Le gouvernement va renforcer le projet de loi 62, dit Couillard

Le premier ministre Couillard est reçu par le président français Hollande, en vue du 16e Sommet de la Francophonie, qui se tient dans les prochains jours à Madagascar.<br />
 
Photo: François Mori Associated Press Le premier ministre Couillard est reçu par le président français Hollande, en vue du 16e Sommet de la Francophonie, qui se tient dans les prochains jours à Madagascar.
 

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, va renforcer le projet de loi sur la neutralité de l’État, mais le gouvernement ne changera pas de cap, a prévenu mercredi le premier ministre Philippe Couillard.
 

« Suite aux auditions, la ministre va faire des propositions pour donner plus de force au projet de loi », mais « il va être adopté » et « nos orientations ne changeront pas », a dit M. Couillard à Paris, où il rencontrait le président François Hollande.
 

Selon certains médias, le projet de loi 62 soulèverait des réserves chez des députés libéraux, qui demanderaient que le gouvernement soit plus ferme sur le port du tchador, de la burqa ou du niqab.
 

M. Couillard assure que le parti gouvernemental « travaille de façon très unie » avec la ministre, mais campe sur ses positions : « nos orientations ne changeront pas, c’est-à-dire qu’on est pour l’encadrement des accommodements religieux et le visage découvert pour la prestation et la réception des services publics ».
 

Selon le premier ministre, la position du gouvernement est « la bonne, parce qu’elle est équilibrée et qu’elle correspond à ce qui est nécessaire ».
 

« L’égalité entre les hommes et les femmes signifie aussi la liberté élémentaire des femmes de s’habiller comme elles veulent », a martelé M. Couillard.
 

« Certains disent » est-ce que c’est un choix toujours éclairé ? «. Qui sommes-nous pour dire pour cette femme ça l’est, pour cette autre ça ne l’est pas ? », a-t-il demandé.
 

Rencontre avec Hollande
 

Le premier ministre Couillard a fait cette déclaration dans la cour du Palais de l’Élysée, où il venait d’être reçu par le président Hollande, en vue du 16e Sommet de la Francophonie, qui se tient dans les prochains jours à Madagascar.
 

Flanqué de la Garde républicaine, le chef de l’État français a accueilli le chef du gouvernement québécois sur le parvis de l’Élysée, puis l’a raccompagné au terme de leur entretien d’un peu plus d’une demi-heure.
 

Dans un bref point de presse dans la cour du palais, M. Couillard a évoqué une « conversation très cordiale et très ouverte », où la Francophonie et le rayonnement de la langue française ont comme prévu occupé une bonne place.
 

Le Québec présentera à Antananarivo une résolution appelant à combattre et à prévenir la radicalisation menant à la violence. Selon le premier ministre, cette résolution « suscite beaucoup d’intérêt et tout le monde veut y travailler ensemble parce que chacun a ses modèles ».
 

« On va voir comment on peut profiter des meilleures idées, a-t-il poursuivi. Le centre de prévention que nous avons établi à Montréal soulève beaucoup d’intérêt, mais il y a d’autres exemples dans le monde et qui sont intéressants. »
 

Pendant leur entretien, MM. Hollande et Couillard ont aussi évoqué l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe et les « nouveaux territoires » de coopération entre la France et le Québec, comme le numérique.


 
6 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 23 novembre 2016 12 h 49

    Le gouvernement dit déjà aux femmes comment s'habiller.

    En effet, un code vestimentaire existe, qui interdit certains types d'habillement au personnel enseignant, aux services de police etc.

    Le gouvernement, ment....!

  • Roxane Bertrand - Abonnée 23 novembre 2016 13 h 46

    Representons l'état....religieusement

    Si l'état ne fait pas preuve de neutralité religieuse en permettant que ses représentants s'affichent comme membre pratiquant d'une communauté quelconque au cours de leur fonction....les conflits se préparent.

    Peut-être le Canada n'as pas assez de tonus pour être suffisamment ferme sur la laïcité, mais les communautés religieuses qui s'installent le sont sur leurs principes. Lorsque l'enseignante, l'infirmière ou le policier exécutera ses fonctions arborant clairement des convictions religieuses contraires aux bénéficiaires du service....on va commencer à avoir des plaintes d'une autre nature.

    • Johanne Bédard - Inscrite 23 novembre 2016 15 h 00

      Bonjour Mme Bertrand,

      Je suis tout à fait d'accord avec vous ; vous avez raison. Votre clairvoyance est la très bienvenue.

  • Jocelyne Bellefeuille - Abonnée 23 novembre 2016 14 h 15

    une solution

    Le gouvernement, malgré cette mince promesse, ne changera rien au fait que nous pourrions recevoir un service qouvernemental par une employée DE L'ETAT voilée!

    C'est maintenant au peuple de réagir.

    Si nous sommes vraiment convaincu(e)s que c'est un non-respect de la neutralité de l'État et contre nos valeurs et que c'est inacceptable, il ne nous reste qu'à exiger une autre employée. Comme l'union fait la force, peut-être réussirons-nous à DÉRANGER le système pacifiquement et ainsi faire changer les choses. On ne perd rien à essayer.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 24 novembre 2016 15 h 14

      Vous avez raison Mme Bellefeuille,

      si le cas se présente, je vais exiger une autre employée en espérant qu'il n'y aura pas 5 ou 6 voilées ou "tchadorées" de suite qui me ferait attendre une demi-heure pour en arriver à transiger avec une "neutre".

      Mais je tiens à mes principes.

  • Jean-françois Mellon - Abonné 23 novembre 2016 17 h 49

    Nous avons des valeurs

    "Qui sommes nous pour dire à une femme comment s habiller?"
    Remarque à bien courte vue Allons un peu plus loin :qui sommes nous pour dire à une femme comment traiter son sexe? (l excision)
    qui sommes nous pour dire à des parents de ne pas marier leur fille de 10 ans ?
    Qui sommes nous pour empecher une femme entierement cachée de se promener? (le niquab)
    Nous sommes des Québécois(e)s attaché(e)s a des valeurs
    Couillard est le spectateur complaisant des dérives