Le PQ exhorte Québec solidaire à se dissocier d’accusations de racisme

Dans une lettre officielle envoyée lundi, le président du PQ, Raymond Archambault, invite QS à ne pas «tomber dans les accusations grossières».
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Dans une lettre officielle envoyée lundi, le président du PQ, Raymond Archambault, invite QS à ne pas «tomber dans les accusations grossières».

Le Parti québécois (PQ) exhorte le comité de coordination de Québec solidaire (QS) à se dissocier fermement et publiquement des accusations « mensongères » de racisme à son endroit véhiculées lors du dernier congrès de QS.

Dans une lettre officielle envoyée lundi, dont La Presse canadienne a obtenu copie, le président du PQ, Raymond Archambault, invite QS à ne pas « tomber dans les accusations grossières qui visent à ternir la réputation d’un interlocuteur ».

Il souligne que l’exécutif national du PQ a adopté une résolution demandant que QS se dissocie des propos « inadmissibles » qui n’ont pas fait l’objet de rappels à l’ordre de la part des modérateurs des instances lors du congrès de QS, les 20, 21 et 22 mai derniers à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Plusieurs solidaires avaient pris le micro pour accuser le PQ de racisme et de xénophobie pour les positions du parti sur la laïcité.

Les solidaires ont du même coup rejeté l’idée d’une alliance électorale avec le PQ, qui aurait eu pour but de déloger les libéraux aux élections de 2018.

Dans sa lettre, M. Archambault écrit que les militants du PQ sont outrés de constater que la direction de QS ait toléré ce genre de propos.

« L’engagement du Parti québécois pour la laïcité et pour la défense de notre identité nationale est ouvert et raisonnable », peut-on y lire. « Il est soutenu par une majorité de Québécoises et de Québécois qui croient, comme nous, qu’il est pertinent de définir les balises du vivre-ensemble. »

« Lorsque des accusations de racisme sont proférées et tolérées, comme ce fut le cas lors de votre congrès, c’est non seulement les militants de notre formation politique qui sont insultés, mais également la population québécoise qui appuie une approche résolue, équilibrée et responsable en matière d’identité », ajoute-t-il.

Khadir souhaite que le PQ « se ressaisisse »

Loin d’excuser les propos tenus lors du congrès de mai, le député de QS, Amir Khadir, a défendu le droit des militants de s’exprimer quant à la façon dont ils ont vécu l’épisode de la Charte des valeurs, une politique du PQ « destructrice et nocive ».

« Les personnes qui ont parlé et à qui on reproche d’avoir tenu ces propos ont parlé à partir de leurs expériences. [...] Encore aujourd’hui, certaines d’entre elles vivent ce débat toxique, vivent les conséquences de ces plaies ouvertes, vivent les conséquences de politiques de ressentiment qui ont décomplexé les racistes dans notre société », a affirmé M. Khadir en entrevue téléphonique lundi.

Des propos beaucoup plus violents et désobligeants sont tenus ailleurs, sur des blogues, sans que personne ne s’en plaigne, a-t-il ajouté.

La lettre de M. Archambault ne serait pas étrangère, d’après lui, au fait que plusieurs péquistes sont amèrement déçus du rejet par QS des différents scénarios de pactes électoraux.

« Je veux appeler encore la direction du PQ à se ressaisir. Tout le monde, on doit retrouver notre sérénité, on a des tâches politiques, le PQ en vertu de son programme et nous, en vertu de notre programme, qui sont clairement maintenant distincts », a dit M. Khadir.

Joint au téléphone lundi soir, le porte-parole du Parti québécois, Yannick Grégoire, a maintenu qu’il y avait une différence entre blogues et congrès politiques, où les organisateurs doivent faire respecter des règles d’assemblée.

« Il n’est pas encore trop tard pour que QS rectifie le tir et se dissocie de ces paroles-là », a indiqué M. Grégoire, sans toutefois fermer la porte à une gradation des mesures, advenant un refus de QS d’obtempérer.

