Les élus «choqués» et «déçus» par les allégations concernant Éric Salvail et Gilbert Rozon

Consternation et solidarité à l’Assemblée nationale, où des élus ont salué jeudi le courage des personnes qui ont dénoncé les producteurs Gilbert Rozon et Éric Salvail, en plus d’exprimer de l’accablement quant aux allégations de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle rapportées dans les médias.

« Il y a la situation de M. Rozon qui s’ajoute à la situation de M. Salvail, mais aussi à bien d’autres que les gens ont voulu dénoncer. Ces deux personnes-là sont connues […], ce sont des modèles pour la population, et là, les modèles sont un peu déboulonnés », a convenu la ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David. « Il se passe quelque chose en ce moment [...] et nous devons saluer ce changement de culture », a-t-elle ajouté.

Québec a d’ailleurs annoncé jeudi l’octroi immédiat d’une subvention d’un million de dollars aux organismes venant en aide aux victimes de violences sexuelles. « Nous prévoyons une hausse » des demandes, a déclaré la ministre Lucie Charlebois. 

Elle n’a pas fourni le nombre d’organismes qui pourront toucher de nouveaux montants. 

Juste avant, en Chambre, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, avait réclamé cinq millions de dollars en réinvestissement pour les organismes de soutien aux victimes de violences sexuelles. « On est en train de vivre un changement social important », a-t-il aussi affirmé. « Des personnes en autorité, des personnes populaires, des personnes qui se croyaient dans une zone d'impunité apprennent que des gestes inacceptables seront désormais "inacceptés", que des gestes qu'ils croyaient pouvoir commettre en privé viendront dans le domaine public et qu'ils devront rendre des comptes. »

Voyez la réaction de la ministre Hélène David

 

 

Imprescriptibilité et cours d’éducation à la sexualité

Les élus sont à la fois « choqués » et « déçus » par M. Rozon, a souligné le député caquiste Simon Jolin-Barrette. « C’est fort important de dénoncer, et la CAQ appuie ces victimes dans leur dénonciation. Je pense que c’est important d’envoyer un message clair aux victimes, celles qui sont sorties, mais également celles qui n’ont pas brisé le silence non plus. Vous savez, la société est là pour vous soutenir », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse.

Le chef de son parti, François Legault, a salué «le courage des victimes qui prennent la parole». «Mais surtout, ne les laissons pas seules. Quand on est témoin d’un geste déplacé, dénonçons-le sur le champ», a-t-il suggéré.

Simon Jolin-Barrette est revenu à la charge avec son projet de loi 596. Celui-ci vise à rendre imprescriptibles les recours judiciaires civils pour les victimes d’agression à caractère sexuel. « [Ce faisant], les victimes aujourd’hui vont pouvoir entreprendre des démarches judiciaires contre leurs agresseurs et être indemnisées, a-t-il fait valoir. Parce que, vous savez, lorsqu’on est agressé sexuellement, il y a des conséquences en matière psychologique, en matière physique. Il y a des coûts associés à ça, ça brise des carrières parfois, ça brise des vies également, alors c’est très sérieux. »

La députée solidaire Manon Massé a pour sa part demandé au gouvernement libéral de contraindre les écoles primaires et secondaires à offrir un cours d’éducation sexuelle. « Ça fait près de 15 ans qu’au Québec, nos enfants n’ont aucun cours d’éducation sexuelle ou de saines relations à l’école. Ils apprennent ça où ? Ils apprennent ça sur Internet. Rien pour nous aider à déconstruire ce qui est nécessaire de déconstruire, c’est-à-dire cette culture d’appropriation du corps et de domination de l’esprit des femmes, cette culture d’abus dans les relations qui fait que nos relations sont parfois extrêmement malsaines, qu’elles soient hétérosexuelles, homosexuelles », a-t-elle dit.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, encourage les enseignants à offrir des contenus d’éducation à la sexualité, mais se garde pour le moment de les imposer.

« Examen de conscience »

La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Maryse Gaudreault, a dit souhaiter que « tout le monde » fasse un « examen de conscience pour faire en sorte que tous les milieux de travail soient exempts de harcèlement ». « Je pense que tous les éléments sont en place pour qu’une personne qui se croit victime de harcèlement puisse faire un appel, faire des rencontres, et peut-être déposer une plainte. […] Je pense que ce qu’on vit ces jours-ci, ça démontre qu’il a une légitimité à dénoncer, chose qu’il n’y avait pas dans le passé », a-t-elle déclaré à la presse. « Je trouve ça très déplorable que des femmes aient subi ce type de situations », a-t-elle poursuivi.

 

Voyez la réaction de la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Maryse Gaudreault

 

4 commentaires
  • Guy Boucher - Abonné 19 octobre 2017 11 h 33

    Comme mentionné par Manon Massé ... serait peut etre temps de regarder du coté de l'internet et de son influence sur le comportement des jeunes et moins jeunes ds ce cas ci .

    • Cyril Dionne - Abonné 19 octobre 2017 16 h 55

      Il n'y avait pas d'Internet lorsque les curés de l'église catholique abusaient des enfants qui leurs étaient confiés. Ce n'est pas le fusil qui est en cause, mais bien la personne derrière celui-ci et le laisser aller des autres qui ferment tout simplement les yeux devant des situations intolérables. Plusieurs de nos « stars » étaient au courant de la situation et ont tout simplement tournés la tête pour ne pas voir et entendre.

    • Guy Boucher - Abonné 20 octobre 2017 12 h 11

      Tout a fait d accord avec vous ... mais en 2017 ... l internet n aide pas la cause avec tout ce que l on y retrouve et la facilité d acces par les jeunes ...

  • Donald Bordeleau - Abonné 20 octobre 2017 20 h 05

    Aide pour les harceleur aussi.

    La corruption n'est pas puni, mais l'agression sexuelle est criminel. Chercher l'erreur.

    Les journalistes d'enquêtes ont demandés à Jean-Marc Fournien s'il avait été informer en 2012 de la situation que Sklavounos avait les mains baladeuses.

    Il faudra faire comme les employées d'Olympique Canada qui signalait l'arrivée au bureau de Aubut par un Alerte Marcel.