La volte-face de Charles Taylor, une bénédiction pour Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre Philippe Couillard

Une volte-face comme une bénédiction pour le gouvernement libéral. Contrairement à ce qu’il soutenait dans le rapport de la commission sur les accommodements raisonnables, le philosophe Charles Taylor a déclaré publiquement qu’il ne croit plus qu’il faut interdire le port de signes religieux, notamment pour les policiers et les juges. De la musique aux oreilles du premier ministre Philippe Couillard, qui a réaffirmé qu’il n’entendait pas légiférer sur le sujet.

Les libéraux rejettent ainsi tout compromis avec les partis d’opposition, qui s’étaient pourtant montrés ouverts à appuyer le projet de loi 62 sur la neutralité de l’État s’il contenait une disposition empêchant le port de tout signe religieux pour les personnes détenant une fonction « coercitive » ou en situation d’autorité. « Nous, on a toujours été opposés à la discrimination vestimentaire. Ce n’est pas la première fois que je le dis ce matin. […] Je crois que ça permet de constater que, quand on a des principes, il faut s’y tenir », a affirmé Philippe Couillard.

Dans une entrevue à Radio-Canada, M. Taylor a dit qu’il était conscient qu’il intervenait dans un débat politique, confortant du même coup le premier ministre dans sa décision. « Si j’avais une intention politique, c’était d’éviter qu’on accepte ce compromis, oui, justement parce que j’y voyais un grand danger. Le but, auquel je tiens de façon passionnée, c’est que les gens commencent à se rallier et à se comprendre. Et j’ai dû intervenir », a-t-il expliqué.

Même s’il en faisait la recommandation dans le rapport Bouchard-Taylor, déposé il y a neuf ans, le philosophe croit aujourd’hui qu’il est « dangereux » de légiférer pour interdire le port de signes religieux, car cela risque « d’exclure les immigrants de certaines zones ». « Maintenant, non seulement je vois que cette distinction n’est pas importante […] mais je vois les conséquences de mener ces débats. Il y a des conséquences très sérieuses. Ça crée un effet de stigmatisation. » Un effet qui, selon lui, doit être évité à tout prix dans le contexte du nouveau gouvernement de Donald Trump et celui de la fusillade à la mosquée de Québec. « Ne rouvrons pas les plaies », a-t-il écrit dans une lettre ouverte publiée mardi.

Avec cette sortie publique, M. Taylor marque son désaccord avec son collègue et coprésident de la Commission, Gérard Bouchard. Celui-ci avait précisé à maintes reprises qu’il était important, voire « urgent », de légiférer sur la question. Ce dernier n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue. « On n’a jamais vraiment été d’accord là-dessus, parce que pour lui c’était une question de principe, pour moi, plutôt une question de conjoncture. Mais je l’estime beaucoup et je suis d’accord avec lui pour tout le reste du rapport », a dit M. Taylor en entrevue à Radio-Canada.

L’opposition mécontente

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, soutient que la volte-face de M. Taylor amène « de l’eau au moulin de M. Couillard ». Sans dire s’il appuiera ou non le projet de loi 62, il continue de plaider pour le consensus. « On continue à avoir espoir que les libéraux branchés sur le réel vont avoir gain de cause face à l’intransigeance ce M. Couillard. »

M. Lisée ne se dit pas surpris de cette sortie publique de l’ex-commissaire. « Pour nous, ça ne change rien », a-t-il dit lors d’un point de presse. « J’ai beaucoup de respect pour le grand sociologue qu’est Charles Taylor, mais l’argument qu’il apporte, c’est de dire : si on agit, ça va libérer la parole de gens extrémistes, et ça, on ne veut pas faire ça. C’est comme si le débat démocratique était pris en otage par nos citoyens les moins raisonnables. »

Quant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il croit qu’il faut absolument légiférer. « La grande majorité des Québécois souhaitent qu’on légifère, qu’on interdise les signes religieux pour les personnes en autorité. Donc, Charles Taylor peut penser ce qu’il veut, il peut changer d’idée, mais les Québécois n’ont pas changé d’idée. » Il déplore que le premier ministre Couillard ait fermé la porte de façon aussi « virulente » après un apparent consensus des partis d’opposition. « Il n’a pas l’air d’avoir compris qu’on a avantage à travailler ensemble. »

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a exhorté à son tour M. Couillard à « prendre ses responsabilités » et à accepter le consensus de l’opposition. « Ce serait pathétique qu’on rate cette occasion », a-t-il déclaré. « Il dit : “Je ne veux pas ouvrir de portes qui feront en sorte qu’après on glisse”, mais moi, je lui dis qu’au contraire ça fait dix ans qu’aucune porte n’a été ouverte ni fermée. On a laissé faire et, regardez, on n’a pas réglé le problème. »

Plus besoin de loi ?

