Un discours à revoir sur l'immigration

Le Devoir s’est tourné vers quatre anciens politiciens de toutes allégeances pour connaître leurs impressions sur la campagne en cours. Aujourd’hui, l'ex-député solidaire Amir Khadir prend la parole. Propos recueillis par Améli Pineda.

Le thème de l’immigration s’invite dans la campagne électorale. Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, estime même que l’immigration est « la question de l’élection ». Qu’en pensez-vous ?

C’est en effet un gros enjeu, où les uns pensent que c’est le niveau d’immigration qui est le problème et les autres se disent qu’il ne faut surtout pas l’aborder parce que c’est du racisme ou de la xénophobie. Je pense que Gabriel Nadeau-Dubois a eu le mot juste. Ce n’est pas une question de chiffres, mais plutôt une question de ressources. Que ce soit en francisation ou en d’autres choses, il faut y consacrer les ressources appropriées. Il faut surtout arrêter d’en parler d’une manière qui exagère le problème […] Moi, j’aimerais mieux que M. Legault consacre un peu moins son temps à s’alarmer inutilement des seuils d’immigration, mais qu’il nous parle des seuils pour combattre les changements climatiques.

Québec solidaire a dévoilé son cadre financier complet cette semaine. Certains adversaires ont critiqué le choix du parti de le faire par voie de communiqué, évitant les questions des médias. Pensez-vous qu’une conférence de presse aurait été nécessaire ?

QS a pris les devants. Ç’a été le premier parti à s’engager en présentant dès le début de la campagne ses sources de revenus. Depuis, ils font des annonces très claires et détaillées sur chacun de leurs projets et rien n’empêche les journalistes et commentateurs de leur poser des questions. J’espère qu’on ne va pas s’arrêter à ce genre de détails.

À quelques jours du débat des chefs, que doit faire Manon Massé pour se démarquer sachant que c’est lors de cet important rendez-vous que l’ancienne porte-parole Françoise David avait séduit plusieurs Québécois ?

Françoise a des forces indéniables que tout le monde reconnaît, mais je crois que Manon va surprendre. C’est une personne qui a une grande écoute. Elle a montré avec le temps qu’elle connaît très bien l’essentiel de ses dossiers et la préparation qui lui a été fournie, dans les dernières semaines, je pense, consolide tout ça. Ça va faire bientôt quatre ans qu’elle est à l’Assemblée nationale. Elle a de l’expérience accumulée, de l’assurance; je l’ai vue dans un autre contexte en débat avec les trois autres chefs et j’ai pleinement confiance dans le fait qu’elle va très bien se débrouiller. Là où j’aurai envie de lui faire une suggestion, c’est de ne pas se laisser tenter d’embarquer dans les jeux d’accusations et de foire d’empoigne dans lesquels, malheureusement, parfois, ce genre de format entraîne les gens. Si elle démontre la même empathie et la même capacité d’écoute qu’elle a su démontrer dans plusieurs contextes, je pense qu’elle va sortir la tête haute, sinon gagnante […] C’est une femme spontanée et je pense que ça pourra lui servir, tant qu’elle ne se laisse pas dicter le débat par les autres et qu’elle les invite à rester sur ce qu’ils ont à offrir, plutôt que d’aller dans les attaques véhémentes.

14 commentaires
  • Marc O. Rainville - Abonné 11 septembre 2018 05 h 13

    L’autobus solidaire

    Je trouve dommage que pas un seul journaliste ne se trouve dans l’autobus électoral de QS. C’est comme si nos grands médias prenaient pour acquis que les jeux sont faits. Dans ces conditions, s’il n’y a personne pour assuster aux conférences de presse, comment se surprendre que QS communique par voie de communiqué !?

    • Christiane Gervais - Abonnée 11 septembre 2018 10 h 09

      Québec solidaire est déjà sur-représenté dans les médias, y compris celui-ci.

    • Patrick Boulanger - Abonné 11 septembre 2018 10 h 52

      Pour le dévoilement du cadre financier solidaire, il y aurait probablement eu des journalistes que se seraient déplacer pour l'évènement. Il n'est pas nécessaire de voyager dans l'autobus pour assister au dévoilement.

  • Patrick Boulanger - Abonné 11 septembre 2018 06 h 43

    « J’espère qu’on ne va pas s’arrêter à ce genre de détails. »?

