Cadre financier: le PQ puiserait dans la poche des médecins

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, se targue d’avoir un cadre financier conforme aux prévisions officielles.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef péquiste, Jean-François Lisée, se targue d’avoir un cadre financier conforme aux prévisions officielles.

Le Parti québécois (PQ) compte piger 4 milliards de dollars dans les poches des médecins pour financer ses engagements électoraux pour les élèves en difficulté, les enfants en service de garde, les personnes âgées et d’autres citoyens parmi les plus vulnérables.

Le chef Jean-François Lisée a réaffirmé jeudi qu’un gouvernement péquiste prendrait « tous les moyens à sa disposition », y compris la négociation, une loi spéciale ou une bataille devant les tribunaux, pour annuler les hausses de rémunération consenties aux médecins par le gouvernement Couillard.

Le cadre financier du PQ, présenté jeudi matin à Montréal, prévoit une hausse de dépenses de 3,3 % sur quatre ans. Le budget de la Santé et des Services sociaux augmenterait de 4,7 %, et celui de l’Éducation et de la Culture de 3,6 %.

Les engagements du parti sont évalués à 1,4 milliard à terme — moins que la Coalition avenir Québec (CAQ), qui estime ses promesses électorales à 2,6 milliards, et moins que le Parti libéral (engagements de 2,4 milliards). Le PQ estime qu’il est plus généreux que les autres partis, parce que certains de ses engagements s’autofinancent ou sont financés à même des fonds existants.

Le cadre budgétaire du PQ a été établi d’après les prévisions du ministère des Finances, qui ont été approuvées par la vérificatrice générale trois jours avant le déclenchement de la campagne électorale.

« Généreux et économe »

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et la CAQ ont établi leurs promesses sur des hypothèses de croissance économique plus optimistes que celles du ministère des Finances et de la VG, ce qui a gonflé artificiellement leurs revenus potentiels, a dénoncé Jean-François Lisée lors d’un point de presse.

« On a une façon de gérer l’État qui est généreuse et économe, a dit le chef péquiste. Nous avons préparé ce cadre financier avec en tête l’absolue nécessité de ne jamais retomber dans les compressions budgétaires pour nos élèves en difficulté, les résidents en CHSLD […] et les soins à domicile. »

Les deux engagements les plus coûteux du PQ sont d’offrir un tarif réduit dans les centres de la petite enfance (470 millions à terme) et d’améliorer les soins à domicile pour les personnes âgées (400 millions).

Un crédit d’impôt pour s’occuper des aînés priverait l’État de 399 millions à terme. Le PQ augmenterait aussi le financement des organismes communautaires (200 millions) et l’aide aux enfants handicapés ou ayant une déficience intellectuelle (114 millions), créerait un seuil minimum de professionnels dans les écoles (101 millions) et réduirait la charge de travail des préposés et des infirmières (150 millions).

En plus d’annuler toutes les hausses de rémunération des médecins, un gouvernement péquiste imposerait une série de taxes totalisant 468 millions aux banques et aux « super riches ». Pour « amortir le choc des compressions libérales », le Parti québécois pigerait aussi 1 milliard de dollars sur trois ans dans la réserve de stabilisation créée pour absorber une éventuelle dégradation de l’économie.

De son côté, Québec solidaire propose d’aller encore plus loin que le PQ et d’augmenter les revenus de l’État québécois de 12,9 milliards dollars à la fin d’un premier mandat, en taxant davantage les riches et en rouvrant l’entente avec les médecins spécialistes.