Julie Latour, qui s’est exprimée lors des consultations publiques au nom de Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État, s’est dite « estomaquée » de voir que le premier ministre ne légiférera pas. « La nécessité de légiférer est non seulement politique, mais juridique, car il y a atteinte à la primauté du droit. »

Selon elle, la liberté de religion implique aussi que « tous les citoyens [puissent] se reconnaître, les croyants comme les non-croyants. C’est la raison pour laquelle les autorités ne peuvent pas arborer de signes religieux ostentatoires, car l’État s’adresse à tous les citoyens ».

Charles Taylor croit-il donc que le Québec n’aura jamais besoin de baliser les signes religieux dans l’espace public au moyen de lois ? Dans la plupart des cas, non, croit-il. « Si quelqu’un porte un niqab et veut enseigner à l’école, ce n’est pas possible, car pour enseigner, on doit voir le visage. [Ce sont] des problèmes techniques, pratiques. On pourrait avoir besoin de lois, mais pour la plupart, non, car les gens du milieu [de l’enseignement] ont assez de bon sens pour voir que ça ne peut pas marcher comme ça », a-t-il expliqué.

La cofondatrice de Paroles de femmes, Dalila Awada, abonde en ce sens. « [Légiférer] contribuerait à un climat qui est difficile pour les personnes visées par ces débats-là. Si on n’a pas de données qui justifient qu’on débatte et qu’on légifère sur le port de signes religieux, il y a, à mon sens, peu de raisons pour qu’on prenne cette direction-là. » Elle ne croit pas nécessaire de prévenir les dérapages en établissant des règles à l’avance. « On peut faire du cas par cas. On n’a pas besoin de trancher de manière catégorique sur toutes les situations à venir », souligne la blogueuse et militante. « Quand on essaie d’appliquer une seule loi intransigeante et catégorique sur la situation de plein d’individus, immanquablement, on discrimine des gens. »

73 commentaires
  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 15 février 2017 00 h 31

    Couillard-Taylor

    Toutes les Québécoises et tous les Québécois qui se sont inquiétés pour l’avenir de l’Amérique avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche réalisent aujourd’hui qu’il y a encore beaucoup plus de raisons de s’inquiéter de l’avenir du Québec avec l’arrivée de l’inquisition Couillard Taylor.

    • Jacques Patenaude - Abonné 15 février 2017 09 h 05

      Boqué un jour, boqué toujours. L'attitude intransigeante des libéraux se révèle une fois de plus. Ce fut comme cela lors du printemps érable. Ce fut encore comme ça pour la gestion des finances publiques, pour la réforme Barette. Ils sont convaincu qu'ils peuvent imposer leur vérité. Ce gouvernement est convaincu qu'il gouvernera pour l'éternité. Ça ressemble de plus en plus au gouvernement de Duplessis, tripotage de la carte électorale compris. Un gouvernement de cette nature doit être mis à la porte dès que possible. Ça devrait être la priorité politique. Il y a urgence.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 15 février 2017 09 h 21

      Que penses-vous du grand philosophe Anglo-bilinguo québécois Charles Taylor ??
      De la suite dans les idées le monsieur, je ne sais pas s'il va retourné ses indemnités de la commission "Bouchard Taylor" pour son instabilité cervicoréflexive ?

    • Chantale Desjardins - Abonnée 15 février 2017 09 h 27

      La religion musulmane n'oblige pas les adeptes à porter des signes extérieurs. Si dans leur pays, ils veulent porter des vêtements particuliers, ils peuvent le faire. Mais au pays du Québec, les signes extérieurs n'existent plus. Les accommodements ne sont pas religieux. Les femmes portent des vêtements malsains pour obéir aux hommes, par soumission. Le québec est laic. M. Couillard est dans l'erreur mais son orgueuil l'empêche de l'admettre. Taylor est venu à son secours et il a pris 9 ans pour réaliser son mauvais jugement. Il a signé le rapport et il se doit de respecter sa signature.

