Le candidat du PQ écarté juge son propos sur le bacon «rigolo»

Invité à commenter cette affaire, le chef du PQ, Jean-François Lisée, s’est dit très mécontent.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Invité à commenter cette affaire, le chef du PQ, Jean-François Lisée, s’est dit très mécontent.

Le candidat du Parti québécois qui a été mis à l’écart dans Drummond–Bois-Francs pour avoir tenu des propos islamophobes sur les réseaux sociaux revendique son droit « d’avoir des idées différentes ».

Pierre Marcotte a été invité à se retirer de la campagne électorale après qu’un blogueur du nom de Xavier Camus eut exposé ses publications controversées sur le Web.

Selon des captures d’écran de sa page Facebook — qui a été effacée dans les dernières heures —, Pierre Marcotte proposait d’interdire l’islam « comme on interdit les pitbulls » et de faire manger du bacon aux migrants qui arrivent au pays. « Refus de manger ? Refus d’entrer », lançait-il.

Le militant de 46 ans partageait aussi des publications des groupes identitaires La Meute et Atalante Québec, ainsi que du Rassemblement national, le parti politique français d’extrême droite précédemment connu sous le nom de Front national.

C’est la seconde fois que le Parti québécois est mis dans l’embarras par un candidat, après la mise à l’écart en mai de la candidate Muguette Paillé pour des raisons similaires.

Lisée de mauvaise humeur

Invité à commenter cette affaire, le chef Jean-François Lisée s’est dit très mécontent. « J’ai été de très mauvaise humeur ce matin quand j’ai appris ça », a-t-il déclaré en marge d’une annonce sur les congés parentaux à Nicolet. « J’ai reçu les excuses du directeur général du parti ce matin. Il y a quelqu’un qui n’a pas fait son travail. […] Ce qui est important, c’est que ce monsieur n’est pas candidat du Parti québécois. »

À un journaliste anglophone qui lui demandait ce que lui inspiraient certains propos de M. Marcotte, il a rétorqué, en anglais, « du dégoût ».

« Nous sommes en désaccord fondamental avec certaines de ses opinions. Nous considérons que l’islam est une religion aussi respectable que les autres, a-t-il aussi affirmé. C’est la radicalité d’une frange religieuse qui pose problème. »

Liberté d’expression

En entrevue au journal local L’Express, M. Marcotte a dit regretter que le Parti québécois l’ait mis de côté sans lui permettre de s’expliquer. « Je croyais que la liberté d’expression existait encore », a-t-il mentionné, avant d’ajouter « qu’on a le droit d’avoir des idées différentes ».

Pierre Marcotte assure s’être « moqué gentiment » de l’islam. « Mon commentaire sur les tranches de bacon, pour vrai, j’ai trouvé ça juste rigolo. Je ne croyais pas que ça aurait choqué autant », a-t-il poursuivi.

Pierre Marcotte, qui a été investi dans la semaine du 21 août, est passé entre les mailles du filet, reconnaît Gabrielle Lemieux, présidente du Parti québécois, en entrevue au Devoir.

Dès la réception du bulletin de mise en candidature, une enquête aurait dû être menée par le parti. « Mais ça n’a pas été fait », dit-elle.

Le directeur général du parti passe en entrevue toutes les personnes qui souhaitent se présenter sous la bannière péquiste. Le Parti québécois n’a pas été en mesure de nous indiquer si cela avait été fait avec Pierre Marcotte.

Gabrielle Lemieux soutient que l’homme était un « nouveau militant », que l’exécutif local ne « connaissait pas beaucoup ». Une autre candidate avait été pressentie pour la circonscription, a-t-elle soutenu. Les membres de l’exécutif local n’ont pas donné suite à notre demande d’entrevue.

La présidente du parti souligne que Pierre Marcotte n’était techniquement pas encore officiellement candidat. Il devait toutefois inaugurer son local électoral mercredi soir.