Jour des bilans à l'Assemblée nationale

Photo: Andrew Cribb Getty Images

Le premier ministre Philippe Couillard veut dissuader les électeurs de « prendre un risque » en optant pour le changement le 1er octobre prochain, et ce, même si l'économie québécoise tourne à plein régime.

« Pourquoi prendre un risque? C'est fragile, tout ça. Regardez l'environnement économique en Amérique du Nord et dans le monde actuellement », a-t-il déclaré vendredi, au terme de la 41e législature de l'Assemblée nationale.

Devant « l'instabilité économique [qui] est à nos portes », il appelle les Québécois à renouveler leur confiance à l'égard du Parti libéral du Québec.

L'équipe libérale a mis le Québec à l'abri d'une « catastrophe financière » en procédant « aux réformes nécessaires et importantes, même si elles ont été difficiles » au fil des quatre dernières années et demie, a-t-il fait valoir.

M. Couillard sollicite un second mandat, proposant du « renouveau ». Pour le renouveau, ça prend la continuité», a-t-il plaidé lors d'une conférence de presse sur la terrasse de l'hôtel Hilton, à Québec. « La fondation demeure toujours pour nous l'économie et la saine gestion des finances publiques parce que ça rend tout le reste possible : le renouveau du système d'éducation, [l'accroissement de] la qualité de vie, [l'amélioration de] la mobilité, [et de] l'équité. »

Entouré des membres du groupe parlementaire libéral, M. Couillard s'est félicité vendredi avant-midi d'avoir « fait exactement ce qu['il avait] dit qu['il] ferait » lors de la campagne électorale de 2014. « Les résultats sont au-delà de mes espérances », a-t-il lancé, rappelant sa promesse de créer 250 000 emplois en cinq ans. « Un an en avance, on est à 230 000 emplois », a-t-il lancé. À ses yeux, « la confiance et la stabilité incarnées par le gouvernement dans la gestion des affaires publiques » n'y sont pas étrangères.

M. Couillard s'est enorgueilli, au cours de son allocution, de ne pas avoir « mentionné une fois [le] nom » de son principal adversaire à trois mois et demi des élections générales : le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault. Il s'est toutefois permis, durant la période des questions des journalistes, d'accuser M. Legault de se défiler devant ses responsabilités de candidat au poste de chef du gouvernement. « Il n'est pas là. Il ne veut pas être là. Je pense que c'est une stratégie de sa part d'être le moins visible possible pour ne pas répondre aux questions », a-t-il affirmé.

Les membres du caucus libéral se dirigent vers la dernière période de questions de la 41e législature de l'Assemblée nationale.

 

 

Legault mise sur l'espoir

À la « campagne de peur » que mène selon lui Philippe Couillard, M. Legault a opposé l’espoir. L’espoir de « faire de l’éducation une vraie priorité nationale », de « créer des emplois payants », d’augmenter « les investissements des entreprises » et de « gérer de façon beaucoup plus efficace l’argent qui est confié par les Québécois », a-t-il énuméré, en reprenant le mot vingt fois dans une seule conférence de presse.

L’opération séduction du chef caquiste a commencé dès vendredi, avec un bain de foule au BBQ Fest de Québec. « [La campagne], elle est déjà commencée depuis longtemps ! » a lancé François Legault, visiblement ragaillardi par les sondages accordant la faveur d’une majorité d’électeurs à son parti.

« Il ne faut rien tenir pour acquis. Il faut continuer de travailler fort. Il faut mériter la confiance des Québécois », a-t-il martelé.

Voyez la déclaration de François Legault.

 

 

À son avis, la meilleure corde à l’arc caquiste est sans contredit l’économie. « Posez-vous la question : est-ce que vous aimez mieux avoir un premier ministre qui est un docteur ou un premier ministre qui est un homme d’affaires ? » a-t-il demandé, non sans que les journalistes lui fassent remarquer que les États-Unis sont actuellement dirigés par un homme d’affaires, en la personne de Donald Trump. « Si j’avais été Américain, j’aurais voté pour Hillary Clinton », a répliqué François Legault.

