Gabriel Nadeau-Dubois rattrapé par son passé à l’école privée

Le député de Québec solidaire Amir Khadir, accompagné de Gabriel Nadeau-Dubois, à l'Assemblée nationale, mercredi
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député de Québec solidaire Amir Khadir, accompagné de Gabriel Nadeau-Dubois, à l'Assemblée nationale, mercredi

Québec solidaire a appelé à la rescousse Gabriel Nadeau-Dubois, mercredi, dans le cadre d’un débat pour mettre fin au financement public des écoles privées, mais son passé l’a rattrapé.

Pur produit de l’école privée, le candidat de QS dans Gouin et futur porte-parole pressenti du parti a dû défendre son choix et celui de ses parents, à sa première apparition publique à l’Assemblée nationale depuis l’annonce de sa candidature.

Au cours d’un point de presse dans le hall de l’Assemblée nationale, quand des journalistes lui ont demandé s’il aurait préféré aller à l’école publique, il a d’abord esquivé la question en disant qu’il n’avait alors pas l’âge de prendre cette décision.

Aide de Khadir

À ses côtés, le député Amir Khadir a alors volé au secours de celui qui pourrait succéder à Françoise David dans l’élection complémentaire à venir dans Gouin. Le député de Mercier a tenté de répondre à sa place, quand les journalistes sont revenus à la charge sur les préférences scolaires de M. Nadeau-Dubois à l’adolescence.

« Si ce choix réel existait, il est en train de dire qu’il préférait aller à l’école publique, puisque c’est ce qu’il propose pour l’ensemble du Québec », a rétorqué M. Khadir.

« Honnêtement, j’avais 12 ans à l’époque, je n’étais pas déjà militant politique, je n’avais pas toutes les informations pour prendre une décision à 12 ans », a par la suite poursuivi M. Nadeau-Dubois, tout en gardant sous silence sa préférence pendant son parcours scolaire.

L’aspirant porte-parole de QS a fréquenté le collège Regina Assumpta, une école privée renommée de Montréal.

Motion sur l’école privée

Québec solidaire a déposé une motion pour réclamer la fin du financement des écoles privées par l’État, dans le cadre du débat hebdomadaire sur les affaires inscrites par l’opposition.

La motion de QS demande de « mettre fin au système d’éducation à deux vitesses » et de « s’assurer que le financement étatique favorise l’équité dans la répartition des ressources, l’égalité des chances des élèves et la qualité du réseau public d’éducation ».

Amir Khadir s’est défendu de vouloir ainsi piéger le Parti québécois, qui tente de se rapprocher du parti de gauche, mais qui n’a pas la même position que lui sur cette question.

Le porte-parole du PQ en éducation, Alexandre Cloutier, a plutôt suggéré en amendement au cours du débat de revoir le financement des écoles privées. Il a reconnu que le système actuel était « inéquitable », comme l’a conclu le Conseil supérieur de l’éducation dans un rapport.

Le député de Lac-Saint-Jean a reconnu que « personne ne veut toucher » à cette question qui est « une méchante patate chaude », mais qu’il fallait mieux encadrer l’école privée, sa mission éducative, et rétablir le lien de confiance avec l’école publique.

Cependant, au terme du débat, QS a rejeté l’amendement du PQ et la motion devra être mise aux voix dans sa version d’origine. Le vote a toutefois été reporté à jeudi matin.

Le ministre Proulx défend l’école privée

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a pris la défense de l’école privée, une école « enracinée dans les régions » qu’il faut préserver au nom de la « liberté de choix » et de la « complémentarité ».

Et surtout, en dépensant 500 millions dans le réseau privé, l’État économise, a plaidé le ministre. « C’est un faux raisonnement [de penser qu’on pourrait reverser ces sommes dans le réseau public], a dit M. Proulx. Ça coûte plus cher, un enfant dans l’espace public […]. Si on devait les intégrer [les 107 000 élèves du réseau privé], ça nous coûterait beaucoup plus cher, cela dépasserait le milliard de dollars. »

La CAQ a affiché son opposition à la motion de QS. Le porte-parole caquiste, Jean-François Roberge, s’est attaqué à ce qu’il estime être des préjugés. Selon lui, l’école privée n’est ni l’école de l’élite ni l’école de douance.

« On vient diaboliser [avec cette motion] quelque chose dont on peut être fier », a-t-il résumé.

