Tamara Thermitus refuse d’être destituée avant la fin de l’enquête

«Demander ma destitution ou me destituer alors que le processus devant le Protecteur du citoyen n’est pas encore terminé constitue un grave déni de justice et une entrave aux principes de justice naturelle les plus élémentaires», avertit-elle
Photo: YouTube / Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse «Demander ma destitution ou me destituer alors que le processus devant le Protecteur du citoyen n’est pas encore terminé constitue un grave déni de justice et une entrave aux principes de justice naturelle les plus élémentaires», avertit-elle

La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus, accuse les élus qui demandent sa destitution de fouler au pied les « principes de justice naturelle les plus élémentaires ».

« Demander ma destitution ou me destituer alors que le processus devant le Protecteur du citoyen n’est pas encore terminé constitue un grave déni de justice et une entrave aux principes de justice naturelle les plus élémentaires », avertit-elle dans une lettre transmise au président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, jeudi dernier.

Mme Thermitus enjoint à M. Chagnon « de voir à ce que [ses] droits soient respectés », notamment en n’entamant aucun processus de destitution, d’ici la fin de l’enquête en divulgation d’actes répréhensibles du Protecteur du citoyen la visant. Elle demande aussi d’être « entendue » par les parlementaires « au moment opportun ».

Son « témoignage » devant le Protecteur du citoyen, qui a reçu des plaintes d’abus d’autorité, de mauvaise gestion et de manque de respect envers le personnel, est « présentement en cours », précise-t-elle. Rappelons que Mme Thermitus avait demandé à la Cour supérieure d’annuler cette enquête, avant de faire marche arrière.

Mme Thermitus est absente du travail depuis octobre dernier. Pourtant, elle a employé du papier portant l’en-tête du « Bureau de la présidence » de la CDPDJ pour sa missive adressée à l’Assemblée nationale, et ce, à l’insu du président intérimaire Philippe-André Tessier.

Autres avertissements

Au cours des derniers jours, l’avocate de Mme Thermitus a transmis des lettres semblables à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, au chef péquiste Jean-François Lisée, au chef caquiste François Legault ainsi qu’aux porte-parole en matière de Justice du PQ et de la CAQ, respectivement Véronique Hivon et Simon Jolin-Barrette.

Mme Hivon et M. Jolin-Barrette avaient tous deux demandé la semaine dernière à Mme Thermitus de démissionner après avoir pris connaissance du rapport de l’ex-sous-ministre Lise Verreault. « [Mme Thermitus] ne nous a pas démontrés [sic], par ses actions depuis son entrée en fonction, qu’elle a la capacité et les compétences managériales pour réaliser ces changements importants et redresser la situation », peut-on lire dans le rapport commandé par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

Mme Hivon et M. Jolin-Barrette ont demandé, une nouvelle fois, à Mme Thermitus de renoncer à la présidence de la CDPDJ. Le gouvernement libéral n’appuiera aucune démarche visant à destituer Mme Thermitus de la CDPDJ avant le dépôt du rapport d’enquête du Protecteur du citoyen. « Il n’y aura rien avant la fin de l’enquête », a indiqué l’attachée de presse de Mme Vallée, Isabelle Marier-St-Onge, éloignant la perspective d’un vote de destitution.

L’Assemblée nationale aura-t-elle en main le rapport d’enquête du Protecteur du citoyen avant la fin de la session parlementaire prévue le 15 juin prochain ? Le Protecteur du citoyen refuse de répondre à toute question sur le sujet.