Saint-Adolphe-d’Howard: le gouvernement Legault sermonne Hydro-Québec

 La construction de la ligne Grand-Brûlé–Saint-Sauveur ne s’est pas faite sans dommages pour l’environnement.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir  La construction de la ligne Grand-Brûlé–Saint-Sauveur ne s’est pas faite sans dommages pour l’environnement.

La ministre de l’Environnement MarieChantal Chassé a avisé Hydro-Québec vendredi qu’elle entendait resserrer son contrôle du chantier de la ligne haute-tension à Saint-Adolphe-d’Howard en raison des nombreuses infractions commises par la société d’État.

« La ministre avise Hydro-Québec qu’elle entend notamment lui ordonner de cesser les rejets de sédiments dans les milieux humides et hydriques susceptibles d’être affectés par le projet », signale son équipe dans un avis préalable à une ordonnance.

Mme Chassé somme aussi la société d’État d’implanter des « mesures de contrôle appropriées » sur « tout le territoire couvert par le chantier ».

Les blâmes du ministère se multiplient contre Hydro-Québec dans ce dossier.

Depuis l’été, la société d’État et ses sous-traitants ont reçu douze avis de non-conformité pour avoir contrevenu à la Loi sur la qualité de l’environnement durant les travaux. Le ministère leur a en outre imposé des sanctions de 5000 $ puis de 10 000 $ pour non-respect de la Loi.

L’été dernier, les lacs des Trois Frères et Massie avaient fait les manchettes quand leur eau est devenue complètement opaque à la suite des dynamitages d’Hydro-Québec en zone escarpée. Les dégâts s’étaient produits dans le secteur de Saint-Adolphe-d’Howard, municipalité déjà très mobilisée contre le projet. Or le Devoir révélait à la mi-novembre que des infractions avaient été commises un peu partout sur le tracé de la ligne.

Dans son avis, la ministre avertit aussi Hydro-Québec qu’elle entend l’obliger à soumettre au Ministère « un plan de contrôle des sédiments et de remise en état des milieux humides ». De plus, Hydro-Québec devra lui rendre des comptes jusqu’à 2022 sur la remise en état du site.

Le projet Grand-Brûlé–Saint-Sauveur vise à mieux fournir en électricité la couronne nord de Montréal, où le réseau peine à répondre à la demande. Le chantier doit normalement prendre fin en juin prochain.

Chez Hydro-Québec, on s’est engagé vendredi à « prendre connaissance de l’avis avec humilité ». « Nous allons poursuivre nos efforts afin d’éviter la sédimentation », a répondu le porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. « D’ailleurs, parmi les actions qui nous sont demandées plusieurs sont déjà planifiées. »