18 commentaires
  • Jean-Christophe Leblond - Abonné 30 mai 2017 09 h 17

    Cela me rappelle quelque-chose...

    Une époque où les Libéraux de Charest insistaient pour que les «carrés rouges» se dissocient de la violence et de l'intimidation...

    Comme quoi ces tactiques douteuses peuvent être reprises à toutes les sauces. J'espère que le PQ n'est pas en train de suggérer que lorsqu'il y a débat lors d'une assemblée les gens devraient se censurer pour ne pas les froisser. Quel sens a le débat, dans ce cas?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 mai 2017 11 h 39

      Accuser un individu ou un parti politique de racisme n'est pas une mince affaire. Dans le passé récent, c'était plutôt le PLQ qui utilisait ce mot à gauche comme à droite. Ce parti vous aurait-il déléguer, à vous du QS, la job de bras?

      Pour un parti (le QS) qui se targuait de voler au-dessus de la mêlée des «vulgaires vieux partis» vous le faites bien bas. Attention de ne pas frapper un noeud.

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 30 mai 2017 13 h 03

      «Ce parti vous aurait-il déléguer, à vous du QS, la job de bras? »

      Franchement. Visez un peu plus haut s'il vous plaît.

      «Accuser un individu ou un parti politique de racisme n'est pas une mince affaire.»

      C'était un débat à l'intérieur d'une assemblée, pas la déclaration officielle d'un parti. Vous suggérez que tout propos tenu par tout membre d'un parti lors d'un débat interne à celui-ci devrait être retenu et dénoncé sur la place publique.

      L'affaire Michaud n'est pas loin.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 mai 2017 15 h 54

      M. Leblond,

      Quand on se compare, on se console.

      À votre invitation, «viser un peu plus haut», c'est où d'après vous? Parce que, comme je vous l'ai dit précédemment, depuis un certain temps, le QS vole plutôt bas. Ça nous laisse beaucoup de place.

      Et, comme tout est relatif et subjectif, je vous invite, vous et vos jeunes camarades, à vous regarder aller, ne serait-ce qu'un tout petit peu.

      Ça ne pourra que vous faire du bien.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 31 mai 2017 08 h 33

      Laisser le politbureau prendre la décision finale.

  • Colette Pagé - Inscrite 30 mai 2017 10 h 21

    Pour un moratoire dans l'escalade !

    Je ne décolère pas sur le rejet par QS du projet d'alliance rejet qui aura comme conséquence de paver la voie royale de la réélection du PLQ. N'est-ce par le sondeur JM Léger qui déclarait que sans convergence le PLQ sera réélu pour 30 ans. De quoi reporter aux calendes grecques le projet attendu de réforme du scrutin.

    Ceci dit, il faudra bien que cesse un jour cette guerre fratricide. Et ce, malgré l'accusation injuste de racisme tout azimut proférée par l'égérie musulmane de QS dont les membres de QS séduits par sa détestation du PQ semblent boire ses déclarations comme du petit lait.

    Sans s'interroger également un instant sur ses possibles commanditaires ou sur son agenda caché ?

    Disons que pour arranger les choses ne serai-il pas raisonnable que les dirigeants des deux partis se rencontrent pour mettre les pendules à l'heure et afficher publiquement leur intention commune de poursuivre leur collaboration tant à l'Assemblée nationale que sur une alliance en se rappelant le rendez-vous électoral dans 18 mois.