    • Robert Beauchamp - Abonné 15 février 2017 10 h 44

      Le même reniement, la mèeme filière libérale: Renaud Lachance-Commission Charbonneau / Charles Taylor - Commission Bouchard-Taylor.
      Sa position en plus d'être tordue, ne va que raviver un débat à un niveau divisif, sans doute un calcul électoral pour s'attirer la clientèle. Machaviélisme

    • Donald Bordeleau - Abonné 15 février 2017 13 h 37

      Il semble que le gouvernement surf sur la tragédie de Québec avec l'intervention de Charles Taylor.

      Ce même Charles Taylor qui a été favorable à la charia.

      Pour Charles Taylor, dans un cas de divorce, un rabbin (ou un imam) pourrait être présent lors des séances de médiation. Les principes religieux ne se substitueraient pas à la loi (si les ex-époux n'arrivent pas à s'entendre, ils pourront toujours régler leur différend devant les tribunaux), mais au moins, la dimension religieuse ne sera pas complètement escamotée des discussions.

      Tout cela est bien beau sur papier. Mais en pratique, cette ouverture accommodante à la présence d'imams ou de rabbins pendant la médiation est potentiellement dangereuse, car l'intrusion de la religion risque de jouer CONTRE les intérêts de la femme.

      En effet, quelle femme musulmane oserait défier l'imam devant son mari et les membres de sa famille?

      Mais pour l'instant l'on ne connaît pas les motivations du ou des acteurs de l'événement de Québec du 31 janvier 2017 qui a fait six décès?

      Mais quels étaient les motivations du ou des acteurs du drame?

  • Nadia Alexan - Abonnée 15 février 2017 00 h 53

    M. Couillard a trahi la majorité musulmane pour faire plaisir à une minorité intégristes.

    L'intransigeance de M. Couillard en matière de vêtements religieux ostentatoires, porte atteinte à tous les Québécois, incluants les immigrants et la majorité musulmane qui ne les porte pas. M. Couillard a trahi la laïcité et la neutralité de l'État en créant des citoyennes de seconde classe. On retournant au cas par cas pour résoudre les problèmes d'accommodement, on retourne en arrière, on n'avance pas.
    Gerard Bouchard, le coauteur du rapport Bouchard-Taylor, sur les accommodements estime que le projet de loi 62 du gouvernement Couillard portant sur la neutralité religieuse de l'État est voué à l'échec. «Pour moi, ce projet-là, même s'il est adopté, à moins d'être radicalement transformé, ne va rien régler du tout et il faudra reprendre tout ce dossier-là plus tard. »
    M. Bouchard relève d'emblée le caractère « restrictif » du texte. « On ne trouve même pas le mot laïcité, les signes religieux ne sont pas du tout mentionnés, les prières dans les salles de conseil des municipalités le crucifix à l'Assemblée nationale », énumère le sociologue. Mais ce qui manque, ajoute l'intellectuel, « c'est le principe de séparation de l'État et de la religion, un principe fondamental [...], une valeur très profonde au Québec »
    «Une personne ne peut recevoir des services publics que si elle a le visage découvert [comme le stipule le projet de loi]. Mais une musulmane qui se présente au service d'urgence dans un hôpital, qu'est-ce qu'on fait? Et qu'elle refuse d'enlever son niqab et sa burqa? Le projet de loi, dans sa formulation actuelle, ne dit rien, » explique M. Bouchard.
    «Le projet de loi, dans sa version présente, ajoute ce problème-là [des accommodements raisonnables], mais n'ajoute rien à ce qui existe déjà. Il demeure imprécis par exemple sur la question des congés religieux. On ne peut pas tirer une directive claire des dispositions qui sont formulées dans le projet, actuellement,» dit
    Gérard Bouchard. (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/812935/gerard-

    • Gilles Théberge - Abonné 15 février 2017 08 h 59

      Vois avez raison madame Alexandre, il va falloir reprendre ce débat plus tard, quand on se sera débarassé de Couillard.

      Et cette fois, il ne faudra pas le rater ce débat.

    • Michel Virard - Inscrit 15 février 2017 10 h 43

      Ce que beaucoup de Québécois ignorent c'est, qu'actuellement, la laïcité est mieux défendue au fédéral qu'au Québec! Surprise, surprise! En effet la Cour suprême du Canada, le 15 avril 2015, a défini clairement les obligations des paliers de gouvernement en matière de neutralité religieuse lors du jugement sur la prière à l'Hotel de ville de Saguenay. Ce jugement va beaucoup plus loin que la seule question de la prière et M. Couillard, dans ses propos et ses actes, est en contradiction flagrante avec la lettre et l'esprit de ce jugement.

