«Je ne ferai pas de cadeaux aux amis» de Couillard, dit Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

François Legault fait une mise en garde à Philippe Couillard : en cas de victoire de la Coalition avenir Québec, il désapprouverait toute nomination au sein de la fonction publique faite par le premier ministre sortant.

« Il n’y en aura pas », a-t-il affirmé sans détour lors d’une mêlée de presse dans le secteur Buckingham de Gatineau dimanche. « Moi, je ne ferai pas de cadeaux à trois amis de Philippe Couillard et de les nommer et de leur donner une job à vie », a-t-il ajouté.

M. Legault romprait ainsi avec la tradition voulant qu’un « premier ministre élu » acquiesce sans brocher à la désignation de quelques collaborateurs du « premier ministre sortant » dans l’administration publique. Mais, annulerait-il des décrets de nominations adoptés par le gouvernement de Philippe Couillard au lendemain d’une éventuelle défaite électorale ? « Moi, je préférerais qu’il n’en fasse pas », s’est contenté de dire M. Legault dimanche.

Le « sujet » des « nominations » de dernière minute surgit habituellement durant les périodes dites de « transition », c’est-à-dire entre l’élection d’un parti politique et la prestation de serment des membres du nouveau gouvernement, à commencer par le premier ministre. Après la défaite électorale du Parti québécois, Philippe Couillard et Pauline Marois s’étaient rencontrés le 16 avril 2014. « Comme le veut la tradition, le premier ministre élu a accepté la nomination de trois collaborateurs de la première ministre. Deux d’entre eux réintègrent la fonction publique, un troisième y est nommé pour la première fois. Il s’agit de Marc‑André Beaulieu, de Stéphane Dolbec et de Patrick Lahaie », avait indiqué le cabinet de la première ministre dans la foulée de la rencontre. Le Conseil des ministres que Mme Marois présidait a par la suite adopté les décrets de ces nominations.

En 2012, Mme Marois avait consenti à ce que le premier ministre sortant, Jean Charest, désigne comme sous-ministre adjointe notamment Chantal Landry, qui s’était valu le surnom de « Madame Post-it » durant les audiences de la Commission Bastarache. Mêlée à la controverse malgré elle, la nouvelle chef du gouvernement a revu les responsabilités confiées à Mme Landry par son prédécesseur.

« Je trouve ça cynique ce qui est arrivé avec Madame Post-it. Madame Marois avait accepté de nommer trois personnes. C’est comme une vieille tradition : le nouveau premier ministre accepte trois nominations qui viennent de l’ancien premier ministre. Moi, je trouve que c’est dépassé. C’est une façon de faire d’un autre siècle. Aujourd’hui, on nomme des personnes compétentes », a affirmé M. Legault dimanche.