    Autrement si la guerre s'installe en demeure entre les partis souverainistes cela aménera les électeurs à juger sévèrement ces formations chicanières dont l'ego passe malheureusement trop souvant avant l'objectif commun à poursuivre

  • Pierre Beaulieu - Abonné 30 mai 2017 10 h 35

    Racisme

    Monsieur Kadir a raison lorsqu'il dit qu'on ne peut empêcher les gens de s'exprimer, mais il néglige de dire que les autorités du parti ont l'obligation morale de rectifier les dérapages de leurs membres lorsque leurs déclarations sont publiques, surtout s'il s'agit d'un événement sous leur égide. Autrement, ils accordent un accord tacite à des propos qu'ils savent injustes et faux.
    Monsieur Kadir, avouez que les accusations de racisme envers le PQ étaient fausses et diffamatoires.
    Ressaisissez-vous Monsieur Kadir!

    • Gilles Théberge - Abonné 30 mai 2017 12 h 13

      Ah ben, j'ai entendu GND affirmer que le PQ n'est pas raciste ni rien d'autre ce matin même chez Paul Arcand à 98,5...

      Bon ben ça chauffe dans la tête de Khadir ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 mai 2017 12 h 21

      À Pierre Beaulieu,

      "Les autorités du parti ont l'obligation morale de rectifier les dérapages de leurs membres.." - Pierre Beaulieu

      Et les médias devraient avoir l'intégrité et l'objectivité journalistique de dire qu'il ne s'agissait que de quelques personnes isolées et non de position du parti.

      D'ailleurs, s'il fallait que le PQ passe son temps à rectifier les inepties et les insanités répandues partout contre QS par ses membres..

      - Il ne ferait que ça!

      Christian Montmarquette

      .

    • André Joyal - Inscrit 30 mai 2017 13 h 31

      @M.Beaulieu,vous en demandez beaucoup à A.Kadir.On imagine mal qu'il désavoue leur égrérie même si elle nous a blessé profondément.

      L'important pour QS d'ici les prochaines élections est d'attirer le plus d'anglophones et d'allophones fédéralistes,et pas du tout anti-néolibéralistes.

    • Pierre Beaulieu - Abonné 30 mai 2017 13 h 49

      Monsieur Montmarquette, avouez que les accusations de racisme envers le PQ étaient fausses et diffamatoires.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mai 2017 01 h 57

      "Avouez que les accusations de racisme envers le PQ étaient fausses et diffamatoires." - Pierre Beaulieu

      Le PQ n'est pas raciste, mais il l'attise et il s'en sert pour polariser le vote aux élections.

      - Big deal !

  • Marc-André Laramée - Abonné 30 mai 2017 12 h 40

    Un simple cas de liberté d'expression

    Qu'on pense ce qu'on veut du soap opera que sont devenues depuis quelques jours les relations entre Québec Solidaire et le Parti Québécois, force est d'admettre que dans ce cas la situation est claire ; il est du droit de toute personne d'exprimer ses vues sans se voir censurée ou "remettre à l'ordre" par une quelconque autorité qui s'arrogerait le droit de juger de la valeur de l'opinion exprimée. Si quelqu'un, durant un congrès du PQ, affirme que le Parti Libéral est corrompu, devrait-on lui couper la parole et dire que le PQ se dissocie de ces propos? Bien sûr que non...
    "Lorsque des accusations de racisme sont proférées et tolérées, comme ce fut le cas lors de votre congrès, c’est non seulement les militants de notre formation politique qui sont insultés, mais également la population québécoise qui appuie une approche résolue, équilibrée et responsable en matière d’identité", dit M. Archambault. Et alors? Il n'existe aucun droit fondamental de ne pas se sentir insulté ou mis mal à l'aise par les propos d'autrui dans notre société. On peut être en désaccord avec l'opinion exprimée, mais en aucun cas la censurer sous ce prétexte. Les fidèles péquistes du devoir, qui ont applaudis aux accusations pourtant absurdes portées hier dans une lettre ouverte publiée dans ces pages voulant que QS serait un allié de l'islamisme radical, devraient d'ailleurs logiquement être les premiers à défendre le droit inaliénable de chacun à dire des idioties.

  • Marcel Duhaime - Abonné 30 mai 2017 13 h 06

    Politburo ?

    Une flatterie, sans doute.