« Pour répondre à une certaine incertitude causée par Donald Trump, qui est le meilleur pour diversifier nos exportations ? Qui est le meilleur pour attirer les investissements des entreprises ? Qui est le meilleur négociateur ? » a-t-il encore demandé, en attaquant une fois de plus l’entente signée entre le gouvernement Couillard et les médecins spécialistes. 

François Legault, qui délaisse les points de presse et les entrevues médiatiques au profit du « terrain » depuis près d’un an, s’est félicité du succès de sa stratégie visant à mettre son équipe à l’avant-plan. « Je pense qu’aujourd’hui il n’y a plus personne qui se demande : est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre que François Legault à la CAQ ? Les gens le voient : il y a une équipe compétente qui est prête à gouverner », a-t-il dit.

Le PQ parle de conviction et de crédibilité

Malgré le recul marqué de son parti dans les intentions de vote, le chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée, a annoncé qu’il n’avait pas l’intention de revoir ses façons de faire au cours des prochains mois. « On ne doit pas changer. On doit rester vrai et authentique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, entouré de son équipe.

Alors que les libéraux tablent sur « l’oubli » et la Coalition avenir Québec, sur « la volonté de changement », le PQ entend miser sur les « convictions et la crédibilité », a-t-il lancé.

Questionné à plusieurs reprises sur l’apparente indifférence de la population envers son option, il a décoché une flèche à François Legault.

« Le seul argument qui porte la lune de miel de François Legault, c’est qu’il n’a jamais gouverné. Les gens ne se souviennent même pas qu’il a été ministre de la Santé et qu’il est responsable du fiasco des salaires des médecins. […] Ne regardez pas juste la couverture, lisez le chapitre. »

Sur le thème de la souveraineté, M. Lisée a invité les nationalistes à commencer par l’élire. « Si vous voulez faire l’indépendance, n’élisez pas des fédéralistes. C’est la première chose à faire », a-t-il dit.

Voyez la déclaration de Jean-François Lisée.

 

QS demande qu’on s’intéresse à lui

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a terminé son bilan en lançant un appel à la population québécoise. « Intéressez-vous à nous ! » a-t-elle suggéré. « Québec solidaire est beaucoup plus que la caricature qui en est faite », a-t-elle fait valoir. « Québec solidaire, c’est d’abord et avant tout, et depuis toujours […], le parti au service du peuple, et non pas au service des puissants, de l’argent, des chambres de commerce, des patrons, des multinationales. »

D’ici la campagne électorale, les solidaires s’efforceront de faire valoir leurs propositions afin de démontrer qu’ils forment un parti « cohérent [et] connecté sur les besoins des gens », a déclaré Manon Massé. Elle a insisté sur la proposition solidaire d’offrir une assurance dentaire universelle. « Chaque famille va se retrouver gagnante », a-t-elle dit.

Son collègue Amir Khadir a choisi de porter sa cravate assortie de petits cochons pour sa dernière journée à l’Assemblée nationale. Il a mis un terme à sa carrière politique en utilisant le franc-parler dont il a fait sa marque. « Jusqu’à la fin, Jean-Marc Fournier aura été le fossoyeur de l’éthique, le fossoyeur de la transparence, le fossoyeur de l’intégrité au Parlement, donc je le dédie à Jean-Marc Fournier », a-t-il lancé au sujet du port de sa cravate. Jeudi, les libéraux se sont appuyés sur un avis juridique commandé par le ministre Fournier pour voter contre un rapport de la commissaire à l’éthique, qui recommandait l’imposition d’une amende de 25 000 $ à leur ex-collègue Pierre Paradis en raison de l’utilisation qu’il a faite de ses frais de logement.

Voyez la déclaration de Manon Massé.