La rigueur budgétaire a marqué l’opinion publique

À trois mois et demi des élections générales, le premier ministre Philippe Couillard n’a pas à rougir devant le Polimètre, estime le chercheur à l’Université Laval, François Pétry. Le hic : l’électorat québécois a toujours en tête les promesses que le gouvernement a foulées au pied en début de mandat.

L’équipe de l’Université Laval a scruté un à un les 158 engagements pris par le Parti libéral du Québec lors de la campagne électorale de 2014 pour les trier : ici les promesses tenues, là les promesses rompues.

Près de 80 % ont été remplies ou sont en voie de l’être, indique l’outil de suivi des promesses électorales. « Il a fait plus de promesses dans sa plateforme que la plupart des partis et des gouvernements qui l’ont précédé et il s’est plus efforcé à les tenir, c’est certain. Surtout lorsqu’on le compare avec son prédécesseur Jean Charest », affirme M. Pétry.

Mais, plusieurs électeurs réduisent le mandat de M. Couillard à la rigueur budgétaire imposée après le scrutin de 2014. « En théorie, les électeurs sont myopes : leur mémoire ne remonte pas à quatre ans, mais à l’année qui précède. Or, ce n’est pas le cas », souligne à gros traits le chercheur. Toute la « colère de l’opinion publique face à l’austérité » ne s’est pas estompée. Et ce, même si Philippe Couillard et Carlos Leitao ont « bien calculé leurs coups pour faire en sorte que l’année qui précède l’élection, on ouvre les vannes, on crée un tas de programmes ».

Dans le lot : le Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 et la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance.

Avec mon équipe, j’ai fait exactement ce que j’avais dit que je ferais. Il y a un élément de contrat avec les citoyens, en cette époque, qui est particulièrement important. […] Les résultats sont au-delà de mes  espérances.

Promesses rompues

Dans la liste des promesses non tenues « la plus fameuse, c’est celle de continuer à augmenter les budgets de la santé et de l’éducation », respectivement de 4 % et 3,5 % par année. « Pendant la période d’austérité, les budgets de la santé et de l’éducation n’ont pas diminué, mais n’ont pas augmenté comme prévu.

On qualifie ça de « promesse rompue », rappelle le créateur du Polimètre. Promesse de limiter la hausse des tarifs des services de garde à l’inflation ? « Rompue ». Pour plusieurs, « on est allé trop loin dans le serrage de ceinture en 2014, 2015 », estime M. Pétry.

Le premier ministre Philippe Couillard soutient qu’il ne pouvait faire autrement compte tenu de l’état des finances publiques au printemps 2014.

« Personne, personne n’avait laissé entrevoir la taille de l’impasse budgétaire à laquelle on a fait face. […] Il a fallu prendre nos responsabilités. Est-ce qu’on aurait voulu, nous, laisser couler le Québec ? Jamais », s’est-il justifié au terme de la session parlementaire vendredi.

L'« usure du pouvoir, aussi, joue un rôle » dans l’effritement des intentions de vote au PLQ, assure M. Pétry. L’appui au PLQ a fondu de 42 % à 28 % d’avril 2014 à juin 2018.

La faucheuse législative

Plusieurs projets de loi morts au feuilleton

Le projet de loi 179, réformant la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, présenté à quatre semaines de la fin de la session parlementaire.

Le projet de loi 79, qui devait faire passer le salaire de base des députés de 90 000 à 140 000 $, est lui aussi demeuré sur la glace.

Le projet de loi 174, modulant ou bonifiant les congés parentaux, a connu le même sort.

Le projet de loi 401, visant à favoriser notamment le traitement des dossiers des aînés devant la Régie du logement.

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