L’arroseur arrosé

Pendant quatre ans, la CAQ a pris plaisir à torturer la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui a finalement accouché du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État dans la plus grande douleur.

Une femme vêtue d’un niqab ou d’une burqa pourrait-elle prendre l’autobus ou passer un examen de conduite automobile ? Comment réagirait une musulmane violentée par un mari intégriste si elle se retrouvait face à une policière elle-même voilée ? D’une fois à l’autre, Mme Vallée changeait sa position, s’emmêlait dans ses explications ou perdait tout simplement patience.

Cela ne semble aujourd’hui que justice de voir François Legault s’empêtrer à son tour. Une femme pourrait-elle garder le visage couvert pour passer le « test des valeurs » que la CAQ veut imposer aux nouveaux arrivants ? En entrevue au Journal de Montréal, il a commencé par dire oui, avant de se raviser. Pas de certificat de sélection du Québec sans dévoiler son visage, a-t-il finalement tranché.

Depuis le début, le « test des valeurs » n’a causé que des ennuis à M. Legault. Quand il en a fait la suggestion, au printemps 2015, il cherchait désespérément à sortir son parti de l’ombre, peu importe le moyen, mais c’est maintenant devenu un véritable boulet.

Il a la fâcheuse habitude de lancer des propositions sans trop se soucier de leur faisabilité. Par exemple : son projet de « Baie-James du XXIe siècle », dont la rentabilité est largement mise en doute, qu’il a tenté de faire cautionner par la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, en déformant le contenu d’une conversation qui devait au surplus demeurer confidentielle.

 

En soi, le « test des valeurs » n’a rien de scandaleux ni de très original. « Pour devenir citoyen canadien, vous devez vous soumettre à un examen des connaissances comme condition à la citoyenneté. Vous devez répondre à des questions au sujet des valeurs du Canada », peut-on lire sur le site du gouvernement fédéral.

Parmi les questions qui sont données comme exemples dans le « Guide d’étude » destiné aux candidats, on trouve la suivante : « Que signifie l’égalité entre les hommes et les femmes ? »  On est là au coeur du débat sur le port de signes religieux qui enflamme la classe politique québécoise depuis une décennie.

Depuis 2009, à l’initiative du gouvernement Charest, les immigrants doivent s’engager par écrit à respecter les valeurs québécoises et à apprendre le français, s’ils ne le connaissent pas déjà. La ministre de l’Immigration de l’époque, Yolande James, avait été catégorique : « Si la personne ne veut pas signer et s’engager, elle ne pourra pas venir. »

La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes avait clamé son indignation : « Cette mesure ne peut que renforcer le clivage entre le “nous” et le “vous” qui divise déjà la société québécoise […] Cette approche divise plus qu’elle ne rassemble. Elle prône le soupçon et les préjugés face à l’étranger. » Cela ne vous rappelle pas quelqu’un ?


 

Au bout du compte, comme dans bien d’autres domaines, un gouvernement caquiste ferait sensiblement la même chose que les libéraux. À cette différence près que le « test des valeurs » forcerait les nouveaux arrivants à lire la documentation qui leur est fournie, alors qu’ils peuvent actuellement prendre un engagement sans trop savoir de quoi il retourne.

Le premier ministre Couillard a cependant raison de dire que la menace d’expulsion brandie par M. Legault en cas d’échec ne pourrait pas être mise à exécution. La CAQ le reconnaît maintenant dans sa plateforme électorale, mais elle le sait depuis le début. Une province canadienne n’a pas le pouvoir d’expulser qui que ce soit, peu importe le motif, et la nouvelle entente sur l’immigration que la CAQ souhaite négocier avec Ottawa n’y changerait rien.

Un gouvernement caquiste aura beau signaler à Immigration Canada la présence sur le territoire québécois d’une personne qui ne détient pas de certificat de sélection, cela n’aura aucun effet concret. Le gouvernement canadien ne considère pas un échec à son propre examen de citoyenneté comme un motif d’expulsion.

L’obligation de suivre des cours de français et le suivi des efforts d’intégration déployés par un immigrant que compte faire la CAQ n’assureront sans doute pas un taux de réussite de 100 %, mais cela ne pourra qu’améliorer les choses. Il était inutile d’inventer des menaces imaginaires qui n’ont fait que nuire à son image.

21 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 17 mai 2018 03 h 54

    Test de citoyenneté inutile?

