néanmoins contribuer à la reconstruction du PLQ. L’ex-ministre met en garde les membres contre la tentation d’« imiter les autres » afin de gagner, de nouveau, l’appui de l’électorat. Chez les francophones, le PLQ récolte moins d’appuis que la Coalition avenir Québec, le Parti québécois et Québec solidaire. C’est qu’à peine un francophone sur dix appuie le PLQ. « Il faut surtout, surtout éviter d’essayer de se transformer dans une pâle copie de la Coalition avenir Québec. Ce n’est pas comme ça que le Parti libéral va grandir. C’est un parti qui est basé sur des valeurs », a-t-il fait valoir. À quelques jours du coup d’envoi des consultations sur le projet de loi sur la laïcité de l’État à l’Assemblée nationale, M. Moreau a rappelé que le PLQ est l’auteur de la Charte des droits et libertés de la personne. « On ne peut pas balayer cela », a-t-il souligné. Dans cet esprit, l’ex-ministre a dit réserver son appui à « la personne qui va le plus incarner les valeurs du Parti libéral », dont la première est la protection des libertés individuelles.

L’ex-chef libéral Claude Ryan avait séquencé l’ADN du PLQ. Il avait isolé sept valeurs : les « libertés individuelles », l’« identification au Québec », le « développement économique », la « justice sociale », le « respect de la société civile », l’« attachement à la démocratie », ainsi que l’« appartenance canadienne ». Jean Charest avait par la suite érigé l’« équité intergénérationnelle » en 8e valeur de l’action politique du PLQ.

Pour sa part, Dominique Anglade n’a pas fait de mystère de sa volonté à diriger le PLQ. Elle a pénétré à l’intérieur du Centrexpo Cogeco Drummondville entourée d’une douzaine de sympathisants. Elle tiendra un cocktail en soirée. « Aujourd’hui, c’est important de donner la voix aux militants », a-t-elle affirmé à son entrée au Centrexpo Cogeco Drummondville. « Il n’y a pas de candidature officielle [de ma part]. Vous savez que les règles vont être connues [dimanche]. Suite à ça, on pourra s’en parler avec plaisir. »

Marwah Rizqy décidera « en famille et en équipe » si elle pose sa candidature.

D’autres détails suivront.