Les nouveaux élus de Québec solidaire veulent incarner la différence

Les nouveaux élus de QS arrivent avec l’intention de garder leur « fraîcheur » dans un monde parlementaire plombé par le poids des traditions.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Les nouveaux élus de QS arrivent avec l’intention de garder leur « fraîcheur » dans un monde parlementaire plombé par le poids des traditions.

À la fin de leur première conférence de presse, vendredi après-midi, les dix députés de Québec solidaire (QS) ont étonné les journalistes par un geste inusité en politique : ils se sont fait spontanément un câlin et des bisous.

Ce comportement atypique est à l’image du style que le parti se propose d’adopter à l’Assemblée nationale : « Jouer à l’intérieur du cadre tout en le bousculant », a résumé Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS.

Huit des dix élus solidaires font leur entrée en politique. Ils ont tout à apprendre. M. Nadeau-Dubois est un des deux « vétérans » de QS, même s’il a tout juste un an et demi d’expérience en tant que député (il a été élu dans une élection partielle en mai 2017). Manon Massé, elle, entame un deuxième mandat de quatre ans.

Les nouveaux élus de QS arrivent avec l’intention de garder leur « fraîcheur » dans un monde parlementaire plombé par le poids des traditions. Catherine Dorion a déjà réalisé l’ampleur du défi de garder sa personnalité dans ce milieu feutré : la députée de Taschereau, à Québec, se fait encore parler de la tuque et du t-shirt qu’elle portait en montant sur scène, en direct à la télévision, le soir de sa victoire.

On parle beaucoup de la politique comme quelque chose de bien cadré

 

Ses bottes Dr. Martens noires ont aussi fait jaser lors de l’enregistrement de Tout le monde en parle, jeudi soir. « Va falloir que tu les fasses shiner », a ajouté en riant un responsable de l’organisation du parti, vendredi après-midi.

« On parle beaucoup de la politique comme quelque chose de bien cadré, a dit Catherine Dorion. C’est très difficile de faire différemment. Je pense que même sur la forme, il y a des combats à mener pour que tous les Québécois puissent regarder leurs politiciens et sentir que ça pourrait être eux, ce qui n’est pas le cas en ce moment. C’est un combat que ça va me plaire de mener. »

La députée, comédienne et écrivaine est consciente qu’elle devra respecter le code vestimentaire de l’Assemblée nationale. Et enlever sa tuque en arrivant au boulot. Son collègue Sol Zanetti, professeur de philosophie au collégial, élu lui aussi dans la région de Québec, devra se mettre au complet-cravate.