«Occupation triple» dans certaines prisons du Québec

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, dénonce l’«occupation excessive» de plusieurs prisons québécoises.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, dénonce l’«occupation excessive» de plusieurs prisons québécoises.

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, dénonce l’« occupation excessive » de plusieurs établissements de détention, où jusqu’à trois personnes s’entassent dans des cellules « sales et surchargées d’effets personnels ».

« Une telle situation risque de contribuer à propager certaines maladies » et à « génére[r] des tensions », souligne-t-elle dans son rapport annuel d’activités 2017-2018. Celui-ci a été déposé jeudi avant-midi à l’Assemblée nationale.

En plus de perdurer dans l’établissement d’Amos, le « problème » du « triplement cellulaire » existe dans ceux de Hull et de Trois-Rivières — « sur une base moins régulière toutefois et dans certains secteurs seulement », précise Mme Rinfret. « La situation reste néanmoins préoccupante », ajoute-t-elle.

« Les cellules en occupation triple sont munies de deux lits superposés. La troisième personne dort sur un matelas à même le sol. Certains de ces matelas sont dépourvus d’un recouvrement permettant la désinfection. Les cellules sont sales et surchargées d’effets personnels. Une telle situation risque de contribuer à propager certaines maladies », avertit-elle.

L’équipe de la protectrice du citoyen a également constaté que des « personnes évaluées comme ayant un profil de dangerosité marquée » ont dû partager leur cellule avec un ou deux autres détenus. « Un tel contexte génère des tensions entre les personnes incarcérées. La situation est particulièrement critique en été : la température grimpe alors vite dans les cellules bondées et non climatisées, ce qui augmente le niveau de tension », signale-t-elle.

Le ministère de la Sécurité publique indique de son côté avoir résorbé la pénurie de places en milieu carcéral depuis la visite de membres de l’équipe de la protectrice du citoyen.

Néanmoins, « les établissements de détention n’arrivent pas à respecter leur obligation d’offrir aux personnes incarcérées des conditions de détention humaines et sécuritaires », a déclaré Marie Rinfret en conférence de presse, jeudi.

Le rapport de la protectrice du citoyen en chiffres

45 000

La protectrice du citoyen se désole de voir 45 000 personnes à faible revenu privées du crédit d’impôt pour solidarité en raison de l’adoption de nouvelles pratiques par le gouvernement québécois.

Depuis juillet 2011, les prestataires de l’aide financière de dernier recours doivent demander leur remboursement de TVQ au moyen de leur déclaration de revenus. Or, environ 45 000 d’entre eux ne produisent pas de déclaration de revenus et, conséquemment, ne bénéficient pas de ce remboursement auquel ils ont pourtant droit.

« Seule la mise en place d’une mesure automatique de versement de la composante TVQ du CIS permettrait aux personnes les plus vulnérables de bénéficier de la mesure », fait valoir Mme Rinfret.

12 %

Les services de l’Aide financière aux études demeurent difficilement accessibles par téléphone. En août 2017, sur 188 969 appels reçus, 22 704 seulement ont donné lieu à une réponse, soit 12 %, a appris la protectrice du citoyen. Elle presse le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur d’« apporter les correctifs appropriés ».

291

Face à l’ampleur des inondations printanières, qui ont affecté 291 municipalités en 2017, le ministère de la Sécurité publique a mis sur pied un programme particulier d’aide financière. La protectrice du citoyen déplore les longs délais de traitement des demandes d’aide financière, dont « bon nombre » est imputable au ministère de la Sécurité publique.

« Pour les citoyennes et citoyens, la communication avec les analystes responsables s’est souvent avérée ardue : difficulté à joindre ces analystes, absence de rappel téléphonique ou encore de suivi à des courriels ou à des documents acheminés, fréquents changements d’interlocuteur », note-t-elle.