    Ben à quoi sert-il alors?
    Et bien si le Canada a des droits de plus sur les arrivants, pourquoi ne pas avoir le Canada exiger le français aux arrivants? Le Canada est bilingue et devrait vouloir le devenir plus et exiger une certaine connaissance du français de tous les nouveaux arrivants. Je veux dire pour les arrivants qui s'installent hors-Québec aussi, évidemment. Ce n'est pas le rôle du Québec de maintenir et encourager le bilinguisme dans tout le pays, même s'il donne un furieux coup de pouce.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 17 mai 2018 11 h 25

      En fait, le Canada encourage effectivement l'immigration francophone, surtout l'Ontario, bien qu'insuffisamment. Ces sont d'ailleurs les immigrants francophones qui permettent des luttes pour l'éducation et l'accès aux services en français dans plusieurs provinces de l'Ouest, lorsque les francophones de longue date ont baissé les bras ou ne sont pas nombreux.

      On pourrait en conclure que l'avenir du français en Amérique passe beaucoup par l'immigration. Malheureusement, le Québec ne contribue pas toujours à ces luttes : d'un côté, les souverainistes craignent de voir disparaître cette culture du français fragile et assiégé que seul les fortifications québécoises peuvent défendre ; de l'autre, les fédéralistes (du moins les Libéraux dans les dernières années) refusent de soutenir les minorités francophones du Canada, officiellement de peur que leurs gains pourraient se traduire en revendications accrues chez notre minorité anglophone.

      Le Québec pourrait faire beaucoup plus, mais il devra pour cela sortir de sa coquille....

  • Gilles Théberge - Abonné 17 mai 2018 04 h 46

    C’était sans doute malhabile, mais au-delà de cela, ça ressemble à une marque d’incompétence, de la part de celui qui veut être premier ministre du Québec. Imaginons le nombre de sujets dans lesquels Legault est faible. Il yen a plusieurs.

    Et remarquons l’entrevue donnée par son « futur ministre des finances », qui déclare tout de go qu’il aurait pu se présenter pour le parti libéral... Aye, ça fait mal ça...

    Quel jugement a Legault ? On risque de payer pour ça, vous et moi.

  • Serge Pelletier - Abonné 17 mai 2018 05 h 58

    Vous avez parfaitement raison en mentionnant que "À cette différence près que le « test des valeurs » forcerait les nouveaux arrivants à lire la documentation qui leur est fournie, alors qu’ils peuvent actuellement prendre un engagement sans trop savoir de quoi il retourne." Tout comme vous avez parfaitement raison en mentionnant que l'expulsion est impossible - cela relève de la compétence exclusive du GV-F.

    Par contre, plusieurs pays d'Europe dont certains sacro-saints pays scandinaves ont instauré, outre de possibles expulsions, des systèmes "punitifs" allant de l'amende monétaire à la suspension ou diminution de la couverture sociale (comme la diminution entre autres des allocations de BS) en cas de non passation des tests portant sur la culture, la langue etc.

    Ici, certaines compétences sont d'exclusivités provinciales, d'autres de compétences mixtes via le pouvoir de dépenser du GV-F. Ce qui permet l'ouverture de certaines avenues comme par exemple les frais de scolarités, l'accès aux HLM, les examens de la SAAQ pour les permis de conduire (voici quelques années - votre journal entre autres - devant le taux élevé d'échecs lors des passations des examens des traducteurs en langues arabes furent autorisés à seconder les demandeurs lors des examens - ce qui est un non sens)... Il y a plein de possibilités et de manières de faire qui force ou encourage (la carotte et le bâton) à connaitre la culture et la langue majoritairement parlée d'où on s'installe. Mais encore faut-il qu'il y ait des incitatifs.

    J'écoutais, hier, les faiseurs d'opinions à TVA/LCN. Les débats étaient suréalistes, loufoques, déglindés. Tout y passait: "comment voulez-vous qu'ils veulent apprendre le français avec une allocation de formation de juste 800$ par mois (pourtant c'est déjà plus que le BS), il faut donner plus de subventions aux organismes arabes pour... et il faut toujours plus d'argent..." Avec, bien entendu, les perpétuelles accusations larvées de racisme en toile de fond

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 mai 2018 06 h 10

    La seule solution efficace, c’est celle que propose le PQ

    Une obligation de suivre des cours de français qui n’est pas accompagnée d’une obligation de réussite, voilà ce qui explique le taux médiocre d’assimilation au français depuis des décennies.

    Selon Statistique Canada, ce taux a grimpé de 35% (entre 2006 et 2011) à 40% (entre 2011 à 2016), ce qui est encore totalement inacceptable puisqu’il devrait être de 80% pour assurer la pérennité à long terme du français au Québec.

    La seule solution acceptable, c’est d’exiger — comme le veut de programme du PQ — que seuls les requérants qui ont déjà une connaissance préalable du français peuvent recevoir un certificat de sélection pour venir au Québec à titre de travailleur qualifié.

