Ottawa dit oui à Davie

À l’origine, Davie avait proposé à la Garde côtière un quatrième navire de plus grande taille, mais ce volet du projet n’a pas été retenu.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne À l’origine, Davie avait proposé à la Garde côtière un quatrième navire de plus grande taille, mais ce volet du projet n’a pas été retenu.

Après des mois marqués par une pression politique très forte, Ottawa a finalement officialisé vendredi son intention d’acquérir trois brise-glaces du Chantier Davie à Lévis.

« C’est un gros morceau qui vient d’être donné au Chantier Davie », a commenté le vice-président aux affaires corporatives de l’entreprise, Frédérick Boisvert. « Ça va procurer du travail pendant deux ans au Chantier. » M. Boisvert parle de « quelques centaines d’emplois » créés.

C’est un gain majeur quand on sait que l’entreprise a mis à la porte 800 personnes avant Noël faute de travail à leur donner.

Techniquement, Davie n’a pas encore le contrat et Ottawa doit laisser 15 jours à tout autre fournisseur souhaitant faire une offre, mais tout laisse croire que le chantier naval obtiendra le contrat.

Les trois navires commandés sont des brise-glaces de taille moyenne de 84 mètres de long qui seraient appelés notamment à faire du ravitaillement et du remorquage dans le Sud durant l’hiver et dans l’Arctique l’été.

Conçus par une entreprise scandinave, ils doivent être convertis en brise-glaces par le Chantier, qui les modifiera pour répondre aux besoins de la Garde côtière.

À l’origine, Davie avait proposé à la Garde côtière un quatrième navire de plus grande taille, mais ce volet du projet n’a pas été retenu.

Fortes pressions politiques

Le gouvernement Trudeau a subi de fortes pressions ces derniers mois dans ce dossier de la part de l’opposition à Ottawa, du gouvernement du Québec, d’élus de tous les horizons et des syndicats.

Tous reprochaient au fédéral de ne pas donner au chantier naval sa juste part des contrats fédéraux par rapport à Irving, dans les Maritimes, et Vancouver Shipyards.

Le premier ministre Trudeau avait de surcroît créé des attentes en janvier en annonçant qu’il comptait acquérir les brise-glaces de Lévis.

Vendredi, les syndiqués poussaient un soupir de soulagement.

« Il était temps, mais on l’accueille [l’annonce] très favorablement », a déclaré Louis Bégin, président de la FIM-CSN, à laquelle sont affiliés les trois syndicats des chantiers. « C’est une bonne nouvelle mais, pour assurer la pérennité du Chantier, il y a encore beaucoup à faire. »