Lisée ne veut pas qu’on se fie au Lisée des écrits

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Le Jean-François Lisée des écrits n’est pas le Jean-François Lisée de la politique active, a prévenu le principal intéressé mardi. « Plutôt que de perdre du temps avec nos écrits passés, discutons de nos propositions actuelles », a-t-il plaidé.

« Je suis ouvert au débat, je suis quelqu’un qui propose des choses », a souligné M. Lisée en point de presse. Il était interrogé sur un segment du débat des chefs de la veille, où François Legault lui a demandé d’expliquer pourquoi il a soutenu « il n’y a pas longtemps » l’idée de fusionner les cégeps francophones et anglophones.

M. Lisée a répliqué qu’il ne propose rien en ce sens. Mais dans un blogue publié en 2009 sur le site de L’Actualité, M. Lisée avançait bel et bien l’idée qu’il faut « fusionner les cégeps en un seul réseau » où tous les cégépiens recevraient 75 % de leur formation en français, et 25 % en anglais.

Mais bon : cette idée n’est plus valide, a-t-il dit mardi. « Je suis très content d’avoir passé des années à réfléchir à des sujets importants. […] J’ai avancé plusieurs scénarios que j’ai soumis au débat public, qui ont été débattus et qui ont évolué avec le temps vers une position que je considère la meilleure, et qui est celle que je propose maintenant. »

« Ce qu’on met au jeu aujourd’hui, a-t-il poursuivi, c’est la position que j’ai développée quelques années après ce blogue-là. Lorsque j’entends des arguments valables, je les intègre à ma position. Et j’évolue. »

En 2018, donc, M. Lisée propose que les étudiants anglophones fassent au moins une session dans un cégep francophone — mais plus question de fusionner qui que ce soit. Une épreuve uniforme de français devrait aussi être réussie par les anglophones pour obtenir leur diplôme d’études collégial.

M. Lisée, auteur et journaliste à la plume prolifique (il alimente toujours régulièrement son blogue personnel, depuis son entrée en politique), ne croit pas que ses nombreuses prises de position passées puissent semer chez les électeurs un doute sur la constance de ses idées.

« Il y a mon côté givré. Mais mon côté intellectuel, c’est que je vais au fond des choses, je prends le risque d’avancer des propositions, de les mettre au débat. Les propositions que vous avez vues quand j’étais candidat au leadership sont pour l’essentiel dans le programme du PQ, et c’est après réflexion ce qui me semble être le mieux. »