    • Donald Bordeleau - Abonné 15 février 2017 14 h 13

      Depuis le déluge des accommodements raisonnables, les employeurs évitent d'engager ceux qui demandent des lieux de prières, pour la viande halal, pour l'Halloween, les sorties éducatives, les cours de natation, des lieux de prière dans les établissements d'enseignement public, considérant leur caractère laïque», Noël, le problème des congés pour motif religieux, le port du hidjab et autres accommodements.

      Il y a des coûts du déluge des accommodements raisonnables pour les entreprises..

      Toute une poutine pour le PLQ pour retarder l'application de la Loi 20.

      Mais il semble que le gouvernement sait quels ont été les motivations de ou des acteurs du drame de Québec? Mais l'avenir nous le dira bientôt

      http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio

      http://blogue.soquij.qc.ca/2016/06/09/liberte-de-r

    • Donald Bordeleau - Abonné 15 février 2017 23 h 10

      Corrrection pour loi 62.

      Depuis le déluge des accommodements raisonnables, les employeurs évitent d'engager ceux qui demandent des lieux de prières, pour la viande halal, pour l'Halloween, les sorties éducatives, les cours de natation, des lieux de prière dans les établissements d'enseignement public, considérant leur caractère laïque», Noël, le problème des congés pour motif religieux, le port du hidjab et autres accommodements.

      Il y a des coûts du déluge des accommodements raisonnables pour les entreprises..

      Toute une poutine pour le PLQ pour retarder l'application de la Loi 62.

      Mais il semble que le gouvernement sait quels ont été les motivations de ou des acteurs du drame de Québec? Mais l'avenir nous le dira bientôt

      http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio

      http://blogue.soquij.qc.ca/2016/06/09/liberte-de-r

    • Jean Montbleau - Abonné 17 février 2017 12 h 48

      Ecxellent point de vue madame Alexan

  • Francis Jeanson - Abonné 15 février 2017 02 h 18

    respect de l'atheisme

    me faire imposer la loi par un dividu portant des ostentatoires est une offense a mon atheisme. Je veux savoir que ma punition n'aura rien a voir avec une religion quelconque, point final. Est-ce trop demander???

    • Pierre R. Gascon - Abonné 15 février 2017 14 h 07

      Monsieur Jeanson, si je vous comprend bien, vous faites partie d’un courant militant qui souhaite étendre la référence de l’espace publique à la laïcité, non seulement à l’État mais à la société entière, réduisant ainsi l’expression publique et sociale des religions. Il s’agit d’une forme de laïcisme qui veut enfermer le religieux dans le domaine du privé et de l’intime et lui interdire toute forme d’expression dans l’espace public.

      Je vous rappelle que dans une société pluralisme, tout élu qui ne croit ni en Dieu, ni au diable, ne peut refuser ni ignorer les religions.

      Ce que je vous demande c'est de croire que notre société a une autre ambition; être une société, non pas où on bâillonne les religions, mais une société qui permet à celles-ci d’enrichir la vie sociale elle-même.

    • Hélène Paulette - Abonnée 15 février 2017 17 h 56

      Monsieur Gascon, vous déformez les paroles de monsieur Jeanson. Cessons de confondre espace public et lieux public. L'espace public c'est l'État et l'État n'est pas un pur esprit mais une institution avec des infrastructures et des employés dont font partie les policiers avec entre autre un code vestimentaire.Nous parlons donc de signes religieux ostentatoires. Un État laïc ne baillonne pas les religions, il est tout simplement neutre.

    • Pierre Cloutier - Abonné 17 février 2017 12 h 00

      Monsieur Gascon,

      La religion pouvait s'exprimer en public lorsqu'elle était seule et pratiquée par une grande majorité de la population. En 2017, les religions payent pour la mondialisation et leur soif de s'établir partout et de conquérir le monde. Tant que les humains ne se seront pas entendus sur une religion mondiale, il faut que chacune comprenne qu'elle doit faire le sacrifice de s'afficher en public et se contente de servir ses fidèles tout en se rendant très discrète et même invisible aux yeux des fidèles des autres religions.

      Vous dites que les religions " enrichissent " la vie sociale. C'est votre vision, moi je vois que les religions " divisent " les gens. Elles divissent les familles, les collègues et même les enfants dans les cours d'école. Il faut que ça cesse.

