La CAQ refuse de dire si le libéral Guy Ouellette lui sert d’informateur

Guy Ouellette
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Guy Ouellette

La Coalition avenir Québec (CAQ) compte des « sources », dont elle protège jalousement l’identité, a reconnu François Legault mercredi, dans la foulée de révélations sur le présumé coulage d’informations à son parti de la part du député libéral Guy Ouellette.

Dans cet esprit, il refuse net de confirmer ou d’infirmer que le député de Chomedey fait partie de sa liste d’informateurs. « Je veux garder confidentielles nos sources d’information avec tous les députés, incluant Guy Ouellette », a-t-il affirmé, lors d’un arrêt de son autobus de campagne à Tadoussac.

La CAQ a-t-elle entre ses mains des informations confidentielles concernant d’enquêtes policières en cours ? « Il faudrait voir », a répondu M. Legault. La CAQ a-t-elle obtenu des informations sensibles liées à l’enquête Mâchurer, qui porte sur le financement du Parti libéral du Québec, de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ? « Pas à ma connaissance », a-t-il rétorqué.

Le Journal de Montréal a révélé mercredi matin que deux adresses courriel associées à Guy Ouellette ont servi à transmettre à la CAQ des informations visant à embarrasser le gouvernement de Philippe Couillard.

Rien ne permet cependant de confirmer que le député libéral est bel et bien celui qui a envoyé les messages. Guy Ouellette a dit au Journal de Montréal n’avoir « aucun souvenir d’avoir transmis des informations à l’aile parlementaire caquiste ».

Les courriels au coeur de cette affaire laissent entendre que l’ex-organisateur libéral Pietro Perrino aurait tenté de cacher à Investissement Québec la véritable provenance d’une entreprise de l’homme d’affaires Luigi Coretti afin que celle-ci profite d’une aide financière. Les éléments de cette correspondance ont été dévoilés par la CAQ en décembre 2016.

Couillard réitère sa confiance

La présence du nom de Guy Ouellette dans des captures d’écran de ces courriels n’entame pas la confiance du chef libéral envers son député. « S’il fait partie de mon équipe, c’est que je lui fais confiance », a-t-il attesté mercredi.

Il a nié être embarrassé par cette affaire. « Je pense que les citoyens ont le goût d’avoir un autre député libéral et c’est lui le candidat. Il va être élu [dans Chomedey], je crois », a-t-il affirmé.

François Legault a reproché à son adversaire de ne pas prendre cette affaire au sérieux. « Moi, je trouve cela très grave qu’un député du Parti libéral dise : “Je suis prêt à même sortir de l’information parce que mon chef n’a pas pris une bonne décision, parce que mon chef a nommé un petit ami libéral qui n’aurait pas dû être nommé, parce qu’il est au coeur du scandale des FIERS au Saguenay-Lac-Saint-Jean” », a-t-il poursuivi. Les FIERS (Fonds d’intervention économique régionale) étaient financés en partie par des fonds publics. Au moment où l’échange de courriels controversé a été dévoilé, en 2016, Pietro Perrino en dirigeait deux.

Pietro Perrino a été nommé secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif en juillet 2014 par le gouvernement Couillard. Mais ses jours dans les hautes sphères de l’État sont comptés, a averti M. Legault. « C’est sûr qu’un gouvernement de la CAQ ne gardera pas Pietro Perrino », a-t-il annoncé. Un gouvernement caquiste serait disposé à « négocier » sa sortie de la fonction publique, à défaut de quoi il pourrait le « met[tre], comme on dit dans le jargon “sur une tablette” ». « On ne donnera pas de responsabilités à Pietro Perrino », a-t-il assuré.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a prié Philippe Couillard de « faire des vérifications ». « M. Couillard a une grave question à se poser aujourd’hui. […] Si c’est vrai, M. Couillard doit se demander si M. Ouellette peut représenter le Parti libéral dans Chomedey. Parce que si c’est vrai, c’est un manque de loyauté qui est inacceptable à l’intérieur d’un caucus », a-t-il déclaré.

Avec Guillaume Bourgault-Côté

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