    Cela se fait déjà en Grande-Bretagne. Dans ce pays, un citoyen ne peut même pas faire venir son épouse si celle-ci ne parle pas l’anglais :
    https://www.theguardian.com/law/2015/nov/18/immigrants-spouses-must-speak-english-before-entering-uk

    Puisque la Cour suprême du Canada attache une importance absolue au droit de réunification des familles, le Québec doit étendre l’obligation de connaître le français au requérant _et son conjoint_.

    Cela est la seule solution en ce qui regarde les travailleurs qualifiés. Pour ce qui est des réfugiés, le Québec n’aura aucun pouvoir d’agir tant qu’il ne sera pas un pays indépendant.

    Cette impuissance est le prix du fédéralisme canadien.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 mai 2018 09 h 34

      J’ajouterais qu’il faut distinguer entre la connaissance et l’allégeance.

      On peut très bien savoir ce qu’est le communisme sans être d’accord avec lui.

      Le ‘Test des valeurs’ voulu par la CAQ est un test de connaissance; ce n’est pas un serment d’allégeance (c’est-à-dire un engagement solennel).

      Dans le texte ‘Le serment d’allégeance aux valeurs du pays’, je suggère que soit modifié le serment que l’immigrant doit prêter lors de la cérémonie de naturalisation, c’est-à-dire pour devenir citoyen canadien.

      Ce serment ne peut être exigé que par Ottawa. Si la CAQ veut que le gouvernement québécois ait le pouvoir de l’exiger, il lui faudra déclarer l’indépendance du Québec (ce qui n’est pas dans son programme politique, je crois).

      Par contre, si la CAQ veut exiger la _connaissance_ de valeurs dites québécoises (sans nécessairement y adhérer), elle devra en faire une condition à l’émission d’un certificat de sélection. C’est-à-dire avant que le requérant mette les pieds au Québec.

      Une fois en sol québécois, la CAQ ne peut rien exiger. Cette impuissance est le prix du fédéralisme.

      L’appartenance au Canada se paie par la soumission de la CAQ à un ordre constitutionnel décidé par l’ethnie dominante du pays. Cet ordre constitutionnel condamne le gouvernement de la CAQ à être l’intendant régional du gouvernement colonial canadian.

      Si la CAQ veut être crédible, elle doit assumer ses choix.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 17 mai 2018 09 h 51

      J'appuie votre argumentaire : aisance et persuasion sont deux qualificatifs qui exigent la rigueur nécessaire pour faire-valoir votre point de vue. Alors, pourquoi les médias ne font pas valoir les deux propositions en juxtaposition; les lecteurs seraient en mesure de discerner les avantages et les inconvénients de leur plate-forme électorale respective.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2018 09 h 44

      Il est clair qu'il faut exiger une assez bonne connaissance du français de l'immigrant économique avant son arrivée. Ça aide beaucoup à la francisation et à l’intégration. Dommage que cela ne se retrouve qu'au programme du PQ. Cela devrait faire l'unanimité parmi les partis politiques du Québec.

      Parmi les pays de l’UE, non seulement le Royaume-Uni exige la connaissance de la langue nationale des immigrants économiques avant leur arrivée sur le territoire, mais aussi : l’Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, le Liechtenstein, le Luxembourg, les Pays-Bas.

      Les pays suivants en font une exigence pour la résidence permanente : l’Autriche, l’Estonie, la Grèce, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, la République tchèque, Saint-Marin et la Slovénie. M. David donnait ces renseignements dans une chronique récente, Les limites de l’incitation, du 28 avril, ici : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/526439/les-limites-de-l-incitation

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2018 09 h 46

      Bien entendu, on ne peut avoir une telle exigence (connaissance du français avant l'arrivée) envers les réfugiés – n’ont pas nécessairement le loisir de suivre des cours de français dans leur situation. Par contre, on peut aussi assurer un suivi serré après l'arrivée menant à la francisation.

      Pour se donner une idée, en 2016, +- 58K personnes ont été admises au Québec. 60% étaient de l’immigration économique. Cette proportion était de 72% en 2013. L’afflux de réfugiés, en partie de Syrie, peut peut-être expliquer cela. En 2016, +-11K personnes étaient admises dans la catégorie « réunification familiale », soit +- 19%. Reste 27%, réfugiés.

