Un meilleur sort pour les infirmières

Les candidates Vanessa Roy (QS), Gertrude Bourdon (PLQ), Diane Lamarre (PQ) et Danielle McCann (CAQ) ont croisé le fer, mercredi, lors du débat organisé par la FIQ.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les candidates Vanessa Roy (QS), Gertrude Bourdon (PLQ), Diane Lamarre (PQ) et Danielle McCann (CAQ) ont croisé le fer, mercredi, lors du débat organisé par la FIQ.

Les quatre aspirantes au poste de ministre de la Santé se sont engagées, mercredi, à adopter une loi sur les ratios infirmières-patients et à éradiquer le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

« Tous les partis […] semblent enfin comprendre la détresse des professionnelles en soins et s’engagent à agir », s’est réjouie Nancy Bédard, la présidente du plus important syndicat infirmier, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui organisait le débat entre les candidates des quatre principales formations politiques.

La crise qui secoue les infirmières s’incarne notamment dans la dénonciation du TSO, auquel elles sont contraintes en raison de la pénurie de personnel et de l’explosion des congés de maladie.

Pour y mettre fin, la candidate du Parti libéral du Québec Gertrude Bourdon assure que le TSO pourrait être « éliminé complètement d’ici deux ans ». Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), Danielle McCann affirme que c’est « une urgence » : si on peut l’éradiquer « à l’intérieur d’un an, on va le faire », a-t-elle assuré.

Du côté du Parti québécois, Diane Lamarre promet que son parti débloquerait un fonds d’urgence de 10 millions de dollars. « Je pense qu’on ne devrait pas permettre le TSO », a-t-elle déclaré.

Québec solidaire, qui avait dépêché la candidate Vanessa Roy, promet aussi d’éliminer le TSO. La preuve que c’est possible ? L’Hôpital général juif y est arrivé, a affirmé la physiothérapeute.

Nancy Bédard juge tout à fait réaliste l’abolition du TSO. « On a des solutions. Si des postes sont ouverts massivement, si on a les budgets, si on a des ratios en place, on va être en mesure de diminuer et d’éradiquer le TSO et la rétention dans le réseau va se faire », a-t-elle assuré.

Pérennité pour les ratios

Les quatre candidates se sont aussi engagées à donner suite aux projets « ratios » négociés par la FIQ au coeur de la crise des infirmières cet hiver. Ces projets-pilotes, qui sont en cours, permettront d’évaluer l’effet de différents ratios infirmier/patients dans des milieux de soins différents, comme des CHSLD ou des départements de chirurgie.

Les quatre partis se montrent ouverts à l’idée d’adopter une loi pour assurer la présence d’un certain nombre d’infirmières à la fois, selon les résultats des projets-pilotes.

Cette loi devrait toutefois être assez souple pour pouvoir modifier les ratios au besoin, a fait valoir Valérie Roy. Pour Diane Lamarre, il importe également qu’un « organisme indépendant » détermine « ce qui est dans l’intérêt de la santé et de la sécurité des patients ». Toutes ont souligné l’importance de l’ajout de ressources pour y arriver. « On n’attendra pas [une loi] pour ajouter [du personnel] », a fait valoir Gertrude Bourdon, qui a vanté les mérites de l’affichage « massif » de postes. « Il faut avoir l’argent pour mettre les ressources en place », a fait valoir Danielle McCann, qui a mis en doute que les augmentations prévues par les libéraux au budget de la santé suffisent.

Ce fut pour le reste un débat civilisé entre les candidates, dont les visions, parfois dissemblables, suscitaient un consensus sur plusieurs enjeux. La candidate libérale s’est toutefois montrée agacée par la vision de ses adversaires. « Entendre que tout va mal, je trouve ça indécent, pour ceux qui travaillent », a dit aux journalistes celle qui promet de « consolider » la réforme mise en place par l’actuel ministre, Gaétan Barrette.