«On sait à quelle enseigne il loge»

Le député Simon Jolin-Barrette, à qui François Legault confie le dossier délicat de la réforme de l'immigration.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député Simon Jolin-Barrette, à qui François Legault confie le dossier délicat de la réforme de l'immigration.

Il n’y a pas de très grande surprise devant la nomination de Simon Jolin-Barrette comme ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI). Au contraire. En raison des dossiers, notamment la laïcité, que ce député réélu dans Borduas a portés alors qu’il était dans l’opposition, le milieu de la diversité sait plutôt à quoi s’attendre.

« On sait à quelle enseigne il loge », a dit Émilie Nicolas, cofondatrice de Québec inclusif, faisant référence aux déclarations du député sur l’interdiction du port de signes religieux pour les personnes en situation d’autorité.

« Il y a des organismes, des syndicats qui se sont déjà déclarés contre sa position. […] La Ville de Montréal aussi. Je sens que son mandat ne sera pas facile, car il y aura des gens sur son chemin. »

Mme Nicolas s’est inquiétée du manque d’ancrage de la Coalition avenir Québec à Montréal, berceau et lieu de vie de cette diversité.

« Le MIDI, peut-être avec le ministère des Finances, est un des seuls basés à Montréal, dont la réalité se vit principalement ici. C’est un gouvernement qui n’est pas nécessairement là pour gouverner pour tous les Québécois, craint-elle. Ça pose la question de savoir s’il y aura véritablement une écoute. »

La Table de concertation des organismes au service des réfugiés et des immigrants (TCRI) donnera une chance au coureur, qui est l’homme de confiance de M. Legault et qui occupera également la fonction de leader parlementaire. D’autant qu’il est rare qu’un ministre de l’Immigration ait autant de pouvoir, souligne Stephan Reichhold, directeur de la TCRI.

« C’est plutôt bon pour attirer l’attention sur des dossiers et aller chercher des ressources. On a vu des ministres de deuxième zone [occuper cette fonction], mais lui, ça risque d’être un avantage. »

Il déplore que le côté humanitaire, soit le parrainage et l’accueil des réfugiés, ne semble toutefois pas faire partie du discours du nouveau ministre.

La TCRI se dit préoccupée par le fait de ramener la question de la laïcité dans les mains de la personne qui gérera les dossiers de l’Immigration. « On ne voit pas vraiment le lien », a dit M. Reichhold.