Couillard défend le silence de son candidat dans Laurier-Dorion

George Tsantrizos n’a accordé que deux entrevues: une au journal «Métro» et l’autre au réseau canadien Odyssey TV.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir George Tsantrizos n’a accordé que deux entrevues: une au journal «Métro» et l’autre au réseau canadien Odyssey TV.

Le chef libéral, Philippe Couillard, a défendu dimanche le silence de son candidat George Tsantrizos, qui refuse de s’adresser aux journalistes des médias nationaux depuis le début de la campagne électorale.

« Il n’y a pas de droit constitutionnel à qui que ce soit de répondre à des entrevues », a-t-il fait valoir. « C’est un choix de type de campagne qu’il fait. »

Dans les dernières semaines, l’équipe de George Tsantrizos a décliné des demandes d’entrevue formulées par Le Devoir, La Presse, Le Journal de Montréal, Radio-Canada et le Huffington Post.

Manque de temps, volonté de faire une campagne « locale » : l’entourage du candidat dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion a utilisé différentes raisons pour justifier son refus de parler aux journalistes. Seul le réseau canadien Odyssey TV et le journal Métro ont eu la permission de s’entretenir avec lui.

« S’il désire davantage et surtout parler à ses médias du coin, il a l’entière liberté de le faire. […] Il n’y a aucune instruction de ma part ou de notre part de ne pas parler aux médias, je vous l’assure », a réitéré Philippe Couillard. Plus tôt dans la campagne, le chef libéral a reproché à la Coalition avenir Québec de limiter les présences médiatiques de ses candidats.

Dimanche, François Legault n’a donc pas manqué l’occasion de s’amuser du boycottage des médias que semble mener George Tsantrizos. « On me dit que ces deux candidats-là [dans Taillon et dans Laurier-Dorion] habitent chez Gaétan Barrette », a lancé le chef caquiste. Il faisait référence à la campagne timide que mènerait le candidat dans Taillon, Mohammed Barhone, depuis qu’il a été rabroué par Philippe Couillard pour avoir déclaré que la CAQ veut faire le « nettoyage de l’immigration ».

Pas de questions sur Sklavounos

George Tsantrizos a été l’attaché politique du député Gerry Sklavounos pendant une dizaine d’années. Il est resté à son service après que le député eut été exclu du caucus libéral en octobre 2016, dans la foulée d’allégations d’agression sexuelle. Gerry Sklavounos ne fait face à aucune accusation.

Et d’ailleurs, « il faut rejeter » les tentatives de culpabilité par association, a souligné Philippe Couillard. « Ce n’est pas parce que quelqu’un a côtoyé quelqu’un d’autre que, par association, il devient associé à ce qui est reproché à cette personne », a-t-il affirmé.

Dans une réponse transmise au Journal de Montréal, le Parti libéral du Québec a attesté vendredi n’avoir jamais interrogé George Tsantrizos sur le comportement et les gestes de Gerry Sklavounos.

Or le parti n’en avait visiblement pas avisé son chef. « Comment vous pouvez dire que ça n’a pas été fait ? » a demandé Philippe Couillard dimanche, lorsque les journalistes lui ont posé des questions sur le processus de vérification de son parti.

« On a toujours vérifié ça, on a toujours vérifié son comportement, de tous les candidats. Mais je vais m’opposer fortement à toute tentative de culpabilité par association », a-t-il ensuite répété. Le PLQ a refusé de faire d’autre commentaire sur le sujet.

Avec Marco Bélair-Cirino


 
1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 24 septembre 2018 04 h 39

    Leçon de libéralisme...

    Leçon de libéralisme : Quand on a rien à dire et qu'on veut quand même se présenter en politique, il vaut mieux se taire et laisser les autres parler.
    On récolte alors le vote mou de tous ceux qui choisissent, par volonté de conservation de leurs avantages ou par crainte que le pire n'arrive, de ne rien changer. Et lorsque ceux-ci sont les plus nombreux, grâce à la propagande grossière et/ou aux cadeaux politiques dorés, sans se fatiguer un brin, on gagne nos élections...
    Je pense simplement que dans le cas de figure actuelle, les libéraux les plus expérimentés de l'équipe Couillard l'ont bien fait comprendre à Monsieur Tsantrizos.

    Tourlou !