Commissions scolaires: les anglophones ne sont pas convaincus par la CAQ

Selon le président du QCGN, l'abolition de commissions scolaires promise par François Legault récolte peu d’appuis dans la communauté anglophone.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Selon le président du QCGN, l'abolition de commissions scolaires promise par François Legault récolte peu d’appuis dans la communauté anglophone.

La communauté anglophone du Québec est heureuse d’avoir pu évaluer les promesses des différents partis lors du premier débat en anglais télévisé présenté lundi soir, mais elle n’est toujours pas convaincue par les explications de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui souhaite abolir les commissions scolaires.

« Tous les chefs ont présenté leur plateforme d’une manière très facile à comprendre. Le débat a donné un peu de détails sur leur caractère, en plus de leurs politiques, donc je pense que ça a été utile et historique », affirme d’entrée de jeu le président du Quebec Community Groups Network (QCGN), Geoffrey Chambers, qui représente plus de 50 organismes communautaires de langue anglaise à travers le Québec.

M. Chambers se réjouit de voir que certains sujets qui interpellent la communauté anglophone ont été abordés de front, comme la préservation du Secrétariat aux relations avec les anglophones et la livraison de soins de santé en anglais. Il ne croit cependant pas que la CAQ est parvenue à marquer des points dans le dossier des commissions scolaires.

« [François] Legault a exprimé ses intentions de façon très claire, mais je crois qu’il va dans une direction qui a très peu d’appuis dans notre communauté », note-t-il.

Structures « importantes »

La CAQ promet d’abolir les commissions scolaires pour les remplacer par des centres administratifs. Elle propose du même coup de mettre fin aux élections scolaires, dont les taux de participation sont historiquement anémiques.

« Nos commissions scolaires sont des structures qui sont très importantes en matière de livraison de services de formation et d’éducation, mais pour plusieurs communautés situées en régions éloignées ou même à Montréal, les ressources des commissions scolaires sont importantes pour leur survie », souligne M. Chambers.

« Si toutes les décisions importantes sont prises au sein du ministère, il y aura très peu de pouvoir discrétionnaire accordé aux commissions scolaires », craint-il.

Influence incertaine

Le président du QCGN n’est pas prêt à dire si le débat de jeudi influencera le vote des anglophones, qui ont l’habitude d’appuyer massivement le Parti libéral du Québec. Peu importe la formation qu’ils appuieront le 1er octobre, il croit que les électeurs ont pu apprendre à connaître les différents chefs, y compris Manon Massé de Québec solidaire.

Malgré son anglais hésitant, Mme Massé a « démontré un certain charme, une certaine ouverture, une connaissance intéressante des politiques en matière d’environnement et de petite d’enfance », énumère M. Chambers.

Ce dernier espère qu’après une première expérience concluante, le débat des chefs en anglais deviendra une tradition électorale au Québec.