Commission des droits de la personne: Tamara Thermitus doit partir, selon un rapport

La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Tamara Thermitus
Photo: CDPDJ La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Tamara Thermitus

La présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Tamara Thermitus, doit quitter ses fonctions et être remplacée par un gestionnaire d’expérience, a conclu le rapport de l’ex-sous-ministre Lise Verreault, commandé par le gouvernement Couillard.

« Dans le cas présent, la présidente, qui possède une excellente réputation en droit et de grandes compétences juridiques, ne nous a pas démontrés [sic], par ses actions depuis son entrée en fonction, qu’elle a la capacité et les compétences managériales pour réaliser ces changements importants et redresser la situation », peut-on lire dans les recommandations du rapport.

À la lumière des conclusions « très dures et sans équivoque », la députée péquiste Véronique Hivon a réclamé la démission de Tamara Thermitus, au nom du Parti québécois. Le député caquiste Simon Jolin-Barrette lui a emboîté le pas. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a refusé d’en faire autant, rappelant que cette décision relève de l’Assemblée nationale.

« Il faudra donner à la commission de l’oxygène et il faudra pourvoir assez rapidement [le poste] du ou de la vice-présidente jeunesse », a-t-elle déclaré, indiquant qu’une candidature intéresséepar ce poste s’est finalement désistée lundi.

Mme Vallée en a profité pour souligner la « feuille de route remarquable » de la présidente de la CDPDJ, indiquant que les difficultés ne sont généralement pas le fait « d’une seule personne ».

Tamara Thermitus est en arrêt de travail depuis octobre, après qu’une enquête du Protecteur du citoyen eut été ouverte pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse. Elle n’a pas encore indiqué si elle renoncerait à son poste, malgré que le gouvernement lui a récemment enjoint de le faire.

L’enquête du Protecteur du citoyen est toujours en cours.

De gros problèmes à la Commission

Dans le rapport, l’ancienne sous-ministre souligne toutefois que Mme Thermitus a eu raison de remettre en question les pratiques de la CDPDJ, qui éprouve d’énormes difficultés.

« [Elle a] soulevé de nombreuses questions qui sont, à notre avis, tout à fait pertinentes et légitimes », écrit Mme Verreault. Six présidents se sont succédé en moins de cinq ans, y compris les intérims.

En tout, vingt recommandations pointent les différents problèmes de l’organisation, tant sur le plan de la gouvernance que de la gestion des délais, des ressources humaines et des communications. Dans sa conclusion, l’ex-sous-ministre laisse entendre que, le climat étant « chargé d’émotion », il devient d’autant plus urgent de procéder rapidement à des nominations au bureau de la présidence afin de « stabiliser la CDPDJ ». Elle suggère aussi de revoir la structure juridique de l’organisation pour régler ses problèmes de fonctionnement.

Dans un communiqué, le tout nouveau président par intérim de la Commission, Philippe-André Tessier — Camil Picard, qui assurait l’intérim avant lui, a démissionné en mars dernier —, a dit qu’il allait examiner « avec sérieux » les recommandations du rapport Verreault.

Ce dernier avait été commandé l’automne dernier par la ministre Vallée. Celle-ci dit en avoir reçu une première version le 15 décembre dernier, mais par la suite, des rencontres additionnelles ont été effectuées pour mener à sa version définitive datée du 29 avril.

Entre-temps, Mme Thermitus avait entrepris de poursuivre le Protecteur du citoyen, sommant la Cour supérieure d’annuler l’enquête qu’il menait à son endroit. Ces poursuites ont finalement été abandonnées.