Legault impute la responsabilité des fermetures à son prédécesseur

L’entrepôt central de Rona, à Boucherville
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’entrepôt central de Rona, à Boucherville

Le premier ministre François Legault impute la responsabilité de la fermeture de neuf magasins Rona au Québec, dont un en plein coeur de sa circonscription, L'Assomption, à son prédécesseur.

« C'est le résultat des libéraux », s'est-il contenté de lancer aux journalistes qu'il a trouvé sur son chemin dans les couloirs du Parlement lundi après-midi.

Je trouve ça plate ce qui arrive. C'est à la suite d'une décision du gouvernement libéral. Vous pouvez être certains qu'au gouvernement de la CAQ on va s'assurer de tout faire pour ne pas perdre d'autres sièges sociaux. Mais, là il est trop tard. Il faut regarder en avant. 


Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s'est dit pour sa part « soucieux » du sort des employés qui perdront leur gagne-pain.

Son cabinet a demandé à Loew’s de préciser le nombre d’employés qui seront mis à pied, ainsi que l’accompagnement qui leur sera offert.

 « Le gouvernement est sensible aux préoccupations des employés qui voient leur magasin fermer aujourd’hui. On va suivre de proche les décisions de l’entreprise à la lumière des engagements pris dans le contexte de la transaction », a affirmé son attaché de presse, Mathieu St-Amand.

En revanche, M. Fitzgibbon voit d’un bon œil la consolidation des opérations de Lowe’s à son siège social de Boucherville, ce qui entraînera la fermeture de centres du quincaillier américain à Mississauga, en Ontario.

Le pas de recul effectué par Loew’s au Québec était « prévisible », mais n’en demeure pas moins « malheureux », soutient le Parti québécois. « Ça déstructure le tissu économique », a déploré Martin Ouellet, évoquant les fournisseurs qui seront laissés en plan.

L’élu du Parti québécois demande au premier ministre « économique » et « nationaliste » comment il compte s’y prendre afin que les fleurons du Québec deviennent des « conquérants », plutôt que des « conquis ».

Dans cet esprit, la députée solidaire Ruba Ghazal demande la tenue d’une commission parlementaire notamment sur le rôle d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt dans l’acquisition de Rona par le quincaillier américain, une idée à laquelle la Coalition avenir Québec avait souscrit en 2016.

« Est-ce que la CAQ est toujours d’accord avec une commission parlementaire ou ce n’était que des paroles en l’air ? Avec le changement de gouvernement, il y a une occasion à ne pas rater pour préciser le rôle d’Investissement Québec et de la Caisse de dépôt. Le premier ministre Legault peut prouver qu’il est réellement différent du Parti libéral et expliquer son plan pour protéger les travailleurs et fournisseurs locaux », a affirmé Mme Ghazal par voie de communiqué.

Silence radio au PLQ

Aucun élu libéral, y compris la porte-parole en matière d’économie, Dominique Anglade, n’était disponible aujourd’hui pour réagir à la fermeture annoncée des neuf magasins Rona au Québec, a indiqué l’attachée de presse de l’opposition officielle lundi midi.

À l’hiver 2016, la ministre Dominique Anglade avait approuvé la transaction faisant passer le fleuron québécois dans les mains de l’américaine Lowe’s. « Ce qui est important pour nous, au gouvernement du Québec, c’est de nous assurer que [le nombre d’]emplois ici sera maintenu, voire augmenté. Ce qui est important, c’est que les bannières Rona soient maintenues. Ce qui est important, c’est qu’on ait un siège social qui vienne s’installer ici. Ce sont les garanties que nous avons obtenues », avait-elle déclaré à la presse.

« Ils [les libéraux] sont gênés aujourd’hui », estime l’élu péquiste Martin Ouellet deux ans et demi après la conclusion d’une « mauvaise transaction » pour le Québec. La Caisse « n’avait pas joué son rôle » de blocage, comme elle aurait dû le faire. « Ç’est Rona, avec l’aide de la Caisse, qui aurait dû acquérir Lowe’s », a-t-il poursuivi.