      Détails ici : http://www.bdso.gouv.qc.ca/docs-ken/vitrine/occupa

      Les réfugiés sont généralement très reconnaissants d’être accueillies et un bon suivi peut assurer une bonne intégration. Imaginez : un stage dans une famille québécoise, comme une proportion de réfugiés syriens. Un bon suivi et une bonne intégration des réfugiés pourrait avoir un bon effet. Mais l’immigration économique demeure la plus importante.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2018 09 h 57

      Les politiques de sélection sont fondamentales, complètement et sans réserve. Il y aussi une interaction entre ces conditions et la capacité de travailler en français à ne pas négliger. Le travail est un élément-clef d’intégration. Il faudrait des mesures vigoureuses pour que l’anglais ne soit exigé que lorsque vraiment nécessaire à l’emploi et que personne dans l’entreprise ne peut « assurer » en anglais en cas de besoin.

      Je sais que, par exemple, plusieurs Maghrébins hautement qualifiés et instruits ont été admis au Québec et aussi à cause aussi de leur connaissance du français, et ont de la difficulté à trouver de l’emploi… à cause de l’exigence de l’anglais. Les Québécois sur le marché du travail ont le plus souvent déjà cette connaissance de l'anglais (mais ça ne devrait pas être nécessaire, en tout cas beaucoup moins qu'on ne l'exige).

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2018 12 h 55

      La Norvège ne fait pas partie de l'UE (deux référendums, la population n'a pas voulu), mais c'est un pays quand même bien européen. Je ne suis pas sûr pour Saint-Marin et le Liechenstein. J'écris ceci parce que j'avais nommé des pays européens ci-dessus, y compris les précédents en commençant par: "Parmi les pays de l'UE" - par contre, tous ceux que j'ai énumérés sont bel et bien des pays d'Europe occidentale.

  • Michel Lebel - Abonné 17 mai 2018 06 h 10

    Populiste et électoraliste


    La ''politique'' de la CAQ n'est en fait qu'un moyen populiste et électoraliste pour gagner les élections. Auprès de bien des personnes, cette ''politique'' sera perçue comme anti-immigration, en particulier la réduction de 20% du nombre annuel d'immigrants accueillis. C'est ce qui compte et c'est gagnant: voir ce qui se passe au pays de Trump et en Europe. Ne cherchez pas d'explications ailleurs pour ce brouillon de la CAQ.

    M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 17 mai 2018 09 h 57

      Vous avez raison, M. Lebel.

      Le pire est probablement que se faisant il va, par des moyens différents et des raisons toutes autres, directement dans le sens de la politique Libérale : diviser pour régner.

      Dans le cas des Libéraux il s'agit de créer une mentalité de peur chez les communautés issues de l'immigration pour se poser en défenseurs de leurs droits, alors qu'en fait ils désinvestissent dans tout le secteur de l'accueil depuis 15 ans expressément afin d'insuffler un esprit de ghetto.
      Cette tactique du laisser-pourrir est suivie point par point par QS, avec la nuance, si nuance est possible, que QS amalgame les nouvelles communautés à une très vague classe sociale des démunis-z'et-brimés, sans tenir compte des particularités culturelles... La culture chez QS est un pot de fleurs.
      Le PLQ a ses études de marchés pour lui. Elles sont précises à une maison près. QS ne veut surtout pas de précision, ça joue contre eux.
      La CAQ, elle, utilise la peur auprès de communautés rurales, qui connaissent peu les immigrants. Ce faisant Legault laisse les subtilités de sa stratégie aux députés régionaux, que les journaux suivent moins et qui donc peuvent laisser passer beaucoup de "petites phrases" assassines.

      Legault n'a pas le don de nager dans le flou comme l'équipe Libérale mais le résultat social reste le même. Nous le paierons cher éventuellement.

    • Colette Pagé - Abonnée 17 mai 2018 10 h 00

      Le plus regrettable : C'est que le plus souvent qu'autrement le populisme ça marche et les électeurs, comme des moutons de Panurge, de suivre la vague.

    • Raymond Labelle - Abonné 18 mai 2018 10 h 24

      Il n'est peut-être pas impossible que les seuils d'immigration soient vraiment trop élevés. Il faudrait voir comment se passe l'intégration au cours des années, entre autres au marché de l'emploi. Et bien projeter vers l'avenir (les locaux ont un taux de natalité plus bas peut-être et leur population vieillit, en tenir compte). Et comment on pourrait faire mieux pour intégrer les personnes qui immigrent, et les moyens que ça exige. Et accepter des seuils qui permettent l'intégration.

      Mais le nombre n'est pas le seul critère, ça dépend aussi de si et comment on intègre. En faisant ceci, on peut peut-être mieux intégrer plus de personnes qu'en faisant cela ou qu'en ne faisant rien ou si peu.

      Ça mérite de se pencher sur la question. Pas de façon populiste, bien sûr - en tentant d'être le plus objectif possible.