Le dernier conseil des ministres réunit d’éventuels adversaires

Le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, a indiqué qu’il s’assurera qu’aucun des candidats pressentis pour la course à la direction du parti ne profite d’un avantage qui serait dû à sa fonction au sein de l’équipe.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, a indiqué qu’il s’assurera qu’aucun des candidats pressentis pour la course à la direction du parti ne profite d’un avantage qui serait dû à sa fonction au sein de l’équipe.

Le doyen des candidats pressentis à la chefferie du Parti libéral du Québec, Pierre Moreau, ne tient pas compte de l’appel de son confrère Carlos Leitão à confier les rênes du PLQ à une autre génération. Il n’y a pas d’âge pour incarner le « changement », a-t-il fait valoir jeudi.

Pierre Moreau est âgé de 60 ans, comparativement à 44 ans pour Dominique Anglade, 36 ans pour André Fortin, 43 ans pour Sébastien Proulx et 46 ans pour Alexandre Taillefer.

« Le premier ministre [désigné François Legault] est peut-être un petit peu plus vieux que moi, alors je pense que ce n’est pas un âge qui est incorrect. Et j’imagine qu’il va être sur les rangs pour la prochaine élection. Alors, j’ai l’impression que je me qualifie encore », a déclaré le ministre sortant, qui a perdu le 1er octobre l’appui des électeurs de Châteauguay.

« Si on est d’avis que le résultat de la dernière élection est une élection basée sur le changement, le changement est incarné par quelqu’un qui est plus vieux que moi. Alors, j’ai l’impression que, [pour] passer le flambeau, il faut avoir des gens aussi qui guident le flambeau. »

À quelques mètres de lui, Carlos Leitão, qui a 62 ans, a une fois de plus déclaré que le successeur de Philippe Couillard devrait être, selon lui, quelqu’un d’une « autre génération » que la sienne.

M. Moreau ne s’en est pas offusqué. L’avocat, qui était tiré à quatre épingles comme à son habitude jeudi, « veu[t] participer à la reconstruction » du PLQ. « Il faut que d’ici quatre ans on soit capables de faire une proposition basée sur un parti solide, qui est reconstruit », a-t-il plaidé, promettant de « demeurer dans l’entourage ».

Le ministre des Transports sortant, André Fortin, a avoué faire partie de ce groupe d’élus lorgnant la chefferie. « C’est important que le parti ait une vraie réflexion à faire. Que les candidats potentiels à la chefferie aient une vraie réflexion à faire. On est en réflexion », a-t-il révélé. Le député réélu de Pontiac a affirmé avoir été invité à sauter dans l’arène. « Il y a des gens qui sont très gentils avec nous, disons », a-t-il lancé le sourire en coin.

Arcand aura Proulx à l’oeil

Moins de 24 heures après avoir été élevé au poste de leader parlementaire de l’opposition officielle, Sébastien Proulx a nié mener une « course officieuse » à la direction du PLQ. Il a réfuté les commentaires voulant que les pouvoirs associés à ses nouvelles fonctions lui donnent un avantage indu dans la course. « Elle n’existe pas aujourd’hui, cette course-là. Et lorsqu’il y aura des règles mises en avant par le parti, il y aura des gens qui prendront des décisions », a-t-il dit.

Il a convenu que les officiers d’un parti — comme le leader — « ne sont pas actifs dans une course ». « Alors, vous aurez compris que je suis un officier du Parti libéral du Québec », a-t-il ajouté, laissant entendre qu’il renoncera à ses fonctions actuelles s’il décide de briguer la chefferie du PLQ.

Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, a dit pour sa part qu’il prendra toutes les « précautions » nécessaires afin qu’aucun député — à commencer par ceux songeant à briguer le poste de chef — ne se sente lésé, à tort ou à raison, par M. Proulx. « Je vais être présent chaque fois qu’on va discuter de qui prend la parole [à l’Assemblée nationale] par rapport à quoi, quand on va faire la sélection du cabinet fantôme [et] des gens qui vont travailler autour. Il faut faire attention à ça », a lancé le prochain chef de l’opposition officielle. « Mais, écoutez, il ne faut pas non plus s’empêcher d’opérer », a-t-il ajouté, avant de filer vers l’édifice Honoré-Mercier.

Le dernier Conseil des ministres présidé par Philippe Couillard s’en est tenu à une seule nomination : celle d’Yves Ouellet — le candidat du premier ministre désigné, François Legault — au poste de secrétaire général du gouvernement. Les ministres se sont abstenus de nommer dans la fonction publique des membres de leur personnel politique. M. Legault avait demandé à son prédécesseur de renier la tradition. Celui-ci s’est exécuté.