    M. Khadir erre ici, à mon avis. Mais bon... je n'aimerais pas être à sa place pour devoir répondre à cette question du dévoilement du cadre financier de QS par voie de communiqué.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 septembre 2018 15 h 08

      Plus précisément (votre intervention a piqué ma curiosité):

      "Effet de la dissolution sur les députés

      Au moment de la dissolution, l’Assemblée cesse d’exister et les députés cessent d’en être membres.

      Par contre, les personnes suivantes demeurent en fonction :

      le président et les vice-présidents de l'Assemblée, jusqu'à l'élection de leurs successeurs lors de la 1re séance d'une nouvelle législature;
      le premier ministre et ses ministres, jusqu'à la cérémonie de prestation de serments du nouveau Conseil des ministres (cette cérémonie se déroule habituellement dans les jours qui suivent l'élection générale)."

      Tiré du site de l'Assemblée nationale - de ce lien: http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse

    • Raymond Labelle - Abonné 11 septembre 2018 20 h 04

      Oups - M. Boulanger, cette réponse était en fait destinée à M. Théberge - ci-dessous.

  • Gilles Théberge - Abonné 11 septembre 2018 09 h 27

    Je suis outré de voir Amir Khadir s’exprimer ici en tant que chroniqueur...!

    Monsieur Khadir est si je ne m’abuse encore député jusqu’au 21 septembre.

    Le Devoir est indécent.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 septembre 2018 15 h 04

      M. Khadir n'est plus député depuis la dissolution de l'Assemblée nationale par le lieutenant-gouverneur le 28 août 2018 car la dissolution de l'Assemblée législative met fin à la législature.

      Chaque semaine, il y a un un.e ex-député.e de chaque parti représenté à l'Assemblée nationale qui, un jour différent, fait une session question-réponse de ce type.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 septembre 2018 20 h 05

      Plus de détails ci-dessus - par erreur j'avais mis l'intervention sous celle de M. Boulanger plutôt qu'ici.

  • Gilbert Talbot - Abonné 11 septembre 2018 10 h 25

    QS ignoré des médias

    Je ne dis pas complètement ignoré, parce que les médias parle aussi de QS, car il le faut bien, vu que QS fait parti de la course. Mais, comme QS est le quatrième parti dans les sondages on ne prend pas le temps d'analyser vraiment son programme. On retient plutôt comment les autres chefs définissent QS: un parti de rêveurs, faibles sur l'économie et dépensier, comme le disait François Legault en y associant le PLQ, ou comment avec la même flèche atteindre deux cibles.

    Pour ce qui est de Manon Massé, j'espère que le débat lui permettra de sortir de la caricature sordide où on la dessine avec une énorme moustache, pour faire ressortir sa différence évidente. Elle-même exploite sa différence avec un humour beaucoup plus suave. Oui Amir, Manon peut et va nous surprendre par son écoute, sa pondération et sa sincérité. Et oui, elle connaît fort bien ses dossiers: tout ce qu'il faut c'est de parler calmement, mais fermmment, car le programme qu'elle défendra est certainement le meilleur pour l'avenir du peuple Québécois.

  • Serge Dussault - Abonné 11 septembre 2018 11 h 35

    Pâle copie du Parti Libéral.....

    Voyons c'est évident....QS dépense plus d'énergie à défendre les intérêts de tous les peuples de la planète......sauf le peuple québécois. Ils sont absents de toutes les revendications concernant la langue, les valeurs...notre existence quoi.
    D'ailleurs je me demande de qui ils sont vraiment solidaires....
    Parti libéral et QS dans le même panier.....

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 11 septembre 2018 16 h 42

      Il semble que QS est un parti créé pour diviser le vote francophone.

      Lors des prochaines élections, la division des francophones pourrait mener à leur minorisation, comme on l'a vu aux dernières élections générales.

      Aux dernières élections, le néfaste angélisme du parti Québec solidaire nous a valu un gouvernement de droite avec les libéraux aux commandes. Québec solidaire poursuit de bonnes intentions largement partagées dans le public, mais il est devenu l'allié objectif du gouvernement du PLQ qui a sévi ces dernières années. Ce parti m'apparait hypocrite sur la question de la souveraineté.

      C'est triste et navrant.