  • Jacques Lamarche - Abonné 15 février 2017 03 h 23

    Quel synchronisme!!

    Le changement de cap, à ce moment-ci, sent le calcul et l'opportunisme! Il serait commandé par des considérations d'ordre pratique, comme celle de sortir une épine du pied du premier ministre!!

    Enfin, la division Bouchard-Taylor reflète drôlement bien celle de toute la population!! Les deux grands hommes défendent leur nation!

    • Gilles Théberge - Abonné 15 février 2017 09 h 04

      Mais pour l'instant, on voit quelle nation gagne...

      Il n'en tient qu'à nous de changer les choses.

      Il faudra voir si aux prochaines élections nous réélirons ce converti à l'Islam ou non...

    • Claude Bariteau - Abonné 15 février 2017 10 h 04

      Mais pas la citoyenneté comme fondement du « vivre ensemble » au Québec, de sorte que c'est la citoyeneté canadienne et ses assises légales protégées pas la Cour suprême qui prévaut.

      Le PM Couillard dit, comme les opposants aux résolutions des Patriotes et les dirigeants britanniques et canadiens depuis 1763, qu'au Québec le « vivre ensemble » est et demeure défini par les conquérants et leurs disciples d'aujourd'hui, le peuple québécois n'ayant rien à dire même s'il est représenté à l'Assemblée nationale par 57,5 % des gens qui ont votés en 2014, car le PLQ, avec 42,5 % d'appuis, est l'autorité canadienne, surtout une autorité québécoise.

      Alors, la citoyenneté, la laïcité, l'espace public et les champs québécois de responsabilité ne peuvent être que modelés selon les règles canadiennes.

      Pour des fins de conformité, il faudrait faire disparaître tous les drapeaux québécois, suspendre la loi 101, et cetera. Puis que l'Assemblée nationale soit tranformée en secrétariat canadien.

      Pourquoi ? Parce que si les citoyens et le citoyennes du Québec ne s'organisent pour prendre le pouvoir, c'est ce qui se produira à moyen terme, car c'est ce qui est en route depuis l'entrée en scène du gouvernement Charest et sa substitution par le gouvernement Couillard.

      Je dis citoyens et citoyennes et non des « nationalistes » porteurs d'une approche d'exclusion en prônant l'inclusion sous leur direction. Il faut plutôt construire le futur du Québec en ciblant la citoyenneté comme assise soudant les habitants du Québec pour qui le territoire québécois est leur patrie.

    • André Joyal - Abonné 15 février 2017 11 h 11

      Je l'ai écrit le lendemain de la tragéie de Québec: l'islam politque montréalais va profiter de notre sentiment de culpabilité et s'affirmer plus que jamais.
      Et ceci, avec la complicité d'intellectuels angélistes qui servent la cause de notre premier minsistre l'islamophile. Ce à quoi s'ajoute «La Presse» de ce matin qui fait appel à de nouveaux collaborateurs disposés à bien nous sermonner. Et que penser de la décision condamnable de la Maison des écrivains (cf. rubrique Opinions) qui donne envie d'aller uriner sur son perron?

    • Pierre R. Gascon - Abonné 15 février 2017 14 h 10

      Pour moi, aucune laïcité ne peut se développer sainement sans affirmer le respect réciproque entre politique et religions en évitant la tentation constante du mélange ou de l’opposition.

  • Guy Chicoine - Abonné 15 février 2017 03 h 34

    Discrimination

    Quand on essaie d’appliquer une seule loi intransigeante et catégorique sur la situation de plein d’individus, immanquablement, on discrimine des gens. »

    La limite de vitesse sur les autoroutes est fixée à 120 km/heure.

    C'est VRAI que c'est discriminant ! Maudite loi !

    • Louis Chabot - Abonné 16 février 2017 21 h 15

      M. Chicoine,
      Il semble que vos positions sont tellement teintées que même vos limtes de vitesse sont étrangères.

    • Pierre Cloutier - Abonné 17 février 2017 12 h 05

      À propos de cette nouvelle patente : la « discrimination vestimentaire »

      Je souhaiterais que les Fémens reviennent à l'Assemblée nationale pour voir si notre grand humaniste Couillard ordonerait à la sécurité de les laisser circuler dans les galeries du Salon bleu.

      Ah, ah, Philippe, y aurait-il deux poids, deux mesures ?