6 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 12 avril 2017 18 h 48

    Le financement actuel de l'école privée est injuste

    Les enfants des riches et du haut de la classe moyenne sont surreprésentés dans les écoles privées. Les subventions actuelles sont les mêmes quel que soit le revenu des parents. Cela rend l'effort financier très facile pour les riches et possible pour la partie aisée de la classe moyenne. Et très difficile pour le bas de la classe moyenne et impossible pour les pauvres.

    Les subventions québécoises à l'école privée accentuent la discrimination établie sur le revenu des parents. Pour corriger cette injustice, il faut que les subventions soient inversement proportionnelles aux revenus des parents. L'autre possibilité est l'abolition des subventions, comme en Ontario.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 12 avril 2017 18 h 52

    OUI ! NON !

    OUI, à l'existence de l'école privée.

    NON, au financement public des écoles privées.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 12 avril 2017 21 h 53

      Oui, au Quebec nous nivelons par le bas.

      L'école privé permet à 40% des gens, principalement la classe moyenne, d'avoir accès à une éducation de qualité. Plutôt que de demander au public d'atteindre les standards du privé, réservons le privé pour le fameux 1%. De plus, cela aura comme bénéfice secondaire de nous appauvrir encore plus grâce aux coûts supplementaires de la réinsertion de ces élèves.

      Le problème en éducation, c'est que l'education n'est pas assez importante dans la conscience collective pour en faire un enjeu électoral comme l'est la santé. On préfère voter des augmentations de salaires à des gens qui sont déjà dans ce 1%....et c'est là qu'est allé l'argent dont l'education avait besoin. Le débat privé/public est un faux débat!

  • François Beaulé - Inscrit 12 avril 2017 22 h 11

    Le mode de financement des écoles privées est injuste

    Les enfants des riches et du haut de la classe moyenne sont surreprésentés dans les écoles privées. Les subventions actuelles sont les mêmes quel que soit le revenu des parents. Cela rend l'effort financier des parents très facile pour les riches et possible pour la partie aisée de la classe moyenne. Et très difficile pour le bas de la classe moyenne et impossible pour les pauvres.

    Les subventions québécoises à l'école privée accentuent la discrimination établie sur le revenu des parents. Pour corriger cette injustice, il faut que les subventions soient inversement proportionnelles aux revenus des parents. L'autre possibilité est l'abolition des subventions, comme en Ontario.

    Nous sommes devant un cas patent de discrimination systémique développée par le mode de subvention de l'État aux écoles privées. Le gouvernement a exprimé sa préoccupation face à la discrimination systémique. Il a donc l'occasion de passer de la parole aux actes et de modifier le mode de financement des écoles privées.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 avril 2017 01 h 20

      Monsieur Beaulé j'abonde dans le sens de l'analyse que vous faites, montrant comment le système de subventions accentuent la discrimination.

      Comment corriger cette injustice? Pourquoi pas s'inspirer de la réforme ontarienne? Oui, tout simplement couper les subventions aux écoles privées. Laissons la liberté aux parents la liberté d'envoyer leurs enfants dans les écoles de leur choix, entendu que l'école publique est gratuite et la privée aux frais des usagers.

      De toute façon, quelle que soit la politique qui sera adoptée concernant l'école privée, le présent et/ou le prochain gouvernement DOIT investir massivement en éducation et le secteur public.

  • Christian Montmarquette - Abonné 13 avril 2017 06 h 14

    Une tempête dans un verre d'eau..


    Franchement, j'ai trouvé l'attitude des journalistes assez mesquine.

    Quand bien même GND aurait dit préférer aller à l'école privée...

    Quand on sait tous les désinvestissements dont l'école publique a souffert depuis des années avec nos deux gouvernements néolibéraux successifs du PQ et du Parti libéral. Et le manque de moyens chroniques que nos écoles publiques encaissent depuis des lustres..

    Je ne vois pas où est le problème de dire qu'on préfère aller à l'école privée, tant que des réinvestissement massifs n'auront pas été faits en éducation. Puisque c'est justement ce pourquoi Québec Solidaire et GND se battent: pour l'amélioration de l'école publique et faire en sorte que l'école publique dispose d'autant de moyens que l'école privée.

    D'autre part,

    GND et Québec Solidaire ne disent pas qu'il faut abolir l'école privée. Mais que ceux qui choisissent l'école privée devraient en assumer les coûts au complet.

    Je repose donc la question:

    Où est donc le problème avec cette position?

    Christian Montmarquette