Le PLQ tire ses prévisions de croissance vers le haut

Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, a présenté mercredi le cadre financier du Parti libéral du Québec aux côtés des candidats Carlos Leitão et Dominique Anglade.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, a présenté mercredi le cadre financier du Parti libéral du Québec aux côtés des candidats Carlos Leitão et Dominique Anglade.

Le Parti libéral du Québec a relevé sans avertissement ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2018. En effet, il a biffé le « 2,1 % » qui figure sous la rubrique perspectives économiques de son rapport préélectoral, qui a reçu la bénédiction de la vérificatrice générale il y a trois semaines, pour inscrire « 2,3 % ».

En haussant de 0,2 point de pourcentage la croissance du PIB, quelque 200 millions supplémentaires apparaissent comme par magie dans la colonne des revenus attendus par l’État québécois. Un montant qui lui permettra de couvrir, en partie, le coût de ses promesses électorales évaluées à 2,45 milliards de dollars par année à terme.

« L’année 2018 a commencé en force. Après cinq mois, la croissance affichait un rythme annuel de 3,2 %, loin devant la projection de 2,1 % figurant au budget 2018-2019. Et on croit que la croissance économique va demeurer ferme dans les années à venir, même s’il existe des facteurs de risque », s’est justifié le premier ministre sortant, Philippe Couillard, lors de la présentation de son cadre financier, mercredi.

Le PLQ mise désormais sur une croissance du PIB réel de 1,8 % en 2019, 1,6 % en 2020, 1,4 % en 2021 et 1,4 % en 2022. C’est 0,1 point de plus que les prévisions prévues pour ces années en juin dernier. Les nouvelles prévisions demeurent « prudentes et inférieures à celles du secteur privé », a souligné le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Malgré cela, le PLQ table sur une croissance économique inférieure à celle anticipée par la CAQ. En effet, le parti politique de François Legault mise sur une hausse du PIB réel de 1,8 % en 2021 et 2022.

« Consternation », « doigt d’honneur », « tricherie » : le Parti québécois s’est montré insulté par le cadre financier de ses adversaires. « Les libéraux ont décidé d’enlever les lunettes sérieuses et rigoureuses de la vérificatrice générale pour mettre des lunettes roses, comme la CAQ », a lancé Véronique Hivon.

Promesses coûteuses

Philippe Couillard s’est engagé à augmenter les dépenses de l’État à hauteur de 2,45 milliards par année à terme ―1,2 milliard dans l’« amélioration des services à la population », 1,2 milliard « dans la poche des Québécois » ― soit 220 millions de moins que la CAQ (2,67 milliards).

À elles seules, les promesses d’accorder une allocation annuelle de 150 $ à 300 $ par enfant aux parents (380 millions), d’instaurer la gratuité des services de garde éducatifs à l’enfance pour les enfants de 4 ans (250 millions) et d’offrir la gratuité du transport en commun aux étudiants et aux aînés (200 millions) coûteront 830 millions par année.

D’autre part, le PLQ prévoit une croissance des dépenses minimale de 4,2 % par année en santé et de 4 % par année en éducation. Pour maintenir l’équilibre budgétaire, M. Couillard utilisera les « marges de manoeuvre » de 950 millions par année dégagées par l’État.

François Legault a dit voir dans le cadre financier des libéraux un document « non responsable » et « beaucoup moins [réaliste] que celui de la CAQ ». « Ils disent avoir 2,4 milliards de dépenses, mais il y a d’autres dépenses cachées dans le cadre », a-t-il suggéré.

Avec Guillaume Bourgault-Côté et Marie-Michèle Sioui